pour Mahmoud Darwich -30 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écris néantface au désert menteur où je ne suis personneface au mystèreatroce où je deviens un spectrepauvre étoile édentée dans la clarté du journéantsur tous les assinssinsles pauvres assassins de l’ espérance humainenéantcouleur de riencouleur de mortde rêves mis en cage au plus bas du silenceau plus bas de soi mêmeombre de ciel aveugleombre de jours mauvaistachés de bouede sangmal commencésombre de chien maladede neige morte au coeurde vie rompue mangée de nuitd’ orgueil et d'arrogance blancheombre de loup féroce errant dans la grisailletristesse adulte et noire où la sueur de l’ âgefixe en nous son ciel noir et nous défend d’aimerla fleur où perle encore un peu de notre enfanceombredouleur de rouille atroceoù je ronge mes liens dans l’amertume absurdeabsence au jour fugace étroite et vaine absencenéantcouleur de mort solairenéant triste et confus sur toutes vos idoles2-j’écris néant couleur de rienrivière en crue drainant ma terre arablemon temps de pierre douce à ton visage en armesmes arbres fous d’oiseaux menteurs et véridiquesma viecadavre après cadavre aux yeux bleus d’ espérancetendresse après tendresse et chanson putresciblema viequi échoue dans un coin de votre vaste exemplema viebattue à mort par les hommes de proiemordue au sang par la canaille infâmesaignéemise en loques de faimbloquéedans le gel sans lumière où l’on traine le pasde maison de tristesse en maison de tristessede trottoir en trottoir sans trouver nul abripar temps de nuitde crime face à la consciencede songe triste et de pesante hainepar temps de glace et de laideurde terre en terreerrance au ciel brouillé et douleur sans cheminombre de mort humained’ espoir vaincuréduit à rienombre de main tendue vers quelle aumôme tristeau regard froidcomme un matin coupable au pied du dernier murombre de mort confuseaveugle est la voyancenuage ignoblepassé de nuit sanglante et de multiple horreuroù nous erronssans lieu ni trace clairefantôme d’un autre âge errance au jour maladesilenceoù meurt ma résonnance d’arbre et de printemps3-ah ! quelle nuitde vieille terre morte sans tendresse d’ herbehabite ma conscience en peineet me déchire au vent qui rase en nous martyrsbrûlés de froidtoute jeunesse et toute forcela joie du sang et de la danseoù mon coeur se connait racine fleur et fruitde sens agile et grave et fou de sève antiqueet mûrpour la sueur de vivreen tout lieu où l’ humain se dessine un visage4-ah ! quelle nuit de terre morteen nous fous de chagrin stérileoù nul astre n’explose et ne prononce un verbeterre morte à l’aurore où l’ombre use le sanget mordla chair nue qui espèreretourner au printemps boire son plein de neigede lait noir et d’amourson plein de douce écume et de blondeur gagnéedans un chant de faucile au songe d’ espéranceoù l ‘amour se défend au plus haut de son âgeau comble de sa force d’arbrecomme on défend sa vie son rang et son honneurparmi le noir timulte où l’homme est un fardeau5 -*ah ! quelle nuitde terre morte en nous pris de rigueur nocturnechargés de pierre et de grisailledès l’aube où nous fûmes vaincus et désarméspar l’étrange douleur au teint de vaine absencequi pénétrait nos corps pour y porter son poidsde sable et de laideur où nous perdions la têtede neige amère et d’épouvantepour nous courberet briser nos squelettesqui se mirent soudain à danser dans l’horreurà luireface au mensongedu maître obscur et laid en son langage d'ombreen son ouvrage absurdedentellede glace et de torturequi éteignait nos yeuxà toute heure de vivre au plus clair de soi mêmeà toute heure du jour qui nous heurtait sonore6-silenceles pièges sont tendus dans la ville spectraleoù nous errons gardés à vuedans la mort déployée où veille un mercenairearme pointée sur notre coeurde haine et de silex hautainles pièges sont tendus et nous errons aveuglesoù nous pleurons de froidde faim et de rancoeurcontre ce temps de mort où nous ne sommes rienque spectre fousaux yeux bandés de noir dans une ville infâmedans un tunel de rues qui puel’ordure et la charogneabsinthe et labyrinthe où meurt le voeu d’aimer7-les pièges sont tendus par des mains sans pudeuret nous pleurons de froid entre glace et souriremoi seulje reste en mon burnousles yeux rivéssur un boulet de gloirequi traine en mon passé et luitcomme une étoile en sang en mon printemps futur8-les pièges sont dressés dans la nuit familièreprès de la source éteinte où pleure un innocentprès de toute jeunesse où se dresse un coupableprès de toute espérance à l’assaut de la haineentre nos mains de chair de feu et d’éprouvanteet sous nos pas errants dans les jardins mortelsaux senteurs de printemps et de juste naissancesilenceles pièges sont partout dans toutes les questionsdans toutes les réponsesdans toutes les parolespartoutoù passe une étincelleen tout effort de vivre arbre au verbe innocenten toute vigne humaine où danse un vendangeurheureux de son travailheureux de sa fatigueheureux d’ être lui même au centre de la fête9-silenceje reste en mon burnous désert où je m’inventeun grand miroir serein pour mon rêve essentielfuir ma légende obscure aux pas de cendre mortepour entrer dans la joie de faireun seul domainede votre force tendremes frères sans visage à vivreombres couleur de rien couleur de nuit blesséecouleur de vent et de mystèrecouleur de pierre morte et d’éclairs pétrifiésparmi les ordes tyranniesrouilléesdans leur cercueil de haine*je reste en mon burnous loin de ma haute imagedans une geste atroce où je demeure un spectredans une rue aveugle où le brouillard m’étouffede sa main froide et nueloin de mon vrai visageet du malheur sans fin qui souille mes chansons10-je travaille en secret à taire dans mon coeurles loups de la démenceles chiens surpris de rage aux confins de la honteles rumeurs que la haine engendre en mon domainele bruit sans importance des ombres que je croiseen ce siècle d’angoissele ciel brisépourri d’ étoiles mortesau teint de sang fertilela mortqui me prend à la gorge et me couronne hiruste11-je travaille en silence à taire dans mon coeurles peursla nuit putridela haine les rancoeursla boue casquée de mort qui rôde en mon villagequi me charge d’angoisse en terre d’ espérancequi blesse mes oiseaux au plus haut de leur joiequi brûle mes moissons futureset traine mon cadavrelà basdans la lumièreoù mon travail se briseoù l’on écorce l’homme au milieu des orduresdes chiens hargneux de la violencedans la nuit sans pardon où je meurs d’insolence12-je travaille en silence à taire dans mon coeurtoute forme de haine où je perds ma franchisemon rangma joie de vivrece qui me sert de loide lettre de franchise et de présence au mondece qui me sert de geste et de rempart hautaincontre bassesse meurtre et terreur quotidienneoù je suis au supplice quelque plaine qui saignedans sa vigne qui pleureétrange dans l’automnerouge et bleu de salpêtre13-je travaille en silence à taire dans mon coeurmon long passé de chien battuet mon ivressed’esclave aux larmes intérieuresde cargaisonde bonne argile humainejetée par dessus bord comme un déchet de sangmon long passé de soie brûléede terre mortede sang versé parmi la fangede joie rompuepar un délire d’astre en fuitede mise à mortde mise à terrede mise en terrede faim au soleil de nos dansesde neige au coeur et de colèresde loques froidesde jours gâchés à vide et de crachats de sangpour le confort du maitre au jour odieux à vivremon long passé de proie me remonte à la gorgeje sors de ma légende et je rencontre un loup*je fus toujours la proiedes fousdes mercenairesdes monstres prédateursdes gens chargés de nuire à mon visage en fêtechargésde supplicier ma chairde crucifier mon êtreau nomde leur dieu de monaie et de torture infectepauvre dieu de l’encan dans la nuit mercantileje fus toujours la proiedes gensvenus de loin sanglés dans leur délirebloqués dans leur logique terneet sûrs de leur pouvoir de mortbrûlerdans la nuit verte des savanesl’humain visage14-expulsés dans la nuit des forêts de l’ enfancenous avons en partage un secret dans la pierreet nous sommes témoins du crime et de l’ordurequi font de notre chance un poteau de tortureun songeun dernier ciel à vivreles hommes sont au loinlà bas hors de la boueet leur travail serein comme une étoile à vivremiroiteau dessus de nos peurs des nains et des reptilessans altitude en l’âmeles hommes sont au loin hors des chemins truquéset leur lumière est pure où le printemps verdoie15-l'autre reste la nuit griffuequi me chasse au dehors de ma force au ciel ivrequi me ruine à l’avance et me condamne à vivreun autre tempsle sienun temps sans aucun sensfou de chagrin stérile au flanc de ma défaiteciel en cendreet sans visage à vivre16-je rentre en ma légende et je rencontre un naindes hommes pétrifiés pris de mystère et d’ ombredans la vieille caverne où ma légende est morteprivéede sa substancede son pouvoir d’éclairde son poids de bonheur qui saigne dans ma viesans plus de sens à dire au jour que je célèbreà l’ herbe qui s’éveilleen noushommes bleus de fatigueplaine bleue d’ espérancevergers fous de lumière où la splendeur exulteéclairsparmi le chant des fleurs.17-je reste en mon burnous en mon abri de peineje reste dans la pierre un instant de lumièreet de source en verdure je m’éveille au mondehélasje ne peux pas entrer on me laisse à la porteon se méfiede ma vieille jeunesse aux vagues d’espérancede mon âge de pierre aux meules de nuit gravede mon secret mortel aux algues d’ herbe doucede ma journée fertile où marche un arbre libreon se méfiede ma plus douce alliance avec le temps soyeuxde mon siècle apatride aux larmes innocentesde ma patrie humaine où l’homme est un devoirde mon pouvoir de neige où j’écris ma croyanceon se méfiede mon absence claire aux orgies des crapulesde toi miel exemplaire au lent travail d’abeillede moi source en la pierre claire en sa réponsede nousde nous vivre en l’incendie de l’aubedu jour qui monte à notre tailleje reste en mon burnous dans leur hiver de haineoù je m’eveille au monde pour l' être et pour l' avoirmais on me laisse au seuil de ce domaine étrangequi se dresse sans moilà baset contre noussans nul autre rivageque ma chair au pressoiret ma conscience en croixcaverneoù je m’éveillepour me savoir en margeen dehors de l’amour où j’ai planté ma forceloin de toute moisson où la blondeur chatoieloin de ma propre image insultée par un chienloin de la porte ouverte dans mon règne humain18-l'autre reste le maitrele promotteur sanglant de mon destin de fangele maitre de la source où mon ancêtre pleureson culte absentface au pouvoir des nains armés de suie avarema joie brûléedans le dernier naufragemon grand soleil noirci de lèpre et de faminemon nom tourné en dérison ma force éteinteet de plus en plus lente à monter sur la terrevers son lieu de printemps où voyage l’ amourô ville infâme où nous erronsde rue en ruede plus en plus cruellede fleur en fleurde plus en plus stérilede regard en regard de plus en plus morbideglacial et destructeurde toute source claire où mon ancêtre pleurenotre spectrale image vendue au marché noirmangée par la laideur et les manies infirmes19-nous restons à la porte au flanc du siècle atrocequi fuit dans le malheurêtre une pierre d’ ombre où plus rien ne subsistenulle étincelleêtre une terre où rien ne pousse pas une griffeaucune ronceêtre un étang de lèpre que nul songe n’agiteêtre un désert de hainehiver de faim dentue sans rémission possiblede mort sans innocencede mort qui se conjugue au néant de se tairede nuit au son perfidehiver de chair bleuie brûlée par l’âge aveugleélans perclus de gelpourrisorange à terreà nousla peur le râle et le crachat sanglantà nousla nuit fermée comme un sépulcrel’espoir et son fardeau d’épinesles jours pourris de lassitude morneà nousla fleur fanée la flamme friudela joie sans sépulturela fin de moi honteusenos martyrs en poussière et nos héros perclusnotre herbe sous le vent peuple défait de nuitnos rêvesau pied du muret fusillés à l’aubeet notre bouche ouverte emplie de sable arideface au malheurqui brûle nos moissons d’épineset nous hante à jamais de lèpre et de blancheurà noussplendeur passée et gloire morteles lianes de la peur de vivrela peur du lendemain dans toutes les maisonsà nousce qui ruine en secret la fleur de notre sangl’opium de votre chant mortelle jour absentminuit en tous les yeux crevésla toux sans espérance et la lèpre au visageà nousl’horreur d’être un fantôme égaré dans la chair20-ce que je tente en vain est un travail diurnedans un astre en péril frappé de nuit stérile21-ma route est sans issuesans autre issue que vivreles saisons du malheur qui me cerne d’angoissela longue nuit de sable où j’oublie mon secretle grand geste d’amour où mon coeur se défaitoù je meurs de silenceô cage ignble et triste où je ne suis personnema présence est absence et ma force un délirede glace et de violence aux larmes intérieuresma route est sans issueque vivrepour rompre avec la mortqui me suit à la trace et me tente de piègeset voudrait me bercer de splendeur sans rivageque l’astre en voyage et la moisson mouvantemaison claireoù je tente de vivreroute vers le bonheur des multitudes claireschanson de joie vivante verger de tendresseoù je m’invente humainsous un monceau de nuit de fange et de laideur.22-acte et paroledatésde cohérencespassé lointain de deuil présent grand de lumièretravail d’argile tendre au grand soleil de touset pur chainon bruissant entre vivre et mourirun arbreau pas vivant qui abrite en sa grâcela simple joie de vivre une plus douce enfanceun hommeaux surprenantes rosesun homme au pouvoir clair se retrouve un visageaimant les hommes véridiquesdans leur travailde graine sous la neige et d’amandier en fleurde nuit vaincuede mort fécondechangée en doux martyrsen lieu de vaste joie où se retrouveaprés la nuit de ronceacte et paroleun hommepesant de vigne et de blé durpesant de terre douce et de tendresse d’astrede toute eon enfance au chant d’argile graveau bruit de source pure et de chansons de pluieun hommechemin de ma naissance au jourpesant de bonne argile et de haute espérancede lendemains rugueux au printemps véridiquepesant d’être un visage humainpesant d’être un exemple au vivre scintillantdans la journée blessée de meurture mercenaireoù le jour se dégrade et pourrit dans un criô douceurque l’on tortureun homme acte et parolepesantde tout le poids humain qui lui déchire l’âmeet brûle son dernier vaisseaupar un soir de douleur dans la rue de l’enfanceoù délire une enclume en la hauteur de vivre23-acte et paroleun homme au pouvoir clair brille en demain soyeuxqui vibre dans les yeux des pauvres de ce mondechaire nue sous la caresse à sa naissance d’aubeastre et parole un hommeque l’on traque partout aux confins de soi mêmeque l’on baillonne aux yeux de tousque l’on égorge en vain au profond des caverneschair suppliciée à son plus beau moment de nuità l’heure griseoù sa détresse explose et se traine coupabledans une boue de sang et de fanfare horriblede croix gammée et de rouelle ignoblefour crématoirenuit colonialetambour à l’aubeun bandeau sur les yeux au poteau de torturepotence au soirterre usurpée ma chair est un affreux baptêmeje suis l’homme traqué de faims et de verminetraquéd’être neige au printemps un amandier en fleurd’être un ciel souterraintraquéd’être un vivant au coeur du cimetièreque l’on appelle vivre en ce monde impossiblelumière exacteherbe nouvelleherbe rebelleétoile prime étoile au coeur du temps du pauvreun grand soleil humain au printemps véridiqueherbe morte en silencedans ce monde impossiblequi piétine l’enfance et les vergers de l’aubeah ce monde impossible où l’on traquel’humainoù l’on pense pour nousoù l’on parle pour nous dans les cages de haineoù l’on mange pour nous cendre étrange et caviaron vit en notre lieu et place au plus haut de la fêteoù nous sommes témoins du crime et de l’orduredes cris de la bassesse et des hommes de proieah ce monde impossiblele rêve est une faute où pleure un homlme librel’espoir est un supplicehiver de glacel’amour un subterfuge où la joie reste étrangerancoeur contre soi mêmeet soi même dans l'autrema bonne argile humaineerrantsur les chemins d’exil et de blanche épouvante24-quelle âme est à l’encan au bazar du vieux mondeoù l’enfance est un crime au signe sans candeurangoisse et sable au vent dans mon âge de plomb25-je ne suis rien encoremais pour ne pas mourir dans leur noir labyrintheje reste en mon burnous un chant de nuit nomadepâtre au coeur musicienerrantde soif en soifpleurant dans le secret ma vieille transhumancela joie futureoù l’on m’empêche d’êtredans ce déluge d’ombre et de poussière en armesoù mon regarde s’arrêteau seuil de mes vergers brûlés au faite de leur joie26-les hommes sont partis loin de mon coeur en sangmourir surpris de froid sous le gel du mensongedont on me berce en vain en mon plus haut refugedés que j’ouvre les yeux au printemps véridiquequi marche clandestin vers mon visage en loqueset me connait printemps traqué de neige hirsutedans un déluge d’ombre27-les hommes sont partis mourir loin de mes yeuxqui ne peuvent plus rien pour ma jeunesse en feubruissant de neige et d’étincellesde nuit brusquée dans les cavernesde mort blessée d’amour entre mes grandes mainsqui ne peuvent bougersans éveiller le maitre et son bourreau nocturneen train de m’amputer du plus clair de moi mêmedu plus vrai de mon coeur martyr ausoleil densequi travaille en secret à renaitre au printemps28-les hommes sont partis loin de mon coeur voracevivre et mourir de joie de force et d’espéranceau coeur de leur enfance où les loups sont passésà l’heure où je dormais sans croire à mon désastreà mon naufrageà l’heure où notre espoir gisait sur le rivageoù je naissaisd’un chant de vague amère et de forêt hautaineau creux du coquillage où pleurait une étoileles hommes sont partis aimer d’amour lucidela viedont ils furent privésla vie terre étrangère aux moissons émouvantesdont ils furent privés lors des fêtes du sang29-les homme ssont partis mourir dans ma mémoiremais vivre dans mon sangmartyrpoète au verbe astral enfant du peuple graveterrienshommes de chair et de travail leur nom reste un secretsurvivrechanger toute légendepour agir en confiancedans ce monde impossible où je perds la raisonet meurs d’être silence et larmeface au crime du monde où j’oublie de nous direau nom des meilleurs de nous tous héros martyrexempleaux actes de légende incrustés dans l’histoirequi marquait de son feu mon devenir terrestreah ce monde impossible on y pleure en secretles hommes de lumière au laborieux préssage30-j’écris néant couleur de rienvie consumée couleur du temps sans importancerosée du sang violent dans la nuit du salpêtreun dernier jour chatoie aux branches nues de viemort provisoireles hommes sont partis trés loin de mon visagele jour se ferme comme un livreet la mémoireassise au coin du feu travaille à reconnaitresous la braise endormie le premier feu nataldans la nuit vaste des fantômesqui furent ma jeunesse ouverte au grand soleilouverte à leur langageà leur haute naissanceà leur chanson charnelle où je suis né de riendans un déluge d’ombre et de poussière insaneoù je m’fface en vain hors du miroir de pierreoù je m’éloigne d’êtreet glisse dans ma propre haine au moindre éveilje meursje meurs de votre vie nocturnedu bruit que vous nommez chansonde votre luxede vos médiocrités multiplesje meursde votre aumône infectedu pain que vous jetez au pauvredu quotidien sans joiequi tombe en pluie de sang dedans ma vie maladesaison féroce et sourde à la clarté des fleursoù je demeure en margedéfaitde nuit coupabledéfaitd’être sans loi ni rêveje meursdans l’absence de l’être où l'autre était mesurede mon temps de travail où je réglais ma vignede ma chance sur terre où j’inventais l’amourde mon visage humain aux rides d’ombre étroitel'autreétait mesurede ma peur de mourir aux mains des mercenairesde ma joie de chanter demain possible en fleurde mon peuple insurgé dans les bras de l’aurore32-écharde dans mon coeur martyrdouleur coupablede pourrir ma chanson au plus fort de la houlede souiller ma maison de sa nocturne angoissel'autreprenait mes jours soyeuxgâchait ma vieet tirait de mon sang aux saisons laborieusesdes moissons des jardins des palais des orgieset mille perles criminellesl'autreparquait parmi ses chiensma vie ruinéeblessée de mort publiquemise au poteausanglantel'autre ruinait mon temps me volait mon sommeilme gardait en éveil au plus haut de ma croixécharde dans mon coeur martyrl'autre restait un poidsdéfi nocturne à mon pouvoirde transformer le monde et de régler mon tempsau rythme des saisons vivantes dans mon sangcréerma cohérencema loi de sève et de printempsmon jour aimantouvrir les yeuxles mainsvers leur pouvoir d’aimer la vie à toute bridela vieouverte à tout venant possibleà tous les âgescréerma cohérenceaimertout ce que aime vivreen accord avec l’herbe et les palmes dansanteset les cris de la sève au coeur de toute fleuraimertout ce qui aime vivrema danse mon vertige et mon vaste équilibreles yeux où notre espoir s’organise en cheminpour vivre et pour mourirau coeur de notre danse au long pouvoir magiqueet nous défairede nos lointains fantômesde notre fausse image où je reste un coupableet du brouillard pesant qui me sert de suaireoù je pleure un absent qui veille dans mon sang33-moi privé de mon nommoi privé de langage et sans pouvoir trangiblelumière sous la neige où passe autrui brutalnoir de présence aveugle au gest sans rumeurje reste dans la pierre où je pleure un absentcréateur de merveille et de printemps humainenfant de bonne argiledeboutface à la mortcouleur de nuit vaincuelongue nuit coloniale où je parle au grand jouroù je me nommehumainoù je survis au crimeoù je m’impose à l’ombre étroite qui m’étouffeoù je m’impose en foule herbe peuple et légendeoù je prends ma mesure et reconnais ma tailleardeurcontre défaiteardeuroù je mèle les mains les feuilles les souriresau givre ardent de la promesse faite au pauvrelà basau creux des ruesdes joies adolescentesdes jours gagnés dans l’explosion de ma révolteoù je marche au soleil content de ma franchisesans souci de l’orduresans souci de la mortsans souci de la haine qui écorce mon frèresur la place publique où je meurs de me taireet de garder ma neige et mon défaut de languelongue nuit coloniale où je m’impose au crimeà tout ce qui me nie de fange et de laideurà tout ce qui me suit en mon cachot de haineà tout ce qui n’est pasmon jourmon beau visage humain aux armes innocentesô nuitoù je m’imposeà tout ce qui n’est pas mon rêveà toute plaiequi saigne dans ma vie blesséeà toute honteoù pleurer d’impuissance est épine en mes yeuxà toute chance ouverte où je m’invente une aubevisageoù je m’épuise à vivre et redeviens moi même34-ardeurje suis ardeurcontre le givre ancien de ma défaite obscureardeur de nuit fouléebrûléesurprise à vivre dans mon sangde ma tendresse d’herbede ma lumière d’arbre aux algues de printempsardeur de jour fatal au flanc de mon silencede ma patience en crue enceinte d’une aurorejournée de notre amourbonheur de vivre en pleine fêteen pleine dansemon tempsde longue soie vivantede route ouverte au crépusculede fleuveamour flexible au soleil d’estuairemon tempsqui ne peut prendre finqui ne peut pas mourir bloqué dans une horlogequi surgit sans défaut de la plus humble pierreet se connaitéveil dans un jardin au chant de chrysanthèmessoleil entre les mains du travailleur limpideville à construire dans l’auroreusine à mettre en marche amour ouvrage clairbaiser de chairet long partage d’âmeau coeur veillé par tous en toute terre aiméeamants pris de vertige et lumière indomptablemon tempsqui se connait heureux dans la joie du poèmedans la vigne ui danse et la moisson vivanteaimerl’enfance qui se taillevisage au soleil vastejeunesseà l’assaut de son coeur gonflé d’âges fertilesaimertoute innocence d’herbe et de lumière en fêteet foule aux lumière squelettesen quête de leur chair perdue au jeu nocturnede vivre et de mourir pour rienet pour jamaisaimerla grande fleur possible entre vivre et mourirla douceur de l’offrande au sommet du suppliceoù l’amour sans chagrin des rêves de l’enfancesuspend toute question aux lèvres du mourant35-aimercomme une aurore en pleine mercomme une pluieau coeur de la saison patientecomme une graine sous la neigecomme une ruche de miel gravecomme une rue de notre enfancecomme une page tendre inscrite en la mémoirecomme une matin de neige où vibre un amandierau jour qui me surprend de sa cadence fraichemon tempsqui danse dans les yeuxétoile au long secretmon tempsqui niela pesanteur de l’âge et se connaitjeunesseà vivre en tote halte où se ride un visageà remplir de chaleur et de chair fraternellejeunesseà tous les coins du mondeoù s’insurge au matin de rouges chrysabthèmesun peuplehors de se langes noireshors de ses loques morteset se raconte au jourjustice ouverte à tousmarée de joie publique et conte de l’enfancejeunessequi brave l’hivre noir de crime et de laideurjeunesseoù je m’écoute vivreentre les haltes du travailcontre la haineque je heurte de front au moment de renaitrejeunessemon poids de sel vivantmon quotidien visagemon verger laborieux que la douceur traversema rue ouverte au jour où je demeur en armespour mener notre espoir à sa place sur terrelà basoù mon visageest combat sans vertigede neige et de fureur où je surprend la nuitoù je gagne mon temps et vous retrouvejeunesseardeur de givre ardent dans ma maison ouverteau grand secret des rosesau ciel nocturne et beauau chant de notre amour de chair et de racinesau plus beau cri de joiejeunesseardeur de givre ardent contre le givre obscurde ma vieille défaite où bramait l’espéranceardeur de jour violentde nuit violéeabeille au miel serein route ouverte au soleilqui navigue en mon sang glacé d’être au suppliceoù mon espoir s’égorge au plus bas de l’horreuroù je reprends ma taille et redeviens moi même39-ma tente s’est ouverte au souffle de la steppeoù je marche étranger furieux de vieille dansema douceur fraternelle en proie au lent veninde leur combine louche37-je reste sous ma tente espoir de long voyageau pays de mon frère aux mains de lamme nueje reste sous ma tenteun ciel qui se délivre de la brume étrangèreerrance vers la source où calmer mon vertigeet gravir mon chargin dans un miroir vivant38-moi privé de langageje reste un cri de feuqui gîtdans une pierre d’ombreune étincellequi survit au malheur d’être en marge de soiet danse dans la joied’aimerce que je nomme vivre à travers nos fatiguesà travers les saisons de haine et de démencecombatfleur ouverte au désertun cri qui heurte l’ombre où je dors silencieuxlongue agonie sous terreoù je reste un deuil de mille et une annéesun jour absentqui me recherche en vain et pleure son absenceje resteun cri de feudans la nuit qui me noie et brûle mes étoileset tue mon sang violent que la tendresse agiteet pourrit ma récolte et me crache au visagesa chique noire et ses microbesje reste en mon burnous sous ma tente d’étoilesrésistance au malheur herbe douce et lumièreveillantface à la mortqui retentit nocturne au vent froid de la steppeet meurtdans le silenceavant de naitre en nous39-je reste en mon burnous un cri contre l’horreurqui nous voile au matin brûlanr de neige viergequi nous ferme au soleil qui se dépense à vivreen nousbrûlés d’être les siensun cricontre l’horreurqui tente en vainen nous sa chance noirede nous pourrir le coeurde nous ronger les yeux de lèpre et de gel noirde nous glacer le sang en terre de vieillessede nous noyer au large espoir racine et larmesde pétrifier nos mains de glaise et de lumièrede nous parqueren marged’exploiter notre sang pour agrandir son règnede nous marquer de croixde suiede bouede nous perdre à jamais dans un désert de sangde nous laisser mourir hors de l’histoire en actede tourner nos questions en songes de démenceen angoisse insondableen énigmes nocturnesen jeu sans conéquence aux armes dérisoiresmais nous restonsun crirésistance au malheur qui nous frappe d’absenceerrance vers la sourse où le printemps bavardechanson à mettre au mondel’homme au pur lendemain qui s’invente soi mêmejusticequi se dresse à l’aurorepour étendre à la terre un homme plus clémentpour remettre à l’endroit ce qui tourne à l’envers40-je reste en mon burnous un chant de flûte amèrequi vous parle d’ aimer ce que vous pouvez êtreun beau visage humain aux cerisiers en fleursun temps de paix luciderefus clair de mourir dans l’herbe du mensongeau long désert de ronceamertume en ma boucherefus du vieux chagrin que vous nommez la vieun temps de paix lucideoù personne ne saigne au dedans de sa vigned’être objet à l’encan au pied dur de la hained’être martyr sanglant délire au creux de l’âgedans un pays de froid où l’homme est sans visage41-je vous parle d’aimer ce que vous pouvez êtreun beau visage humainaux armes d’ombre et de lumièreun printemps silencieux à la fraicheur diurnede tendresse indomptable et de hauteur à vivreje vous parle d’aimer ce que vous pouvez êtrefleur lucide et chanson en l’ombre qui s’évadeet pleuretrés loin de mon visagetrés loin de ma lumière où la vie se transformeau gré de mon travail fatigue où je m’exprimeau gré de mon erranceau gré du long combat des gens de mon villageces blancs transformateurs du mondeque mon espoir orientede village en village et de ruine en palaisoù le peuple s’engouffre au jour de sa lumièrefleur lucide et chansontendresse au vent agilejeunesse à tous les coins du mondenaissanceà l’horizon de homme sans visageexploités par des chiens opprimés de ciel noirinsurgés dans l’aurore où leur espoir granditcomme un astre exilé qui répond à leur chanceterre usurpée de nains dresse tes armes libreshommes surpris de lèpre armez vous de patienceabstergez vous d’amourraclez vos plaieslavez vous de consciencechassezl’horreur de vos maisonsla nuit de votre enfanceouvrez votre âme à nos légendeset laissez dire au loin les faiseurs de mystèrelaissez mourirla mortvotre règne est plus beauque l’âgeoù vous pleures votre âmeoù vous vous insultez d’être pris à leurs piègesoù vous vous méprisez prisonniers de vos mainssongezà votre imageet fracassez l’horreur qui danse sur vos plaies42-je vous parle d’aimer ce que vous pouvez fairela nuit gavée de sangla nuit où notre espoir s’effriteet meurtsans plus de jour à fairela nuit gavée de sang qui me peuple d’angoisseet ruedadans ma vieblessée de honte et d’amertumesous le poids du néant qui me couronne d’ombrela nuit déja nous quitte et va mourir au largeplus rienaprés la crueque la pierraille morneun grand calme serien de gel blanc et de luneoù je me conteà des gens sans mémoire outre neige et mystèreportantla pierre mortede leur âge qui saigne dans un automne absurde43-ils viennent de partout du champ et de l’usineoù leur effort se nomme arbre au verger acarpeils viennent de partoutdes autres du malheur aux vieilles cicatricesdes cendres sans espoirsurvivant au ciel noirqui pleutsur mon visageà l’heure où je m’oublie parmi la cendre morteils viennent de partout granitau surprenant langagesilencealgue de nuit démenteparoleje recommence à vivre dans leur chair limpideentre leurs mains de joieleurs pièges de lumière où se défait la haineleur combat clandestin qui veille dans mon sangje recommence à vivre en leur saison puissantequi marque de ses mains l’argile que j’inventeet livre au premier feu de ma douceur violentesilencealgue de nuit démentegranitau surprenant langageje recommence à vivreau miroir de mon frèrequi se dessine une ombre un murmure un visageoù l’espoir se défend face au jour de rocaillequi expose au soleil au creux de la mémoireles crops de nos martyrs au souterrain refuge44-sanglotdernier sanglotje vous parle d’aimer ce que vous pouvez faireà grande voile ouverte au vent de l’espérancedéfaire l’ombresoumettre à votre amour les ronces de la haineheurter de frontmystère et nuit de sangmarcher de jour allègre entre dans le domaineoù vivre allume au coeur de toussa danse et son vertige45-soyezce que vous pouvez êtrele fruit de votre danse antiquel’auberge où le repos se gagneau bord de la chanson fertilesoyezle feu ouvertl’oiseau agilel’herbe et la fleur de feuprés de la source claire où pleure un innocentprés de la source simple où l’innocent est saufentre la fleur fermée et la braise endomiesoyezce que vous pouvez êtreen votre propre imagejournée totale larme intègre et chant lucidearme présente en toute lutteoù je m’évade pour vous diresoyezcontre la nuit mortelle un astre qui voyagecontre la vieille haineun criqui ouvre enfin le livrepour arracher la page ignobleoù l’on se tait parmi la foule qui acceptela mort subitela plaie qui pue en la mémoirele jour confusd’avance en ruinela joie martyreau flance du génocide où meurt toute espérance46-soyezce qui germe et fleurit aux fêtes du travailce qui cesse d’attendre un fantôme au miroiret qui aime à mourir notre grance innocenceaux branches d’espérance et de chant fraternelsoyezaprés la nuit vaincue un beau sourire en fleuraprés la mort vaincuela grande phrase clairedu bonheur d’arpenter au dedans de soi mêmeles pentes de la joie de vivrecomme un soleil mourant en un soir de septembreaux portes de ma ville en feu47-soyezce que vous pouvez êtrela joiequi vous inventel’oiseauqui vous répètela fleurqui vous annoncepartoutsur toute terreen tout lieu où l’humain reste un feu à défendre48-songe mon frère songe au jour serein qui montede l’usine et de champ où la couleur tristessedisparait de nos yeux tournés vers la douceurque nous allons construirelà basau flanc du videoù nous fumes parqués dans l’horreur sans raisonpour simple ivresse humaine49-songe mon frère song au temps noir qui approchedans ma chanson de neige au chemin de souffrancesonge à la nuit tragique où j’invente autre imageun espoir sans rivageoù mourir sur la grève en leur demaine étrangeest défaite de l’hommesonge mon frère songe au temps noir qui approcheécoute l’ombre en nousgravirnouveau gradin de jour à l’heure triste où tembehors du collier du soirl’étoile morte en vain dans la main du sorcieret nousassis au bord de la vieillesse aridequi n’éduque aucun jour au matin des potencessonge mon frère songe au jour bleu qui s’éveilledans la fleur qui naitra de notre branche ailéedans la joie qui naitra du feu de nos vertèbresdans l’amour qui naitrademainsur toute terreoù pass un homme libre aux os de pierre densehomme libre à jamais beau constructeur du rêveoù se prend la jeunesse aux dépens de l’ordure50-songe mon frère songe au temps noir qui approcheà l’heure où je m’endors au secret de la pierredéjaun ancien froid pénètre en mon rugueux squeletteet me ramèneau tempsoù la nuit sans défensesans joie de rossignolsgardait la pierre d’ombre où la mort solitaireerraitde rêve en rêve et parcourait le sangdes hommes attardés dans l’oubli de leur joiedans la grande amertumede ce temps de saccage au langage de meurtrede haine et de sanie où le peuple sans nombremouraitau bord du jour hideuxhideuxcomme une vieille croix où mon bruyant squeletteparlait dans le vent noircomme une bouche humaineà l’heure où je dormais dans la pierre interditequi durcissait mon coeur et gardait mon visagehors d’atteinte du crime51-au sortir de la pierreà l’heure où je croyais ma délivrance atteinteje fus pris de sommeil au même lieu de pierreoù je pleure à douleur ma tendresse en prisonl’humaintenter l’humaindans la nuit des martyrsle feu reste brutal dans la pierre où je dors52-je fus de pierre sourdede pierre aveuglemais source sans pardonje survivaisje portais au grand jour ma mort de haute laine53-la charrue de l’angoisse a laissé dans ma viedes sillons dans mon coeurdes rides sur mon frontet dans mes yeux des larmes noiresqui ne serontjamaisjamais pleurées par aucun autre humainje fusun puits de peine où veillait une étoileun dur chagrin dans ma caverne d’ombreun long secret d’amourmais maintenantque le temps se prépare à fleurir sur la terreoù je connais tendresse en toute chose en acteoù s’ébroue la jeunesseje m’éveille en sursant pour descendre en la rueapprendre sur l’asphalteque je suis un fantômedans le refuge où je rencontrel'autredans une science exactesonge à l’affût de l’aubeje descends dans la rue tambour en la poitrineun volcan dans la têtepour affrontervermineorgueil voracele chant prudent de la bassesseet la boue crapuleuse aux fête des marchandsje descends dans la rue où les hommes sont ivresde l’ espérancequi heurtait mon rempart de prisonnier maladed’ être loin de l’aurore au bruit de peuple simple54-homme au soleil en fête je descends dans la ruelaverles yeux pourris par la défaitearmerles coeurs blessés de gel atrocehurlerdanser ma joiebousculer de mon sang bourgeois et pharisiensmarcher jeunesse en acteforcer la vieà redresser son front plus haut que leur outragepour voir les gens pris de splendeur subitesuivre mon jour musclé de blanches certitudessortirdes bouges de l’orduredes caves de l’angoissegrandir dans la lumière et montrer leur visagesans peurdes prédateurset gravir leur détresseau pas du travailleur limpidequi ose encoreparler de pain et de fraicheuret s’accorder le temps de croire au lendemain55-homme au printemps brûlé je descends dans la ruepour pousser à l’égout des débris du vieux mondequi s’attarde en la vie et pourrit tous les yeuxoù meurtbouche cousue de peur notre enfance au ciel justequi jouelà bassous des paupières mortesson dernier jeurenaitre entre nos mains gercéesrenaitre comme une fleur gagnéecomme braise endormie que notre souffle éveilleet nous rassembleautour de son verger sonorecomme au soir le berger ramène en son bercailson lent troupeauque la nuit palpe en vain sous la pluie des étoiles.--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------56-homme au jardin blessé je descends dans la rueje vais parmi les miens les hommes à main durequi font de la douceur sur terrechemin à vivrepour agrandir le monde et tailler dans l’acierleur espoir de tendresse en la chair de demainje vais parmi les miensle feu brise l’absencequi râle et se déchire aux ongles de la hainesur letrottoirles gens sans espérancene font peur à personneet dans la nuit blessée d’orgiesil n’est pas bonde porter dans les yeux les astres du printempsd’avoirun oiseau libre au coeur et de chanterce qui viendra demainpasserau crible de l’oublil’horreur vaincuechanger nos yeux en perles viveset transformeren joieen terre arablele coeur des pauvres gens dépourvus d’ espérance57-neige morte au soleil la mort reste à la portedans la caverne étroite où nul n’aura le droitde descendre y cacher un morceau de consciencede descendre enterrer les joies de sa jeunessede s’y laisser mourir une aurore en la bouchenous irons de plein coeur déployer notre forcedans la plaine et l’usinecomme une herbe innocente étrangère au malheurétrangère à la guerrecomme une herbe confianteoù nous pourrons danser et dormir à notre aiseface au passé de chiens battusd’anthropophagessans voirsur nos chemins sauvés de l’ombreles loups de notre enfance mortela boue qui traine dans les yeuxses jours vêtus de deuilses croixses lois de haine et son méprisde toute chose humaine58-je vais parmi les miens les hommes à main durequi font de ma tendresse un beau rêve de perleje vais parmi les miensje connais leur supplice arbres fous de douleurfeuilles mortes de rage au vent qui m’interrogeneige morte au soleil confiance à la confianceje vais parmi les miens au devant de mon frèrequi naithors de l’enclos de hontedu vieux passéet marche vers demain confiance ouverte au largeoù sont tombésfrileux dans leur délireles astres de ce monde en peine59-je vais parmi les miens les hommes à main durequi se font un chemin vers leur plus pure imageet se taisent parfois pour répondre au malheur60-songe mon frèresonge à la plaie de vivre une aurore à la boucheà l’heureoù le malheur brise ses vieilles lancescontre tes mainsau lent travail paisiblesonge au matin fertile et planteivresse ardenteton nomdans tous les yeux de chair où palpite innocentl’ oiseau sanglant de notre espoirblessé par un mensonge en fuiteô pauvre yeux vaincus nuit comble de tristesseje vois veiller la peur de vivreje vois l’amour cacher ses moissons interditesparmi la joie de notre enfanceet la douceur sans récompencemourir comme une fête où la chanson se brisedans un deuil de guitaremort quotidiènne et joie briséeô pauvres yeuxque fairedu ciel où je surprends l’astre incendie vivantdu vent qui me dénude et pleure en moi sa peinede la pluie sur ma face au tournant de l’hiverque faireparmi le feu du givrela neige aux papillons folâtresla fleur de ton sourirefruit de tendresse en sang aux vagues enivrantesque fairedu lait de l’aube ouverte en ma maison de pierrela splendeur brutalequi m’arrache les yeuxqui me noie dans l’azurqui me lie au printempsqui m’attache au soleque fairede la splendeur de vivre au flanc de toute mortneige au printemps fatal où j’habite un visageoù règne un autre espoir poète au verbe étrangelumière exacte et simple où mon travail exigeque j’avance en ce mondeque leur saison de nuit transforme en marécageoù l’homme rampepour le pouvoir l’argentsans se soucier de rienj’avance dans ce mondeoù la saison de l’homme est plus hideuse encoreque le temps sans raison où je perds mon visageet meurs de soifde faimde turpitudesune aurore en la boucheet des mains au travail en ce minuit de roncesoù l’homme doute et gesticuleperduparmi le bruit absurdedon’t nul n’a le secret61-je vais venir des hommesmenéspar un espoir si vasteque les tyrans prennent la fuiteà leur approche simpleterrienssans d’autre ruse que la terre et leur vouloird’une oeuvre faite au jour qui ne mentira pasces hommes sont les mienssurgisdes âges d’ombre et de tortureque nul ne comprenait sinon leur chair brûlée62-ils sont les miensces gens aux mains d’argile douceces femmes marbre envieportant gloire publiquemille journées d’amour et de vieille espéranceils sont les miensce gens orgueil au grand souriredéfiant haine et rancoeur herbe d’oubli morosesilence au lourd mépris et lugubre amertumeces gens que vous croisez à l’aubesquelettes de phosphoretournés vers le printempstravailleurs courageux armés de science exacteboire mangerpenserdormir dans la confiancedonner leur sang et leur franchiseoù passe un rêve au bruit limpidesurvivre au malsauvertoute fleur qui séveille et se prononce tendrela vigne au sang joyeux surprise de ses larmeset la moisson qui chante en la splendeur futurele painla joie de tousl’amourhors de dangerils sont les miensces gens que vous croisez chargés du nécessairevivre à leur taille simpleamoureux de leurs mains brûlées d’étoiles rougespressant contre leur coeur blessénovembrequi leur dicte au grand jour leur place sur la terreils sont les miensces gens que vous croisez partoutchargésd’ouvrir un chemin clair à tous les opprimésqui savent leur chemin fermé de ronces dureset marchent dans la rue sans peur de vos enginsces gensce sont les miensmon clan ma chance et mon visagema classe et mon combat aux lévres de sel noirma neige ouverte et ma justiceoù vivre est une marche aux haltes enivrantes63-ils sont les mienssur toute terre humaine ou je suis en voyagevers un meilleur destingrandirnourrir autrui de leur langagedes grappes de leur mort fertiledu feu de leur tranchante ivressegrandirnourrir autrui de leur langagede leur journée vernie de joiede leur chanson de moissonneurils sont les miensje les connais depuis l’aurorel’ enfance aox loques nuesla neige où j’ai pleuré de froiddu ciel absentle jour mendiant soleil pour éclairer nos yeuxla nuit mendiant étoile aux langes de la brumequi mourait dans mon coeuren moienfant rebelle aux lois de crime et de violenceprésence autour du feu où l’on apprend la joiela douceur de survivre au ciel sans espéranceà l’heureoù nous avons pleuré tristesse dans les yeuxla joiequi dévalait l’engoisseauprès de la cascade blanche où nous chantionsla joie du pain et des olivesla joie du vin qui riait clairparmi l’ herbe vivante et la fraicheur d’aimerconscience au quotidien de neigehaute vigie deboutsur toute terre humaine où j’étais en voyagevers un meilleur destin64-ils sont les miensmomies figées de hainepassants surpris de nuit sur le trottoir d’autruiportantleurs balluchons de peine à la loudeur méchantedans la ville étrangère et sans réponseà leurs questionslà basau seuil de vivre humainils sont les miensperdus dans un hiver de mortcontre le maitre obscur qui saupoudre leur viede son méprisdes cendres de sa joie maladedes ruines de son temps brûlé dans les orgiescourbés sous le fardeau des rêvesmais en marche éblouie vers leur hautain visagesanté du givre et du feuillagede l’arbre qui m’écouteparler de ses oiseaux futursils sont les miensterre et songe en exil astre et jour de naissancelumière éparse et vin nouveauvertu paisiblecandeur nargant la guerre et la haine en charpieces hommes sont les miensblessésde mort obscureils sont les miensdans leur douceur et leur violenceils sont le blé dans sa mouvancel’acte de vivre et de mourir dans un seul gestele fleuve humainqui draine dans sa laveles algues de la nuit mortelleles saisons du chagrin aux squelettes d’argilela chanse que la haine espèretrouverdans notre viela nuit de chanvre triste et d’épouvante amèreils sont le painla joie d’aimerce qui pourrait surgir de leur haute espérancedes forges du bonheur au chant d’enclume gravede leur marche éblouiece long secret de terre sèche et de vengeancede peine basse et d’ espéranceils sont demain qui nous attireplus puissant que jamaislà bassur toute terre humaine où l’homme est en voyagevers meilleur destin--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------