Cher Monsieur,Je vous adresse la troisième partie de " sous peine de mort " et vous remerciepour votre lettre.Le reste vous parviendra au même rythme - je l'espère du moins -messaour boulanouar --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------31 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*être un poèmeoù la tendresse abonde entre les mains fertilesoù la douceur console un monde âpre et rocheuxoù ma couleur détruite entend renaitre à l’aubeoù l’homme se défend d’ être un soir de supplicequi se perd dans la pierre d’absence et de mortoù le jour nous prépare un chemin sans vertigeun arbre clairau fruit juteux et douxhauteur gagnéeoù se décide à vivre un coeurla fleur jadis fermée au jourantre d’espoir en l’âme où la douceur s’étonned’ être orange et clarté au verger clandestin*être un poèmeà dire aux yeux cillés d’espoiroù la lumière explose et crée sa propre danseêtre un poèmeoù je m’accuse et plains ma vie trouée de nuitoù je reste à douleur au miroir de conscienceéclair durablepoèmeà toute terre humaine où la souffrance est loià toute vie sur terre où vivre est notre espoirà toute mort nocturneoù je résisteà mourir de souffrance au regard de la plaierameau de branche nueéclat de nuit mortelleà mourir de ciel noir au regard de la fangequi monte autour de nous à toute heure du jourpoèmeà toute terreà toute homme sur terre en proie au lent venindu chagrin nuoù s’absente un vis age enfance où les oiseauxfont un vacarme immensegrand geste de lumière et de nuit transgresséeà direà tous les gens surpris de nuit brutaleà tous les gens tembés à terrefouettés au sangbattus à mortet gémissant d’horreur confused’être sans cesse ancrésdans la caverneoù règne l’exploiteur du sangle sang violentqui se change en odure et parfois en printempsdon’t la lumière ébranleles palais et les trôneset se transforme sur la cendreen fleuren jour humainen forêt claire et dense où nul ne perd sa forceen ville vasteoù la rencontre est belle au coin de chaque rueoù la maison est simpleun nidcomme un délicepour accueillir autrui et chanter dans la joieun jour de plus à vivreun jour d’amour fidèle où la chaleur des mainsn’enfante plus de mort de vermine et de loquesn’enfante plus la peur du loup et de l’ogressemais se prolonge en toute chairet s’émerveille en tous les yeuxet neigeen soie vivanteen pain du jouren aube où le travail se transforme en chansonsen paixoù l’homme inventeun jour nouveau pour son image*poèmeà dire à tous les hommes bonsà la jeunesse en armesà tous les yeux surpris par leur pouvoir seretà tous les gens marqués de nuit et d’espérancepoèmeau jour de fleur absenteà toute roche humai e où sommeille une étoileà toute tombe où craque un lumineux squeletteà toute ville où vivre est un naufrage absurdeà toute charge d’ombre où s’allume une auroreen toute épreuve claire où l’homme se résumeà se connaitre humaineau chant bleu d’espérancepour que demainne pleure plus de suiene crache plus de sangne crache plus sur nous la rouille de l’outragela peine et le chômagela honte et l’amertume où l’homme est un absentchargé du crime d’être pauvred’être un fantôme errant dans monde de pierrerofge innocente et noire et flamme sans ardeurdans la rue de l’argent où l’homme est un absentpoémepour que demain résonne en vouset vous subjugueet vous ramène à votre sourceau lieu vivantoù vous serez présencehors de ce monde triste où votre algide hainemourra légende obscure en votre danse allègreje suisl’espoir qui vous anime au coeure de la géhennel’amoure de votre amourla fleur de votre ivressece qui remplace en vous l’horreur et le mystrèseje suisvotre meilleur copainla source où vous buvez la chanson de l’ancêtreet vous parle d’aimer ce qui sommeille en vousde danse et de courage au plus haut de la fêteque vous nommez justice en votre humain langageje reste à votre porte le chantle cri stridentqui vous garde éveillés conscience et sentinelleen toute terreoù l’homme ivente libre un homme un autre frèreet le couronne humaindans toutes ses démarches32 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écrisau nom de tousle chant de la lumière espièglel’herbe qui monte à notre taillecouvrir nos traces de tendresseet nous aimer franchise ouverte au grand soleilj’écrisarbre au pas sillencieux pris de démence atroceau regarde de l’horreur où je fus triste acteurde mes propres défaiteshomme pris de vertige face à la nuit coupableoù j’ai perdu mes lois mes mains et mes racinesje vous parle de vivrehors des lianes du sang et des légendes faussesoù la vie reste obscureet si absurdeque nous ne pouvons plusaimerle beau miroiroù se reflête un frère un beau visage un hommeje nie la fleur fermée l’oiseau l’étoile en sangl’enfance à la douleur précocela nuit de sangl’espoir qui ose encorese direespoir de vie meilleureespoir d’un lendemain plus clairà travers nuit silence angoisse o lourde meulecombat lutte de classe amourmoisson brûlée de grâceespoirqui ose encorese direau feu brutal de notre enfanceau chant de tous nos camaradesvisagehumain visageouvertà la splendeur de vivresurvie d’étoile en sang sous la cendre mortelleoù je découvre humainl’amourdont j’ignorais les nomsje niela fleur fermée la flamme froidece qui n’a pas de prouve dans mon sangce qui reste sans trace dans la fable obscureoù je me perds à vivre un âge au soleil noirqui me comble d’absencedans un hiver sans causedans une ville infâme aux maisons sans fenêtresoù les yeux sont pourris sous la suie des paupièresje nie la peur violente où l’homme perd son nomla taie sur l’oeil je la refuseet je refusel’injure la plus tendreoui je refuse à l’hommequi oscille sans cesse entre songe et démencela droit de disparaitre au profit de la hainecar je refuseà l’homme le plus pauvreà l’homme le plus tristele linceul de la honteil est temps que de rien zéro cercle de mort parfaitej’atteigne mon nouveau visagepour vous ouvrir au largeoù vibrent nos codages d’algueset nos chansonset notre ivresse en cruelà basau grand soleil de faste où nous reconnaitronsnos mainsnos yeuxnotre franchise ouverte au grand soleil en fêteoù nous pourrons nous direclarté fertilemort interdite à toute enfancejustice ouverte à tous les rêvesoù l’on attend d’être soi mêmepour faire de ses mains de fabledes mainsau pouvoir de printemps33 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écrisla mort qui rongeceluiqui a perdu son verbedans la nuit des martyrsceluiqui a perdu dans le naufrageun peu de sa personne au temps noir de la mortun peu de sa lumière au temps noir du mensongeun peu de sa conscience au temps du bureaucrateceluiqui ne croit plus à rienle mortle pauvre mortfantôme hirsute et froid à la douleur sans nomque vous croisez parfois pierre nue en l’horreurqui rampe dans ses yeux pris de démence atroceau regard de la croix où son corps se dessèchedans le soir douloureux qui palpite en vos yeuxj’écrisla mort qui rongeceluique l’on ramasse au soir pris de vin et de nuiterrant dans la douleur execuse morte aux lèvresvieille colère absenteétange de nuit mortellequi ne connait plus rien de la lointaine danseoù nu le corps crispé dans le salpêtre en feuchantait face à la mortceluiqui n’a plus de langageface au pouvoir des nainsface à la suie des gestesceluiqui ne sait plus chanter les couleur de l’enfancequi ne sait plus se direhomme au visage tendreet ne dort plus la nuit cerveau fou de reptilesdur cauchemar qui sembre dans la drogue amèreet meurtfrileux de vivrepris dans un piège atroce où rien ne sert d’aimer-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écrisla mort que songeceluiqui effrayait son ombre et que son ombre effraieceluiqui n’a plus de regard pour les vergers humainspour la fleur innocente au parfum de tendressepour le ciel de l’enfancepour le visagequi pleure d’être en vie en ce tumulte où vivrereste un geste de glacequi se résumeà n’être plus que mort qui se promène aveuglede luxe en luxe en palais tristemanger sans finboire sans soifmourir sans butcourir à droiteà gauchefermer les yeux de peur de voir mourir le tempsbrûler ses mainstaire son coeur où brûle encorelà bassur la hauteur de vivreun dernier rêve*j’écrisl’amour qui rongeceluiqui vibre au cri des pauvres de ce monde absudreet croit que la jeunesse en proie aux prédateursreste à jamais jeunesse ouverte à toute étoileceluiqui sait de science sûreque le peuple est le feula grande vague fauve où vient mourir le traitrel’argile humaine grave où renait de ses cendresl’espoir ce long courage où vivre est un visagequi s’impose au pouvoir des monstres de la nuit*ah laissez moi vous dire en clairen cerisier en fleursque la légende est dans nos yeuxla joiequi ne veut pas mourirl’amour qui s’émerveille à chaque halte neuvele feu qui se répète en la chanson de l’arbreet toute notre ivresseah laissez moi vous direque nous ne pouvons plus aimerque notre chant de fête où la patrie s’incrustecomme une étoile en feu au front de la jeunessequi ouvre dans la nuit son chemin vers l’exempleoù l’homme est la saison qui franchit la misèrequi ablue les visages et nous lave des ombreset chante en notre sangce qui s’invente libre au plus secret des roses34 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écris la nuit où nos martyrssont en proie aux vauriens qui se sont inventésun nom de feumensonge à leur taille de nainspour habiter de leur chansons de boue infectemon tempsmes lois leur privilègeoù je suis sans pouvoir sur mon propre destinmartyrs trahis par les menteursil rit de vous aux réceptionsle traitre obscuril rit de votre mort hautainele nouveau richeceluiqui se construit sur votre tombepalais de splendeur nue pour ses mornes orgiesceluiqui se grandit de votre mortqui se nourrit de votre sanget vous exploitepour opprimer de sa tristessevotre image exemplaire où notre amour s’inscritô mes frères sans force expulsés de l’auroreen proieaux prédateursô mes frères sans nombreil rit de votre mort hautaineet vous salueaux fêtes hypocrites où l’on boit votre sangceluiqui tourne en dérision votre lumière astraleet tous les songes de l’enfanceoù vous baignezmartyrsqui habitez mon sang violent ma nuit démentemon rêve et ma conscience en lavene feignez plus la mort sortez de votre asilesortez du coeur patient du peuple qui abritevotre image exemplaire où la mort est cheminvers ce monde meilleur que ma douleur défendne feignez plus la mortsortez de votre asiledonnez le grand signal au soleil qui vous aimeet nous vivronscontre l’herbe de mort de tous les cimetièrescontre peine et silence ordure et nuit de bouecontre gel et désert où les chiens se sont tuspour nous laisser parler de notre règne humainde notre espoir concertdeboutcontre la mort qui nous insulte aux fêtesdeboutplus haut que tous les subterfugeset nous vivronstout ce qui reste à vivre comme au premier jour35 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écris terreurhomme au ciel sans défenseherbe morte en la nuit qui s’impose à mon frontsaison de rouille absurdeterre usurpée de nains neige à mon front blesséon tueen plein midila confiance en l’humain dans l’amitié des rosesla jeunesse à jamais plus confiante en sa forceles chansons de la pluiepatience de l’automne aux rouges chrysabthèmeson tueen plein mididans les taudis de faim qui torture l’enfancesur l’asphalte des rêveson filtre notre espoir dans la nuit despotiqueon passe au vieux tamis de la haine ancestralece que je pleure en mon refugece que je veille en ma caverneon tueen plein miditerreurgel de momiesur toute chose en fête où chante une espérancesur toute fleur ardente où se blesse un bourreausur toute plaieoù l’homme est au poteau soleil bleu de fatigueet chanson nue d’amour dans l’adieu de l’auroregel de momiela source éteinte pleure un astreet l’arbre veille un feu de sève en ses racineset les yeux sont éteints et la couleur mortelleaveugle est la saison de vivre dans la pierreaveugle est la chanson ductile de nos songesle jour traqué de fous de spectres sans couleurse change en nuiten herbe noireen chanvre de tristesse où la violence en armesfrappe au matin le frontsaccage l’âme et ruine d’ombre tous les rêvesoù l’homme ouvre sa porte au grand soleil fertilequi danse sur les mains de la joie qui s’énoncevol calme de cigogne au ciel bleu du printempson tueen plein midila nuit délire et mangela cendre des victimesla nuit déliremais l’aube ouvre les yeux les visages les mainsl’ombre triste s’émoussela terre aime à nouveau ses filset l’on se parle d’herbe tendre d’herbe douceon cause du ciel bleu des vignes de l’automneon se reprend à vivreon flambe d’espérancel’amourtresse à nouveau ses loischange la peine en fruitla soif en sourceet la promesse en pain*et nul effort n’est vain .36 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*je saisvous vous lavez les mainsde ce qui pourrait naitrede douleur dans ma chair crucifiée de ciel noirde nuit dans mon cerveau où se tord un reptilede brume dans mes yeux créateurs de merveillesde feu noir dans ma vie trouée de neige atrocede mortdans ma jeunessehantée par un sépulcrede sangsur mon trottoirde violence en ma villede selsur plaie vivantede terreur dans mon jour et de glace en mon coeur*vous vous lavez les mains au drapeau de l’auroreet vous laissezvos chiens hurler dans ma maisonque vous avez changé en bougeet vous dansez sur mon cadavreet vous crachezsur mon portrait d’argile tendreet vous ruinez mon sang fertileet vous brûlezmon livre et mes traces subtileset vous changezles noms des rues de notre villele sensde notre espoir de chairsans vous soucier de mon supplicede mon solsticesans vous douterde riensans vous douterdu feu qui brûle en mes éclairsdu feu certain qui me travaille et se révolteà l’heure où vous chantez en vos palais de fousla joie du crimeorgiesdans ma maison de pauvreorgiesdans ma patrie humaine*je saisque vous voulezma mortpour votre paixpour votre joiema mortpour endormir votre consciencema mortsur toutes nos chansons d’amoursur nos saisons de lune rousse et de voyagesma mortce long chagrinqui tresse dans ma vie son laurier d’amertumeet berne mon printemps sur toute lèvre en sangma mortpour vous guérir de votre hainemais je ne suis pas seul à vivrepas seulà vous poursuivre de mes rêvespas seulà mettre à nu la plaiepour dénoncer vermine ignoblele crime horrible que vous êtes*vous êtesle jour obliquela nuit putridel’arbre coupé de ses oiseaux et de ses feuillesl’outrage le plus triste au miroir de l’humainla chance nainela fleur malade et sans parfumle sang pourri de nos clairièrestraitrise à nos martyrs lune au chagrin de hontenuit de vierge amertume et de présence étroitela terre en sangoù notre étoile est mortevous êtesce qui étouffe en nous le grand brasier d’amourqui veille au coeur de touset tueles chiensles hypocritesles voleurs du langage où le miroir scintilledés que la vie devient brutaledés que le sang perd la raisondés que mourir commence à vivreen nousmarqués de nuitmarqués de mortfichéspar la policeconnus de touschargés d’avancede tous les crimes de la terreau beau milieu du jour où le scandale arrivela vie devient brutalele sang perd la raisonmourir commence à vivrene penez plusne parlez plusne rêvez plusla nuit éclate au jour qui se dépense en larmesvivre se glaceminuit raconte à pleine boucheprodiges d’ombre et de mystèreminuit règne en plein jour dans un monde édentéminuit nargue les yeux au ciel vibrent d’étoilesmais nousface au désert qui rougeoie en fêtenous murmuronsdouceurombre figée qui pleure un astre37 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écrisdans un cercueil plombédans un miroir atroce où je pleure un absentdans un taudis de faim d’ordure et de verminedans l’impase cruelle où l’on viole un enfantdans un camp de mort lenteô lumière estropiéesaison brûlée de neige absurdesoleil qui saigne à ma fenêtrej’écrisl’étroite nuit de mon sépulcredans la nuit du mystère un amour sans défensepensée martyrema joie briséecomme guitare en peineau terme d’un voyage et dun visage en fuitecris de soie déchirée journée de neige bleueoù mourir se déploie dans la chair innocenteau terme d’un silence ignoble*hors de la nuit vaincue un homme nu s’éveilleet tâteaveugle en plein soleilla chair de sa frontière d’ombreet s’interroge où sont partiesles neiges de l’enfanceles neiges sans chagrin des chemins de l’enfancel’hiver avait notre âge tendreet nos moissonslenteurs dans la hauteur du jourétaient chansons de vague et rumeur de nos signeset nous chantionsla mer la meret ses vertiges d’ombreet ses chansonsen noustroublés de profondeursl’hiver avait notre âge tendreet l’oiseau qui chantait sur l’amandier en fleurétait l’oiseau de notre enfanceô fuite atrocesecret d’épavemes amis étaient doux comme l’air du printempsmais la cascade est morte où jouait notre enfancene reste plus que pierre morteoù ne s’éveille aucun visageoù sont ils mes amis des rivières bruissantesils sont partis un beau matinchasser la mortchasser la nuit et les fantômesqui cernaient nos maisons de givre et de terreurils sont partis sans geste gravecomme on s’évadecomme on sort de la nuit pour affronter la viecomme on entre à l’école apprendre les raisonsdes chemins de l’écoleoù les oiseauxtous les oiseaux du mondevenaient reprendre force et chanter leur légendemes amis que j’aimais sont partis pour toujoursoù sont parties les ombres de l’aurore en fêtenous nous sommes épris de toutes les merveillesde toutes les moissons du grand bonheur de tousnous nous sommes aimés comme l’air et l’oiseaunous nous sommes appris dans le jour en colèredes chansons de bonheurnous nous sommes guéris*hors de la nuit vaincue un homme un autre frèreouvreau soleil et plante amour bleu d’espérancesa tente rouge dans la steppedans un frisson d’armoise et de reptile aveugle.il parleet nomme toute chose à vivreet toute houlechanson de vague et d’amertume et bruit de ventface au désert menteur où nous ne sommes rienil parleet l’herbe issue de nous délivre sa fraicheurô sécheresserépondspierre confuse et noirerépondsau front blessélumière en ruine où le silence écoute l’ombregrandir comme un secret sur la pierre tombalela fleur issue de nous ouvre à l’azur sa chanceet l’ombre en nous secrèteresteun reste de nuitque l'on efface de nos yeux brouillés de spermequi rampe loin de nous chien battu par son maitre*hors de la nuit vaincue par un azur sans tâcheun homme au soleil clair ouvre sa main de sourceet vaque à sa besogne simpleluire et chanterplanter de joie la vie entièregrandir dans le printemps des multitudes claireset se connaitrehumain sans nul autre lignage38 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*marquépar un soir de tortureblessépar un silence ignobletroublépar un exil en deuillardéde flêches sans pardontrompépar une affiche en sangperdudans une ville infâmesanglédans sa grise amertumehonteuxde rire dans l'horreurbranchésur une étoile en fuitehaineuxpris de gel et d'orduredéfaitpar les orgies du crimedroguépar un mensonge absurdefêtantla mort des solitairespourrispar une lente opprobreil ne connait plus rien de nos fêtes d’enfanceplus riende notre veille claire au plus haut du rempartplus riende nos chansons d’amourplus riendes gestes du beau vivre aux armes sans pardonet traine dans la boue qui nous fige en statuesce qui lui reste à vivre au plus bas du silence39 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*le soleil froid qui nous accable dés l’enfancela boue qui nous affliqe et nous colle à la peaucomme un reste du temps où nous étions sous terrel’absence et l’amertume aux fibres de lumièrele vent qui nous insulte et nous étient à l’aubela brume où nous perdons nos mains de neige purela joie qui perd son nom de fleur de route librede place au grand soleil de tousle ciel noir qui nous rive en la nuit sans pardonoù nos statues de peur secrêtese font signe de vivretout disparait au jourtout disparaitles nainsles langes de ciel noirles affres de l’angoisse où nous perdons nos yeuxtout disparaitpour laisser place à notre ivresseau bruit de la tendresse calmedu ciel qui nous déchire et luit sur nos vissagesplaceécartez vousplace au soleil humain qui chasse les mystèresplace au jour fraternel qui nous sauve du meutreplace au travail qui nous éclaire et ronge l’ombreautour de nos vergers en fleur et de nos ruchesplace au bonheur concretqui plante en nous racinespour nous de joie futureun jour nouveau s'allume et nous apprend ses loisouvrezles bras à nos éclairsouvrezles yeux à nos étoilesouvrezles branches de l’auroreet toi mon frèreoublie la mort et ses énigmesoublie la crasse et la vermineoublie la honte et les insulteset chantechante avec nous la vie les armes et les rireschante avec nous l’amour le pain le vin les rosestout ce qui monte au jour et nous garde de l’ombretout ce qui nous éclaire espérance et tendressetout ce qui change en perles vivesnos yeux de haine et de tristessetout ce qui chante dans nos fêtesla place tendreoù nous aimions dormirlà basau creux de la confiance au coeur juteux et bonregardedans ton refuge d’ombrel’étoile en sangdans ton chagrin de pierrela neige en fleurdans ton malheur de chienl’espoir en acteregardefondre la nuit des exploiteurs du sangregardeles hommes nus grandir dans le soleil voraceet se donner mains fortes de confianceet se nourrird’herbe neuve et d’étoilesun jour nouveau commenceet chantele bruit serein que nous faisons sur terrestridence claireoù nous brûlons les ombreset les fantômesdes peurs d’être en la viela grande joie vivante aux mains des hommes bonsun jour nouveau commence et nous apprend ses loisrendre justice et forceaux statues de sel noir que nous étions sous terre40 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écrissous in linceul de hontesous un volcan de fièvre et de peuple en révoltesous peine de mourir de froidde nuit sanglante à vivresans la moindre espérancesous peine de mourir de mort de pierre sourdeau chant de la rivièrequi passe en nous jardinsprintemps sans esclavageverger au fruit coupable et larme sans réponsedans la multiple horreur qui habite nos astres*sous peine de mourir trés loin de mes racinesdans la glace de l’aube au poteau de l’aveugletrés loindes perles de vos yeux martyrsdouleur aux fibres de l’automneoù je sème au vent clair tous les débris du sangà l’heure où je construis sereine dans ma dansesaison de pierre et de lumièreorgueil d’être sur terre un homme au sang brutalqui se défendpar l’acte et la parolepar l’être et le secretpar un rythme nouveau d’enclume et d’étincellesun sang brûlant comme une forgeoù je trempe mes mains pour en tirer des fleurscomme dans une source où la soif est rencontredes lances de l’ancêtre et de ma taille en croix*sous peine de mourir de froidje vaislà où chante la source où mon ancêtre pleurelà où l’idole est morte dans la pierre adulairelà où vivre s’impose à la terreur sans âgequi rôde autour de ma maisonignée de joielà où l’oiseau compose un nouvel air de flûtequi répète en l’enfance l’amour qui se dénommevisage astre fleur et racineje vaislà où règne le prêtre au long sermon de chanvrelà où règne l’argent et se transforme en dieulà où règne le crime aux odeurs de sépulcreau langage de meurtre et de brusque insanieje vaislà où le ciel se couvre d’ombre et d’amertumeet tueles oiseaux bleus de notre enfancelà où le jour traqué se cache en la tristessedes gensde ma semblance humainequi font de leur jeunesse un langage innocentet de leur joie le pain de tousje vaislà où le signe évoque l’homme et son prestigelà où le geste insulte l’ombre et son mystèrelà où la joie se fend pour mourir et renaitreentre nos mains de terre et de travail limpideoù contre toute attente un homme nu s’éveilleet tue l’arbre à chagrin de nos danses de faimet tuela chose infâmela chose inertela chose infectela chose informela chose faussela chose ignobleque vous avez dans la cervellece rien de honte et de laideurcette ombre sans pardon possiblece râtqui vous grignote la cervelle et vous empêched’aimer votre semblable au silence de pierrece lac qui vous regarde en vainvivre et mourirsans rien aimer d’humain que votre fausse image*sous peine de mourir de froidje vaisportant ma pauvre lampe à huilepour voirsauvés de l’ombre et du naufragetous les visagesje vaislà où le peuple chante adulte et sans mystèrelà où le jour se meut dans la douleur communelà où la nuit gagne en secret sa vie de chiensur les chemins volés par mon frère de peineje vaislà où l’oiseau s' ébruite l’arbrelà où parler n’est pas un crimelà où chanter engendre l’aubelà où vivre s’invente au coeur de l’homme librefleur de juste naissanceau lendemain de fièvre et de travail sans finlà où j’ai peur de perdre mon prestige humainet mon chemin au coeur de l'autrelà ou je meurs en vain dans la vivante opprobreoù je suis en questionsoù je suis sans réponseoù je meurs de silencelà où chien se tait sous la rigueur du maitreun autre prend ma place et me traine en bouequi monte de la rue malsainecomme cris de torture au jour sanglant à naitreje vaislà où la nuit s’affiche aux portes de l’aurore*dans la légende obscureassisdans la souffranceun homme au ciel hagardpleure un visage ancien où je surprends la terredans son odeur de terre aux puissantes racinesoù je surprends la fleurqui délivre ses larmesoù je surprends l’amourau feu de source viergequi ne connaitque ma paroleet son travail de feu certainqui joue à vivrelà où la nuit s’effritehorreur blessée au coeurje vaislà où le peuple enfin se dresseface à l’injureface à la honteface à la haineface au mystèreje vaislà où le peuple enfin se dresseet tuepour protéger sa face au soir du vieux chagrinalorsle bruit de la conscienceéclatedans la pierre où l’idole est réduite en poussièredans la glace où la mort perd sa raison de vivredans la brume où l’errant découvre enfin l’asiledans la nuit où l’étoile explose et nous dénudesous la terre où le mortbrusque en la pierre dureun feusous la honte où l’honneur brûle toute médailleet vous dénudedu deuil violent de ses souillures*je suislà où le peuple explose preuve entre les mainset clame enfin son nom arbre au soleil parfaitjour au ciel sans pardon et source de légendevague en fureur et ruche ardentepatience morte et terre en sangcourage en feumultiple étoileau front de la jeunesse en acteacte et mémoiremartyrs aux yeux certainsdeboutau coeur de l’aube justequi bruitdans la chanson houleuse et dans la rue qui brâmedans la mine et l’usine aux yeux de houille vraieau port où le travail scintilleet crée le jourdans les yeux de l’enfance et de la forge adultedans l’espérance inscrite au seuil de la jeunesseaui vibre au moindre vent au plus haut du rempart*je suislà où l’espoir étendses grandes ailes bleues pour couvrir mon visagesur toute terreen tout lieu où l’humain change en perles vivanteslarme étincelle et joie dans les yeux de l’adultej’avancerêveur hautainje me heurte au vent lugubrequi me dicte sa haine où je broie de l’orduredans une impasse au ciel étancheje vais vivre et mourir au coeurde ma meilleure imagelà où je change en lieu de paixun coin de terreun coin de songe humain dans la journée brutale*sous peine de mourir de froidje vaisau plus secret de mon visageau plus profond de mon imagecueillie mon nompour accueillir mon frère et sa raison de vivrepour adopter le sang qui ne veut pas se tairepour affranchir la peine où je gitais lugubrepour survivre en l’humainqui ouvre à mon enfanceses jardins fleur ouverte et sa place sur terreà l’heure où je franchis toute fausse frontièrepour un nouvel espaceà l’heure où je grandispour envahir le monde et délivrer mes spectresque la faim multiplie dans les villes étroitesfantômes de chair nue crucifiés dans l’auroreje vaiscueillir mon nompour acceillir mon frèrequi sort de sa caverne et brame dans la villesur l’asphalte où mourir est désormais un droitmon frère qui se nommeprisonnier sans défensefrappé de mort violentefou de torture infectemon frère qui se nommepris de mystère atrocetaillé comme une pierrerangé dans la tristessemeurtri dans sa lumièremon frère qui se nommeblessé dans son honneuraccablé sous la cendretransformé en monaievenduau marché noirconsommé dans l’ivressedes orgies du malheurcar mon frère se nomme opprimé las des faimsinsurgé dans l’auroreoù mon frère se nommeun beau visage humain dans le jour prolétaire*sous peine de mourir de froidje vaislà où l’homme sommeille en sa gangue d’esclavelà où l’homme s’éveilledrapeau brodé de sanglà où chante un espoir au coeur des multitudespartoutdans la neige où mourir est masque de victoiredans le pouvoir d’aimer la splendeur de demainjoie de sortir de ma fatiguepar une aile d’amour un beau reste d’enfanceun feupour éloigner les hyènespour être un cri lucide aux voûtes du silenceailes puissantes d’aigle et question de survivreaux ronces du malheur qui traque mon squeletteacte libre et légende au pouvoir indomptableexemple au feu charnel et question de présenceau vent qui supplicie nos rêvesrage où mourir de peine et chanson contumièreprison de glace ardente où je perds la raisonà cogner de mon coeur contre un mur invisibledans l’esclave chagrin où pleure un autre moiun frère au feu lointain au grand supplice acarpequi brûle de ma neige et meurt de mon silenceje vaisau coeur troué de nuit depuis l’enfance amèreau coeur lassé du long chagrind’avoir pleuré parmi les roncesnotre impuissancedans ce monde de pierre et sans pardon possiblepour la lumièrepour la poitrine offerte aux gens sans espéranceaux pauvres gens sans feu ni lieubroyés de mortperdus dans le désert sans fin des villes noiresoù la verdure est morte au seuil de sa naissanceoù la source est chanson et fraicheur au visagedes moissonneurs surpris de soifbroyés de mortdans ce monde de pierre et sans pardon possiblepour la peine incrustée dans les yeux du chômeurpour la peine où je meurs de voir mourir en vainla main coupéetrahiepar son travaill’oiseau qui a perdu ses ailesdans ce monde de pierre et sans pardon possiblepour l’amour de demain que l’on égorge en vaindans la joie mercenaire aux ronces de fer rougeah quel atroce asile habitons nous mon frère41----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------tous les yeux sont fermés en la maison tristesseet l’ombre sur nos mains reste morne étrange suiequi nous frappe d’absence au milieu de la fêteoù la foule en rumeur tournoie bleue de fatigueau creux de la spirale infâmedans la cendre des pas des gens qui ne sont plusque lépre et nuit sauvage au creux des solitudestous les yeux sont fermés et les fenêtres morteset la fumée nous cerne en ce minuit de chanvreoù l’espoir nous oublie qui déchirait nos corpsdans la feinte de vivre ivresse au printemps neufun jourde halte claire au seuil de ce brouillardqui hante les jardins de notre enfance en deuiloù tous les yeuxse font signe d’alliance et de simple tendresseet vont plus loin que toute ivressenommeramour au sang d’ébène aux yeux d’azur coupablemiel dense amour mon eau potable et ma jeunesseamour qui pourrait bienau comble de l’ivressenous rendre notre instance d' arbreet nous sauver du crime et nous rendre nos yeuxnos cris de chair vivantenotre plus haute imageô neigeblancheur incandescente et fermeô premier paschansondanse fertilevoilà que je me nomme humainpour décrêter mes loispartager mon miel noirgrandir dans la lumière et vaincre autour de moiherbe sèche et tristesse et lèpre anthropophagemystère en pierre d’ombre où je gravis ma hainepour atteindre la plaine où je serais tendresseà tous les hommes bonsà tous les gens perclus dans les marais de l’âgeattente aux mains tendues lumière étrange à direéclaire et cris du sang sur l’asphalte qui chantefureur de vivre en un seul temps neige et soleilinjureoù je réponds au crimepar un sourire un feu dans la campagne morteoù les bergersse font signe d’ailliance et de simple tendresseet vontnommer la joieen tous les yeux fermés en la maison tristesseoù l’ombre sur nos mains reste une étrange suie42 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*je veillais sous la terre et dans la nuit maladeet je nommais pour toi frère au soleil en cendreles choses de la terrela vieles humbles chosesje veillais sous la terre et dans la nuit griffueau coeur noir de l’hiver je chantais le printempset je guettais dans l’herbe vivela fleurla grande fleur possible au signe de phosphorede neige et de tendresse agilel’éclair nu de franchise et dans ma main ouvertele feu patient du lent travail et dans mes songesle chantde l'amandier en fleursj’apprenais dans ma chair les saisons de la peurl’hiver comme un linceul l’été blondeur mouvantel’automne armée de cuivre et les autres saisonsles saisons de la hontedu long mépris de soiles saisons de la haine où je mangeais mon coeurles saisons de l’impasse où vivre est une ordurej’apprenais dans ma chair le froid et la chaleurles cernes de la nuit sauvagela lugubre venue des fantômesle jour naissant au jour qui répétait l’enfancele jour peureux de vivre en ce monde de pierreoù la nuit nous marquait de son ombre de louvej’apprenais dans ma chair la perte de l’espoirla perte du printemps gonflé de joie fertilegonflé du feu stérilequi montait à l’assaut de nos vergers hautainsj’apprenais dans ma chair le remords que je suisaux yeux du traitre ancienaux yeux du nouveau richequi rêvede se nourrir du sang de l'astre où nos martyrsse font chemins de gloiremais j’avançaisdans la graine d’espoir qui régnait dans mon sangje veillais comme un fruitj’étais mûr pour l’amour et j’inventais les rosesj’avançais dans la fête et craignais le silencequi germait dans la pierre insondable du crije veillais comme un fruit se nourrit de racinesje savais mon chemin sous la cendre et l’ennuiet je marchais parmi les roncesje traversais la haine et le mépris des autresj’avançais vers mon lieu de fraicheur fraternelleet passais la frontière où l’homme est un adultesans fleur ni lendemain où sans enfance au coeurje parlais comme un feu dans la pierre insondablej’étais nu comme un crij’étonnais notre enfance et pleurais sous la terreet pleurais dans le noir la pourpre étoile en croixje parlais des oiseaux des fleurs et des étoilesde l’herbe sous le vent de la taupe et de l’aigleje parlais des vergers des miroirs et des êtresdes chansons de la terreaux bourgeons nus d'espoiret des martyrs à l’ombre justequi ont fait de mon sang un printemps sans rivageje parlais comme un fouj’étais fou de sagessej’inventais le silence aux lèvres du coupableet j’avançcais vers mon visagevers mon lumièreet je peuplais la terre blêmedes spectres de l’espoir qui me tenait au sangje m’agrippais à toute chairet naissais de moi même au plus fort de la houlej’avançaisj'étais l'éclair de sang qui nourrissait les aigleset méprisais la haine et les chansons sans feudu cimetière ombreux où sont couchés les miensje saignais comme un fruitj’avançaispour t’éveiller au monde au fruit de l’espérancepour t’éveiller au monde au fruit de l’espérancepour te sauver du chanvre tristeet sans passiondes ongles de la nuit marâtrepour instaurerta joiesur toute terre humaine où l’homme est un drapeauqui triomphe de l’ombresous la mue des étoiles*j’étais face à la nuit l’éclatle juste éclat de vivre une ivresse à ma taillej’habitais l’espérance et craignais pour ma viej’habitais un printemps fou de lumière adulteet j’avançais sur terremalgré les corps brisés par l’âgerongés de lèprebrûlés de songemalgré les yeux vaincus par l’ombre et le silenceles jours blessés de honte où l’homme sur de peurles noces noiresdes oiseaux dans la bouedes crapauds dans l’azurla vie moisie dessous la pierrela grande pierre d’ombre où se défont les astressous le poids du chagrin qui nourrit le despotele maitre au ciel dément qui exploitait mon sangmais j’avançaisvers mon visagej’armais la pierre humaine où saignait la lumièrej’armais de sensla fleur de notre enfance au pouvoir de printempsles rues de la candeur détruiteles aigles de mon sang violentla peine hirsuteles ruches du travail fertilej’étais face à la nuit l’éclatet maintenantje règneje parledu temps où nous aurons le tempsd’être chair et lumière en la moisson des joursplantés dans la rumeur de vivresiècle d’azur limpide où nous pourrons chanterface à la nuitl’éclatje parleivres les yeux sauront se nourrir de merveilleset plus ivres nos mains dans la joie de connaitreles marques de l’amour qui rêve entre nos brasce qui viendra demain reconnaitre en nos dansesles gestes de l’ancêtre aux larmes de sel noirje parlede houle fraichede foule ardentedu sang violentqui s’exprime en révolte et secoue dans les ruesle vieil ordre infernal qui trébuche en l’auroreoù le peuple descend changer le cours des choseshissantcomme un drapeausa viesa plus haute espéranceje parleje suis face à la nuit l’éclat.43 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ils se sont mis en têtede ruiner nos vergers nos chansons et nos rêvesde nous voler notre âmede nous briserdouceur confiance et corps vivantde nous menerdu temps vivant de notre forceà l’âge obscuroù l’homme rampe sous la terreau tempsde la matraqueau livre que l’on brûleau camp que leur secret dessinede la matraqueà la mort lenteils se sont mis en têtede mettre au pasnos frères les meilleurs la fleur et la moissonils se sont attaqués aux lois fondamentalesl’oiseau fuyant l’azur se cache sous la terrele poisson fuit la merje vole empli de mort avec l’oiseau stérileet meurt avec la fleur qui répétait l’enfancechaque regarde blesse un visageaffole une conscience où meurt lumière en deuilun peu de nous qui passedans le coeur des roseschaque geste s’imprime en plaie de honte nainesur tout visage qui s’éveillechaque jour est douleur dans la sueur de vivreils se sont attaqués au bleu de notre enfanceau fleuvequi ouvre en nous la merau sangqui harcèle nos pentesau jourau destin de la fleur de l’oiseau du reptileau long combat de l’homme en quête de soi mêmeils se sont attaqués au feu puissant de vivreau chant de la lumière altièreoù l’homme parle et se résumeen acte simplefacile à vivreen acte humainpour répondre à la suie à la haine au malheurpour maitriser les lois de meurtre et de sanieet pour sauvertoute joie mise au clairl’amourqui nous annonce humainsau plus gris du silenceet nous enseigne à vivre au plus haut du rempart44 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*et sont venus les prédateursdes grottes de la mortla nuit sortait griffuegriffuepour estropier mon coeur pour ruiner ma lumièrepour faire de mes yeux des trous de mort totalepour briser ma jeunesse à l’heure des chansonspour brûler la moissons dans la blondeur de vivreet pour ternir dans un éclairles perles de nos yeux aux vitres de l’enfancela nuit sortait griffue gonflée de mort stérilegonfléedes songes de la pierredes ronces de la hainedes plaies de la laideurdes danses de la faimse sont nourris de moi du suc de mes vertèbresles défaites de l’ombre et les vergers du maitreles rues sans espérance et les palais du crimele temps mortelles nainsles hypocritesles pharisiens rongés de lèpreles comploteursles exploiteurs du sang martyrles bureaucratesqui ornent leur maison des insignes du peuplese sont nourris de moi du suc de mes vertèbresles monstres à figure humainedont le métierle seul métierest d’encombrer la vie des gensde tristes ritournellesô source noireoù nous avons pleuré nos larmes d’impuissancecontre un néant confus d’argent et de prébendedans l’absence de vivre un temps à notre taillejusticeterre au soleil en armesoù l’homme se construit s’éduque et se prolongemalgré l’hiver sans espérancequi neige sur ses mains d’esclave et tue le chantqui enfante l’enfance dans la joie du beau tempsô source noirej’ai vu les gestes nus des hommes sans lumièremimer l’amour de luirela joie de l'astrela peur de vivrela honte et le chagrinmimer la vie le miel de vivrepourrir le feu de l’espérancepourrirtoute conscience vraiedescendre dans la honte au plus bas de la cavedescendre dans la haine au plus bas du silencedescendre dans la boue au plus bas de soi mêmese sont nourris de moi vaincu par l’âge atroceles faiseurs de miraclesles faiseurs de mystèresles marchands d’indulgenceles religions barbaresles exploiteurs du sangles constructeurs du vide dans le coeur humainmes copains mes enfantsles fourmis de la terre et les oiseaux du cielse sont nourris de moi les êtres que j’aimaisles nuits mélancoliquesles larmes sans raisonles larmes sans réponseles impasses de l’ombrese sont nourris de moi du suc de mes vertèbresles vautoursles chacalsla faimla morttoutes les autres peursje fus la proiedes prédateursdes fousdes imbécilesje fus la proiedes comploteursse sont nourris de moi les arbres sans racinesles choses de la nuit au masque de tendressetoutes les armes du malheur sur terrel’espoir hirsutele manque d’airle froid de vivreles oiseaux sans refuge et le cachot sinistrel’homme traqué par la verminela vie traqué par les orduresle sang traqué par les blessuresl’enfant traqué par les fantômesje fus le peupleun arbre sous la pluie la glace et les cancersun arbre qui promet des fleurs et des oiseauxje fus le peupleaux longues cicatricesaux légendes multiplesje porte dans ma chair la souffrance et la joieje porte dans mon coeur la peine et l’espéranceje suisce qui avanceface au malheur qui ferme l’hommeau ciel vivantà la lumièreà la splendeur du mondej’exigeau nom de tous la joie des rossignolscrevant la nuit de leur stridencemême l’horreur a ses limiteset l’amour seul est sans frontièrej’exigeterre interdite à notre ivresseau nom de tousjusticeau cri qui saigne deans la caveau feu qui veille sous la cendrejusticeà notre enfance éteinte par un souffle étrangeau jour glacé d’horreur au ciel étroit qui rêvejusticela nuit souffre d’étoilesah plus de subterfugesje ne me conte plus d’histoiresj’avancechaque pas de mon jour me porte vers ma sourceet chaque geste de ma danseéveille dans ma fibre en sangle beau visagequi fut la proie des prédateursdes hommes sans visage à vivrej’avancechaque pas de mon sang me porte vers moi mêmeet que m’importe votre orgueilje me ramasseet me construis de fête en fêteselon l’herbe et le temps où nous sommes passésselon l’âge et l’insulte où nous avons pleuréselon l’heure et le lieu où nous sommes tombésblesséspar un regarde de hainemorduspar un silencetrahispar un couteau de mortmarquésau ferj’invente l’herbe et sa fraicheurle rythme de mes dansespour la légende morte en ma journée de plombpour mon enfance adultequi tueles vendangeurs de rêvespour la neige qui s’ouvre aux grâces du printempsah plus de subterfugesplus de berceuseplus ce poids du passé qui ligote nos veinesplus d’esclave en chemin vers la mort de coutumeplus d’apatride au coeur brûlé par une étoile en fuiteplus de joie trolodyte aux larmes sans réponsemais partout sur la terre un homme un beau visagemaitre à jamais serein de sa plus haute image45 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------J’écrisl’oiseaule nid et la caverneet dans l’hiver les amandiers en fleursla source de l’angoisse où nous cessons de vivrela peur du lendemain qui nous encercle en foulela mort casquée de fer portant la croix lugubrej’écrisvers où donner du coeur à l’haure où la potencebrave le songe humain d’être un verger en armesdouceur sur la hauteur et bras pris de travailbeau songe humain de se vouloirargileauroreprincipe et chanson pure en la maison du pauvrescience et poème en feu au coeur de la jeunessesaisons nues de lumière où notre main déchiretoute aveugle frontière où l’on masque le jourj’écris le jeuoù nous perdons nos illusions nos vicesnotre erreur sur autrui où s’éclaire un visagequi se fait un chemin dans nos fibres de lainele jeu où nous perdons notre haine de l’autreet notre orgueil de nains fous de mystère atrocecroyance au subterfugeoù vivre est un miracletant le mépris est dur qui nous écrase en vainà l’heure où l’on entend monterla lave et les squelettesj’écrisle jeu de notre enfance adulte et sans vertigele jeu fidèle au moissonneur limpidele jeu tragique où nous gagnonsle temps de la lumière où nous gagnonsle temps de la lumière espièglela joied’ être un espoir lucideà l’heure où tant de nuit s’amasse à la fenêtreque perdre son chemin sous terredevient la loiah pouvoir nous souriresans nous mentir sur notre chanceah pouvoir nous sourirepour le plaisir d’ être sur terreun chant protestataire et beau comme une vignepour le plaisir de nous connaitrehumainsbonté conquise au jour le jourpour le plaisir de nous comprendreenfance adultelumière exacteconscence juste46 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écrisle dernier jeumourirde neige hirustede pierre sourdede sable atrocede nuit brutalede boue infectede jour infirmemourirnocturne comme l’homme au feu d’ étoile en fuitemourirde voir ses mains pourrir masturber les crapulesse changer en reptilestromper l’ enfance frêle et trahir tous les âgesmourir d’ être un soleil en ruined’être un siècle de hained’être un verger en geôled’être un visage en margemourirde ne pas êtremourir de rienterreur ouverte au front du jourjardins brûlés dans la grisaillesquelette en feu sous la torturerouille du sang martyr haine et chanson obscureronces de nuit fatale ombre et science du crimeorgueil infirmedébris de guerrehommes vaincusque faites vous sur mon cheminque faites vous dans ma ruelleque faites vous en ma mémoireje ne veux pas de vousautour de moidedans ma vieen moije veuxun chant de source pour ma soifun jour possible à tous les rêvesun monde clair pour mon visageje veuxun chant de source pour ma soifun jour possible à tous les rêvesun monde clair pour mon visageje veuxma joie vivanteje veuxmon temps secret de grandes avalanches47 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*mourirdans la blanche amitié des roses de l’automnedans l’ espérance nue au chant de chrysanthèmesmourirdans un cachot de glacesur la place publiquesous les insultes de la foulemourirà l’ heure où le soleil se lève pour les autresà l’ heure où le soleil s’écorche à l’ horizonet saigne dans les yeux de l’ être sans espoirmourir dans un pays surpris de mort violentele corps troué de nuit dans un fossé putridemourirdans la grisaille atroce où le vent s‘ épouvantesans marquer de soi même un seul visage humainsans butsans nul visage à vivremourir dans la dernière aubergela nuitdu désespoirmouriren marche de sa propre histoirecouchésur des cadavres de printempsvêtu d’orgueil et d’insolencemourirsource étrangléequi pleure dans le noir son ambition de fleuvemourirtraqué de nuittraqué de mortdéchude son visageloin de soi même et de son lieu de neige doucedans un égoût de honte où les rats font la loiaux hommes vrais et bonsmourirbloqué dans un tunnel de hainele coeur glacé de nuitconscience morte face au crimeferméà toute image humaine où perle une espérancevaincutrahi par tous et sans enfanceface aux ruines du temps de laideur et de fangequi plonge en nous sa nuit et sa racine en feumourirparqué parmi les fous dans la démence atrocequi erre dans la ville aux fenêtres éteinteset changele nom des ruesmourirsans avoir eu la moindre chancesans avoir eu le moindre espoirprivé d’amourprivé de joiesans avoir rien compris au geste noir de vivremourir jouet du vent et des nuagesjouet du feu et des étoilesjouetdes solitudesjouetdes multitudesjouetdes altitudesmourir sans patrie intérieuresans visage pour vivre48 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*ciel noirjardins blessés d’amourmangés de faimsgardés de brume aveugleciel noirespoir et main en ruine antre masque d’énigmedouleur des pauvres gens à la langue déserteen nousla peur qui rampe sous la terrele froid des steppes intérieuresparle taudis la faim la boue de ses insulteset l’ordure en suspens prête à choir en ce tempsoù l’on pourrait mourirciel noirnous ramassons les trigas de nos tenteset nous quittons ce temps où nous n’avons de placeque pour brûler la terredu poids de nos chagrinsdu poids de notre errance entre suicide et meurtreneige esclavage et roncehors de la pierre en feu somme d’éclairs en fuitehors de la nuit rouillée qui pèse en nous sa mortles chances du printemps qui nous aveugle et fuiterrancevisages d’ombre et d’innocenceciel noirdernier souffle de l’ange au bas de la muraillel’impasse oublie son nom ordure humide et noirecreuse la nuit mon frère et sarcle ta jeunessela mort exulte en notre ivresse et nous dénonceô suiesur mon visage hiruste et blèmeune ombre passele vent se charge de paroleset ton langage est de lumièreô frère à la douleur tranchantemémoire en lavetes cris n’ont pas de lendemainsni ton espoirqui cerne mon ciel noirô suiesur mon visage hiruste et blèmeune ombre passeciel noirnuit sur ma peau brûlée face au miroir brouillénuit dans mes yeux crevés et nuit sur mon visagenuit de peur sans raison au regard de ciel noirnuit de neige et d’oublitombée du ciel absentnuit solitairenuit militairenuit de courage en sangen peine d’astrenuit de torture infecte où l’homme se dégradenuit de soldat blessé sous un ciel d’épouvantenuit de chômeur errant sur le trottoir d’autruinuit casquée de terreur aux gestes sans réponsenuit de dernier supplice au sourire implacableO nuit coupable et vaine où pleure un innocent*ciel noirles hommes se sont tus dans la pierre de pierreet nous ne savons plus face au pouvoir des nainsque faire de nos mains qui ne sont plus nos mainsmais ces outils rompusparqués dans le désert d’oubliqui heurte en notre sang fertileun lieu de neige douce et de verdure humaineet brûle en la mémoire en peinela joie crépuequi dansait libre sur la placegrande espérance en crue qui surmontait nos fêtesje me souviens et me questionnede mon âge de pierre à mon cri dans la pierreà mon dernier souriredans la nuit du salpêtrede mon jour apatride à ma plus douce allianceavec l’ herbe et le temps où se défont les mainsde mon besoin d’aimer ce qui se nomme humainau déclin de ma force sous le poids de l’âgeje me souviens et me questionnede mon spectre traqué à ma stable innocencede ma statue de pierre au vieux songe charnelqui pourrit mon squelette de sa fièvre noirede mon travail gonflé de semaille et de pluiede neige et de silence aux vertes certitudesà ma rigide angoisse aux cils de chanvre noirj’écris ciel noirciel noirnuit de martyre et d’herbe jauneses boiements de chiens mangés par l’horizonses avions en partance et sa clarté spectraleses rues où traine encore un ivrogne en voyagedans un cri d’ambulancehaine honte remords printemps souillés de boueun crime dans les yeux comme une aube mauvaiseah le fleuve de lave où la conscience exploseau coeur de votre boue malsaine et sans pudeurô bourgeois sans lumière enfermés dans la caveoù vous mangez ma chair et ma force en délire49 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*je marchais dans la nuitparmi les puanteurs des joursvécus dans le sommeil et la mauvaise haleinedes hommes endormis dans l’oubli de leur nomdes hommes ravagés de fatigue et d’insultesje marchais dans la nuitportantma nuit secrêtemon peu de jourcomme une plaiecomme un dernier courageje rencontrais des fousdes nainsdes mains griffuesdes yeux obliquesdes chiensdes loups atrocesj’avais pour seul espoir un coin de ciel humainquelque image d’enfanceje marchais dans la nuit devenue terre mienneet je songeais au jour qui laverait nos mainsles mainsde tous les hommes nustrompéspar la couleur absentedes forête de l’enfanceet de l’espoir planté au coeur des pauvres gensla nuit où je marchais était putride et noirecomme la nuitdes hommes sans mircaledes hommes sans sommeildes gens sans éspéranceje trébuchais sur des cadavresje déchirais le froid de vivrele gel qui ploquait les matinset fermait la fontainenous nous chauffions au même feudans le brasier humain que l’espoir inventaitet nous chantionset nous chantionset nous chantionsah quel silence germe en noussilencedu vieux malheur qui se résigneà n’être plus que pierre d’ombresilencedes jardins sans lumière où l’homme est sacagémourant sur les plages désertesoù j’ai peur de fleurir dans un chant véridiquesilenceoubli du tempsdes grandes lassitudesdes pouxdes chars et des canons des loques et des ruinesoubli du tempsoù nous étions silenceet nous chantionsquand le peuple insurgé chantait à perdre sangpour gagner sa lumière et rejoindre les hommeset nous chantons encorecontre quiconque tentede nous fermer les yeuxde pourrir nos visagesde déformer nos rêvesde nous priver de vivreau grand soleil humain qui nargue les laideurset nous chantonspour ne pas perdre nos chemins de pure enfanceface à la nuit de mortqui se dresse entre nous et notre accés au mondeet notre espoir communrendre visage à l’hommerendre lumière aux yeuxrendre au bonheur de vivre une maison paisiblene pas nous rendre à la vermineresterdeboutmalgré tous les fantômesmalgré toutes les ruinesici le peupleici le chant des moissonneursle chant de tous les travailleurs du mondele chant de la lumièrela ruche en plein travailici le peuplel’abri de tous les opprimésle feu de tous les insurgésl’espoir qui déconcerte les faiseurs de haineici commence un nouveau rêveun ancien rêve50 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écris la nuit qui vaque à sa besogne louchenuit de l’absence amère où pleure un orphelinnuit trove du chagrin où ma jeunesse est morteétranglée par la peur qui me glaçait le sangdans la pierre confuse où je fus sans visagenuit de terre étrangèrenuit de fleur vulnérableardeur brisée au flanc du journuit de promesse en fleur et de serment limpideoù l’on engagedemain pesant de joie terrestredemain luisant au large au vivre sans frontièregrande nuit de l’amour que prolonge une aurorenuit de sang prolétaire écharde au coeur blesséoù surgit dans la poudre un éclair de consciencenuit de mort colonialeô vieille nuit d’esclaveque l’on répand partout en cendre sur le peupleô vieille nuit d’esclave aux chevilles en sangregard opaque et morne où se tait notre étoilenuit de saccage atroce où l’on brûle le livrenuit de statue brissé par main de crime tristenuit de peuple envahi par un monstre nocturnenuit des rues en délire où la raison s’effaceô nuit des opprimés tassés sous leur fardeauô nuit des insurgés heureux dans leur ivresseô nuit venue vers moi portant lumière au frontje vous conjugue en un seul verbed’herbe concrête et de fraicheuroù mon frère en chemin accoste un jour meilleur 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