Cher Monsieur,un grand bonjour tenace comme l'olivier de tous les coins du monde où la paix n'est pas un leurre mais un fruit de chair d'os et de sang vivant qui veille dans la vie de tous et parle d'être - A vous , la quatrième partie de " Sous peine de mort " j'ai perdu beaucoup detemps à corriger la dactylographie du texte et ne puis taire une certaine anxiété à l'idée quequelque faute de frappe n'ai échappé à ce que j'appelle du nom pompeux de vigilance.Je vous dis bon courage dans l'attente des deux autres parties de ce recueil.Merci d'avance de ce que vous faites pour m'extirper de ma gangue d'oubli,du complotde silence que l'on organisa autour de ma parole -Je vous dis A bientôt .messaour boulanouar -51 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*en nousau creux de l’êtreen nousblessés de vivreen nousle froid la peur les ongles de la haineles oiseaux de la nuit l’eau stagnante des rêvesl’amour vaincu de neige absurdele temps ruiné par les crapulesle ciel avare l’astre en fuiteen nousmartyrsmangés d’oubli et d’herbe sècherongés de lèpre et de mensongeen proie au douteau vent qui hurle en la mémoireau jour maladeen nousboueuxbrulés de givre et de feu tristemarquésde troubles tentations de mort et de ciel noirde mêmes peurs en fuite vers la même sourceoù luit le chant humain de notre juste espoirqui portela même pierre au coula même meulela même empreinte d’ombre et de mystère aveugleen nousrangés au pied du mur face au fusil du maitrebercésdu même songe aveugleoù sont passésnos frères pris de froid dans la cendre de l’aubeen nousau plus bas de l’horreur où l’ange pleured’être un morceau de lèpre aux portes des tyransd’être une âme en danger masquée de nuit cruelleen nousivres de vivre au flanc du siècle en croixles ronces de la nuit qui râleet l’âme froide en croixqui embrasse un fantôme au seuil blanc de l’exil*en nousvergers brûlés terreur où nul ne passedésastre au front de suie terre usurpée de nainssurpris de nuit démenterefus clair de mourir dans la brume étrangèrepeur de morir en margehors de la vigne clairequi naitra de nos mainsen nousla soif hiruste et blêmele sable dans la gorge et la haine en partagedouleur d’être une pierre mortel’étoilenous reste à vivreau jouroù la mer ne vient pluschanter jeunesse sur nos plages*fleur pétriffiéele direen nous est sans parolele dire est une larme en nous glacés d’effroila nuit reste la nuit qui neige en la mémoireet l’oiseau tait le chant qui annonce l’espoir*pourtant frileuse en nous la branche de l'espoirest froidele râleest un éclair de sang qui nous prononce libreshumainsfaibles fourmis menacés d’ombre et de vertigealors que nous marchonsvers notre joie de neigelà basoù règne sur la terreenfinl’amour qui nous annoncechanson d’étoile libre au plus secret des roses52 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*juste une étoilejuste un sourirejuste une fleur dans le printempsun oiseau clairet l’aube éveille en nous sa roseet nous montonsfrontière au coeur mangé de nuit et de lumièresiècle triste au ciel noir en proie à l’espérancepatience face au froid des êtres sans courageet nous dansons dans notre vignenous disons notre force à l’herbeau ciel étroità la nuit bleue de cendre où patauge un soldatnous disons notre amour aux lèvres printanièresau bruit de l’aube exacte qui réveille en nousles gestes de la danse et les branches d’air purqui vont fleurir demain sous les astres en joiejuste une étoilejuste un sourirejuste une fleur dans la mémoireet nous cessonsd’être la proie des chiens de la démence atroced’être poussière et cendre et lumière enferméedans les cages de givre où les nains font la loiaux aigles roux des altitudesjuste une étoileet nous cessons d’être de l’ombreet nous sortons de nos coquilleset nous chantonsla neige en fête au grand vertigesoleilla danse allègre et ses méandreset le printemps où l’on se parle d’herbe tendremalgréles spectres du mystèreles neiges de l’absence et le baiser du traitreles yeux de l’orphelin qui ne sait plus pleurerles bars gorgés de noctambulesla fin de mois honteuseles burnous déchirés par les chiens du malheuret nous chantonsminuit qui se révolte à tous les coins du mondeoù l’on se prendà croireaux merveilles de vivreà toutes les promessesque nous font les oiseaux*juste une étoilejuste un sourireet tous les liens de mort de défont sous nos pas53 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------là basentre l’ocre et l’azur il est un lieu de neigeoù mon enfance en crue inventait des prodigeset chantait dans la pierrelà basoù nous étionscri de sève et de sangun cri de candeur nue qui cravachait les ombreslà basau creux du jourdans le sang des oiseaux crucifiés de ciel noirsous la houle endeuillée des astres pris de peurun homme triste veille et chante sous la cendrele temps d’aimerce temps qui ne vient pas encorese dire dans les yeux des hommes pris de haineexploités de nuit fauvesurpris de neige impuretonduslassés d’horreur vécuesans verbe à diresans geste et sans parole et sans autre espéranceque pain du jour et pauvre joie mortelle à vivrequand passe le troupeau des gens bleu de fatiguelà basdans la grisaille atroceun homme veilleet pourrait luire humain au front de notre espoirface aux gestes de nains qui font de son visageun criun vaste éclair de sang qui défait le silenceun homme veilleet l’oiseau fait son nid dans sa main fraternelleet sa lumière oriente l’ombreet nous ouvre au soleil et ronge l’herbe noirequi ferme nos chemins de pierre et de vengeanceet nous laisse sans terre et sans patrie humainebloquésdans un hiver hirustequi nous cache à jamais dans la nuit du chagrinnos yeux de vigilence astraleun homme veille triste et chante sous la cendrele temps d’être un visage au pouvoir de printemps54 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’ai vula neige moribondedevenir de la boueet le soleilmourir de grande mort sinistreau bas du ciel sanglantj’ai vuun ange dans la nuitprolonger sa candeurmais au réveilmon ange était boueux et tristeet mon soleildu sang humain versé pour riendepuisje ne crois plus à la candeur des angeset j’ai horreur du sang qui se mèle à la bouealorsà mon rencontre sont venus les chiens les haineset je connus les saisons dures54 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------chante chante cascade un homme au chemin clairprend à témoin la vie et roule fleuve en cruearbre fleur et racine aux saveurs de printempschante chante cascade au creux de mon enfanceautour de nousla viecommence come un rirepreuve pure où la loi est une horloge simplequi mesure un bonheur au bruit de toute peineet fleurit un silence au lieu de toute gloirechante chante cascade un homme au chemin clairrecommence à comprendrenotre immense amertumeet notre hainede toute injure faite à l’hommeun homme est parmi nous désormais notre frèrecomme un matin de feuqui approche sur terre à sa place au jour blancet parmi nousse lèvepour reprocher au monde aveugle et silencieuxson oubli de la chairmeurtrierongéeblesséebrimée de mortsans feu sans pain sans rireperduetrompée dans son espoirrouéede mort cruelle et bleuepourriede sale guerrede honte ignoble et de raison maladechante chante cascade au creux de mon enfanceun homme au chamin clair pénètre en ma maison56 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------pouvoir un joursortir de l’ombre et de la pierrerenaitreau bruit de l’eau au chant de la cascadeau songe du feuillage à la fraicheur de vivrenourir mon chantma vie entièrede la douceur de l’astre et de tes yeux mon frèregrandirarbre au soleil parfait aux branches éloquanteset garder dans mes yeux troublés de nuit maladeles fleurs et les oiseauxles neiges de l’enfance et le pouvoir de l’herbeet retourner au monde de la chair qui saignedans nos étroites rues de pierre et d’épouvantele coeur nouveau*un rien me brouille avec le mondeun rien me tuemais je reste de pierreparmi les catastrophes où je perds mon chemin*le jour où nous mourrons nous aurons le regretd’être passés prés de la sourcesans boire de son eau dans la paume des mainsnous aurons ce regret de nous être endormissans voir le joursurprendre dans nos yeux la merveille de vivrecar nous mourronsde mort humainede mort sereinede mortplus juste que le vivre des monstres de ce tempsoù la médailleest signe d’infâmiesecrêtemais nous aurons gagnégagné notre plus haute imagechoisir sa viechoisir sa mortgagner*le temps viendraoù nous serons la fleur éclosela mer vivantela forêt clairele temps viendraoù nul homme sur terre ne pourra direj’ai malde ne pas vivre à ma mesurej’ai mal de ne pouvoir parler de fleur éclosede mer vivantede soleil simplej’ai mal de ne pouvoir chanter la vie que j’aimel’espoir en actedemain qui montej’ai mal du cri et du silencece temps viendralibre à vous de ne croire que vos mornes chimèresce temps viendraà vous de proclamer son règneà vous de mettre en oeuvre ce nouveau langageà vousce temps que nous rêvonsdepuis le premier cri de l’âge*un crimedans la blancheur du jour à l’heure du silenceun crimeà l’heure claire des cigalesun crimedans un monde inhumain à l’herbe sans chemindans un cachot sinistre à l’heure des torturesminuit en reste à jamais noir de honteà jamais noir et sans étoilesun crimeen plein coeur de l’étéà l’heure blonde des moissonsles moissonneurs ont fuit leur faucille à la mainet derrière euxle blé brûlait dans la fumée d’un ordre aveugleun crimeà l’heure grisedes représaillesdans un printemps fou de s’aimer dans la verduredans un printemps fou de lui mêmeun crime par un soir sanglantsanglant et tristeun soirviolent et beau comme la vieun crimedans la douceur d’un vaste automnela vigne était en larmesun crimeaux yeux de l’enfant gravequi n’a plus de regardpour la fausse innocence des jardins de l’hommeun crimeon a commis un crimeet nul ne s’est lancé au travers de la hontequi lui mangeait les yeux le coeurla bouche et la parole58 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*mon pays est partout où l’homme se redressepour dire nonau malheur quotidienpour dire nonaux ruses de la haineaux chances que la nuit espèretrouver dans notre viemon pays est partoutoù l’on refused’être une pierre face au crimeoù l’on refuse de mourir pour rienmon pays est partoutoù l’on refuse de courber l’échinepour passer sous le joug des sinistres crapulesde ceuxqui vivent de la hontedont on écrase l’hommede ceuxqui n’ont plus rien à fairesinon durerpour que dure leur règnepour que dure leur crimepour que dure la haineleur règne sur les autresles autresceuxdont la lumière est étrangléeau coin de chaque rueceuxdont la peau est trouéeceuxdont le songe humilié est sans cesse détruitceuxqui sont toujours en margemais qui sauront trouver leur chance sur la terrepour en tirermerveille sur merveille et merveille de printempsmon pays est partout où la mort ne prend pasmon pays est immense il agrandit le mondeet toutes les raisons de vivreet toutes les raisons de transformer les junglesen maisons habitablesmon pays est partout un refuge chemin de soleilpour qui cherche à survivre au vieux pouvoir des nainsdes hommes sans raisondes hommes sans espoircontre la nuit des assassinsgradésbridésbardés de vieux méprisbrodéset chamarréssans nulle autre espérance que le sang des hommessans espérance que la guerrela mort en fleur de suieles assassins de toute taille les fauteurs de troublesla joie des fousles ennemis de tous les hommesmon pays est partout comme un drapeau nouveauportant lumièreà tous les opprimésles accablésles insurgésmon pays est partout portant lumière au mondedrapeau nouveaulumière sans frontièreclarté qui nous habite et nous porte sans cesseau plus haut de nous mêmeau plus profond des peurs des mornes lassitudesmon pays est en moi comme un refain nouveaucomme une danse clairecomme une fête antiquesoleil humain gravé au coeur de tous les pauvresmon pays est en vousson ciel et ses rivagesson sable et ses chansons sa lumière et sa voiesont en vousvous les nommezjusticevous les nommezhonneur travail chanson de joievous les nommezde tous les noms que vous aimezmon pays vous traverseaux heures de fatigue étrangemon pays vous traverseaux heures d’espérancemon pays reste humainlisez son nomsur tous les murs où la jeunesse nuechante la joie du mondelisez son nomquand le peuple descend dans les rues de la villequand la terre secoue ses moissons de tristesselisez son nomquand se serrer la main ne fait plus mal au coeurquand se donner la main multiplie nos couleursse multiplie sous terrequand la grève aboutit au chant des travailleursde tous les travailleurs du mondelisezchantez son nomdécouvrez mon pays à tous les coins du mondeun jourvous saurez dire avec justessele poids humain de votre gloireun jourvous apprendrez mon jour et ma chanson présentecar je veille à l'air librepour vousqui savez luirecar je suis prés de vousmalgré l’espaceet ce temps de bonheur qui ne vient pas encorepuisque la nuitleur nuit nous ferme au jour qui chantenaissant de votre vieux couragecar nous veillons ensemblechacundans son printempschacundans sa saisonchacundans son paysqui est toujours le mien59 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------longue nuit dans mes yeux privés de leurs étoileslongue nuit dans mes yeux privés de toute enfanceminuit m’écrase atroce et mon coeur désapprendl’amour vaste et serein où grandissait ma forcelongue plaie en vos mains privées de vos orangeslongue plaie dans ma chair ô chilis qu’on égorgeprintemps que le malheur exilehors de son lieuvers la brume étrangère et le mensonge en gloirele couteau dans la gorge et la nuit aux racinesj’écristorture infecte où se dégrade l’hommece beau chasseur de perlesj'écrisminuit qui se prolonge en nous ses roses noireslongue nuit que l' amour au jour de notre jour fertilequi dresse ses maisons et pousse ses récoltespuis s’amasse pour vivre face au maitre ancienqui change et multiplie ses ruseset nous ennuiede ses manies cruelleslongue nuit en vos yeux privés de vos légendesrongésde lépre absurdemartyrslivrés aux croix de tous les nomslune pâle où je meurs d’outrages sans pardoncomme on mue de tristessecomme on change de voix dans la perte brutaled’un visage innocent que l'on aime à mourirlongue nuit mon amour nous changeons de maisonnous changeons de saisonnous changeons de raisoncomme on change d’amour et de raisons de vivrecomme on change d’étoile au soir gris de la vielongue nuit dans vos yeux qui mourez étrangersloin du ciel qui vous aime et des vergers hautainsoù vous avez grandisô mes arbres brûlésamis barques en mer perdues loin de mon songeje suis votre rivage en ce temps sans rivageje vous offre mon coeur je vous donne mes mainsje vous ouvre ma porte et je pleure avec vousles oliviers spoliés le miel des jours et les orangesnous partageonsle lourd fardeau de nuit que vous portez au coeurnous partageonsl’horreur et la fatigue d'êtreet la chanson d’amour qui vous mène au soleilet je vous disen clairen doux langageen science purene croyez pas à l’ombrene croyez pas aux propagandesau crimequi nous cerne parfois de son herbe mauvaisequi tente de ternir en nous l’amour possibleternir nos yeuxles perles vives de nos yeuxne croyez pas les monstres de ce jour aveuglemais croyez en leur morttant quedes hommes resteront couchésau creux des peurset des mauvais sentiers où l’homme perd son nomet des rues sans mémoire au vivre sans lumièretant que des fous casqué de mortchanteront notre honte flanc du siècle atrocenous veilleronstant que des fous vêtus de haineinsulteront notre être et nos gestes d’enfancebrûlant nos blés et nos racinespour instaurer de nuit leur fausse vie sur terrenous veillerons ensemble en toutes les contréesnous lutteronspour toutes nos raisons de vivredans notre place et lieu sous notre humain soleilplus d’esclave en chemin et de jour troglodyteplus d’apatride au coeur mangé de joie spoliéemais sur toute la terreun hommeun beau visagemaitre à jamais serein de sa plus haute image60 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------grand vent et bruit de vague à l’agonie du jourô nuit torve et glacéedouleur sans sépulturejournée de faim branchée sur un espoir en fuiteamour pris de douleur en son plus haut voltagegrand vent et bruit de vague à l’agonie du jourun peuple pleure en vain entre les mains du crimeje pleure une aube morte aux confins de l'espoiraux confins de l' horreurdans un désert de pierreje pleure en la nuit froide où la chair se déchireau gel dément qui pleut sur nos maisons d’argileje pleure un jour perdu dans une brume infectedans une ville étrange aux rues fermées de neigedans une impasse odieuseenfance au ciel chagrinneige au printemps martyr ô rue barrée de mortenfance vieille enfance aube au secret langagehorreur de toute haine où nos yeux sont blessésenfance vieille enfance où je glane en passantl’espoir rongé de rouillel’étoile rouge au front frappé par la matraquevisageoù pleure un moi étrangepeut être un ancien moi qui me remonte au coeursouffrir de peurde nuitde haine et de révoltesouffrir d’être la plaie qui nourrit les vautoursl’amour qui se peuple de roncesl’oublide sa propre lumièresouffrir d’être un visage où pleure un autre moisous l’écorce de hontelà basoù je pleure en silencecomme une vague au loin peut se taire à jamais*grand vent et bruitde vague à l’agonie du jourun peuple âgé de pyramidesoublie le chant de son enfance et tue son fleuveoublie toute altitude et meurt pris dans la bouetroque la viela joiecontre la mort de ses momiesô jour de peine obscureô deuilun peuple oublie son jour ancien et s’abandonneentre les mains du traitre qui ordonneau chantd’être silence et pierreau tempsd’être honte et tortureau siècled’être cendre et malheurau sangd’être ordure et douleurun traitre qui ordonne au peupled’être au bazarsa marchandiseet place son portrait de singedans la maison et dans l’usinedans la prison et sur la placeenfance vieille enfance un peuple pleure en nousson fleuve qui sommeille et son astre en prisongrand vent et bruit de vague à l’agonie du jourailleursun autre peuplesaigne et se bat parmi sa vigne et ses orangesun autre peuplegarde son arme et son courageet tue le crime ouvert dans sa maison de pauvrela nuit nazie plantée dans ses jardins rouilléscomme on tue un reptileun peuple éveille son enfanceun peuple éveilleson grave ancêtreun peuple égorge l’ombre et s’invente un refugeoù son enfance veille come un chant de sourceenfanceoù vivre est un sépulcreenfanceoù vivre est une auroreface à l’horreur nazie qui croupit sur sa terrel’horreur qui se lamente au pied du mur antiqueet garde sur les mains le sang de nos martyrsRome est debout bardée de feron brûle au jourla croix où l’homme est une aurore*grand vent et bruit de vague à l’agonie du jourailleursun autre peupleavanceau coeur du temps féroceet brûletoutes les croix où sa lumièretrembla de mort au dernier jourailleursailleurs encoregrand vent et bruit de vague à l’agonie du jourdes gens de peu des gens de riendes hommes sûrs de leurs visageque leur peuple a chanté devant la fuite ignobledes tyrans pris de mort dans le bruit de la fêteô chansons de lumièregrand vent et bruit de vague à l’agonie du jourune ile avanceune ile est libre de ses dansesde jour en jour un peuple explosede terre en terre un homme accède à son visagede rêve en rêveun jour invente un nouveau journous ne sommes plus seulsà direnotre lumière au mondenous ne sommes plus seulsun homme avance et nous vibronsau seul passage de son spectreun homme avancela nuit recule à son approche et nous chantonsgrand vent et bruit de vague à l’agonie du jourles damnés de la terre en proie aux exploiteursse sont mis en colèrepour un jour plus humain61 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------quel pays est le mien sinon ce grand villageoù mon pas sonne dans la nuitsur l’asphalte du temps dont la fureur me tuequel pays est le mien sinon ce grand villageoù je compte l’amour et la haine des hommesoù depuis soixante ans mon père ouvre le jouret rentre chaque soir avec des fruits aux mainset toujours un sourire comme un fruit de plusmasquant toute fatiguepar un chant que sa mère aimait comme la vieet depuis soixante ansà travers les hivers qui ont gercé son coeurà travers les saisons qui ont mûri ses joiesà travers les saisons les soucis et le songesmon père ouvre le jour dans ce village immenseoù je reçusles gifles de la pluie patiente de l’automnele vent comme une vagueet tous les dons de vivre et de mourir sur terrel’éclair de l’aube en croix et l’incendie des soirsoù le soleil s’égorge en vainma joietes yeux mon frère simple et quotidienet ta sueur fatigue et ton travail de sourcequi modèle les mains les arbres et les pierrestous les méandres de l’amour la soie des corpsoù je vécusd’aimer à perdre haleinedes yeux de houille vivedes yeux de songe et de verduredes yeux d’azur et de tendressedes yeux fous de merveilledes yeux que j’évoque parfoispour reposer mon coeur pris de fureur et d’ombreet des chansons où ma jeunessebattait la nuit en brêche et narguait leurs rempartsdressés pour notre honteau tempsdes yeux pourris par la défaiteet l’ordre infâme des fantômesje veux vivre et mourir dans ce village simpleoù je connaisles morts et les vivantsla joie de la cascade et des rues de l’enfancela neigeoù je doutais du froidles blés à l’heure des moissonsles forges du bonheur de vivrela vietoute la vieje veux vivre et mourir dans ce village simpleoù je connusles fleurs et les racinesla source claire où nous bûmes l’amourla source jaune où nous bûmes la hainele lieu de nuit stérile où nous fûmes blessésle lieu de jour fertile où nous fûmes guérisl’école où nous avons appris le port du masquel’égliseoù nous avons pour dire noncrachédans l’eau bénitele drapeau de la france où j’ai mouché mon nezd’épaisse morve vertela place où le kammés attendait dans la haineque le colonlui jette son salaire à terretous les cafés où l’on jouait aux dominosde l’aube au soirles barsoù j’ai apprisl’oubli de mon malheur sur terreles balsoù j’ai apprisà mépriser la joie des autres la joie du maitrel’étangoù j’ai appris à me connaitreétranger dans ma ville où j’ai appris la hainela vietoute la vieje veux vivre et mourir dans ce village simpleoù j’ai connutous les ivrognes du malheurde vivre sans comprendre leur aveugle ivresseles héros et les traitreset la joie sans mélange de nos justes matinsle long parfumde rouge chrysanthèmeoù j’ai connul’odeur de la prison civileoù nous fûmes parqués par la fureur du maitrel’odeur de la douceur en cageet les chansons du rouge espoir et l’espéranceplus hautes que torture et mortla vietoute la vieje veux vivre et mourir dans ce village simpleoù je connais la vie de tousdes pauvres et des richesdes hypocritesdes sages et des fous et des faiseurs de joiedes chanteurs de légende et des fauteurs de nuitdes porteurs de médaille et des porteurs d' étoilela viede tous les gensdes nostalgiques du vieil ordreet des porteurs de lendemainsaux fibres d’espérance et de printemps humaindans ce village où chaque pierre est un visagequi me parle en secret de sa légende obscuredans ce villageoù chaque porte est un regardchaque regard un monde où j’ai longtemps vécude la rencontre de mes songesoù je retrouve en gerbes de tendresse en croixen gerbes de jeunesse en peinela science justehantéepar les miragesmes amis dispersés constructeurs d’espérancesilence aux anecdotes gravessource bavarde et paradoxescolère justeintransigeante et durerires vivantsmes amis savaient rire au plus dur de la pierreje veux vivre et mourir dans ce village simpleoù j’ai appris à direles chansons de ma mère à séparer d’ensemblele bon grain de l’ivraieà reconnaitre un homme au premier geste simpledans ce villageoù j’erre avec ma pauvre lampeet ma tristesseparmi les ruines des visagesparmi les songes les oublisdans la nuit sans couleur qui travaille mon sangdans ce village où je connais déja parmi les miensla place de ma tombeet ma plus juste place au coeur de la jeunessequi monte luireavec l’espoir de tous les pauvrestrouver sa placeet graver son bonheur dans le bonheur de l'astrela vietoute la vie*dans la pierre un oiseau sous la terre un martyril gèle sur nos mains d’argileil gèle en ma mémoire et l'horreur prend racinesdans les yeux des enfants et dans la fleur du jourle soleil nous oubliel’herbe étouffe nos pasnotre espérance habite une aube morte au largelà bas dans notre sang au rythme de printempset la peur qui nous cerneporte un fardeau de ruinesj’ai peur d’être un nuage en ce minuit de pierreil neigeun feu stérileun feu de mort qui tue le chant et nous déchireon parleautour de nos futurs cadavreson fait du bruitle vent se tait sur nos dérivesun chien maudittraine une aube de soie dans un désert de ronceset nous saignonsun jour de faimnocturne à vivrefrayeur d’astre au lointain et deuil froid de la pierreoù nous blessons nos yeux face au crime du maitrequi règne sur nos corpset tuela joie des rossignols qui ont peur de se taire*demaindemain naitra au creux de l’astredans la pierre idole dans l’ombre un sépulcreun oiseau dans la main rend la joie fraternelleet nousd’échine courbe et de secret de perlesen mal de vivreun jour à notre propre taillenous tissons d’algue douce et de jeunesse en actedemain qui cède à notre forceet nous parlons sans fin de la lumière absentequi git dans notre sang et scande nos prodigesdemain viendraun grand soleil au coeurplus de nuage à vivre incertains de nos gestesplus de frontière d’ombre entre fleur et visageles loups iront mourir dans leur lointain passéet nous vivronsun jour à notre propre taille63 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écrisface au pouvoir des nainstristesse autour des yeux brûléstristesse dans les mains qui ne sont plus des mainsmais ces outils brisésperdushors de la nuit morosedans la rue sans couleur où la foule trépigneen proie au ciel amertristesse de ciel noir face au pouvoir des nainsl’enfance est de la boue la neige est de l’ordurel’espoir s’ouvre à la mort qui se dessine en nousla nuitvendange l’âme à tous les coins de la terreuret les rats font la loi aux hommes de lumièreça pueça pue la haine et la charogneet l’on se tait chacal au ventrecendre au visage et rue ferméeet l’on se tait face au miroir qui nous insulteet nous déformeil pleut sur nousô suie de l’arbitraire atroceil pleut sur nousun gel démenton souffre d’êtreune ombre en quête de lumièreon souffre d’être un arbre en proie au sable arided’être un lieu solitaire un coin de lande tristed’être un enfance morte au plus bas de l’horreurd’être un verger acarpeil pleut sur nous de la tristesseô nuit acide et bleue douleur sans espéranceje soufre d’être un lieu de mort et d’épouvanteface à l’aurore en deuil où sont entrés les mienslà bashors de l’humainhors de leur propre image*neige la mort sous les étoilesneige sur nous la peur de vivreneige la suie qui ruine l’âmeneige la crainte ouverte au lendemain plus âpreil neige en notre siècle la mortla ruine étrange d’êtreau seuil prudent de la bassessela peurd’être un visaged’être un espoir au soleil justed’être un miroir fidèle à l’aubed’être un oiseau hors de sa cageruines ruines de l’âme ô mensonge et décombresun homme ouvre les yeux au bruit de mon approcheet s’accroche à mon paset chantecomme une source graveet marche à ma hauteur de vigneet s’abrite en mes yeuxla porte s’ouvreet nous laissons mourir en leur secret d’épavesles hommes sans visage à vivreet sans réponse au temps qui ternit leur soleilet les bousculehors de la danse et de la chanced’être un chemin fou de racinesd’être un lieu de lumière où l’arbre fait le donde ses légions d’oiseauxface au pouvoir des nains au chant de prédateurs64 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écris la terreterre usurpée de nainsarbre au dire éloquentsoleil noir d’amertume où l’on perd la raisonlumièrebarrée de mort stridente oubli de soi moroseoù l’on se tait glacé de haine et de violencej’écris visage absent nuit de terre interditeciel brouillé de mensonge âme en vigne d’exilpeuple simple exploité de haine et de méprissouillé dans sa lumièrerongé de nuit et de scorpionsprivé de toute image à vivreparquéhors de l’humainhors de son lieu fertile où la fenêtres’ouvre au ciel quotidien et se ferme à la nuitj’écris terre interditeoù l’espoir tue la boue qui se fige en statueshomme saignant de vivre beau visage en loquespatrie blesséearbre écorché de feu dans un hiver sans causepatrie que j’abandonne aux assassins de l’aubeet fuisvers un secret de mortfermer ma porte et mon visage et taire en noustous les élans d’amourdormirmourir de rienet taire en moi la hontepourvuque le soleil cesse d’être une aumônepourvuque le soleil cesse d’être un supplicepourvuque rien n’effacela trace de ma main dans la pierre intangibleet mes chansons de neige calmeje connais des chansons à vous tourner la têtedes chansons à renaitre au plus fort de la houleet des chansons à vivre à me nourrir de roncesoù je m’abandonneà direau peuple qui s’agrippe au jouradieu morne alchimie de mon algide angoissej’adhère au ciel nouveauj’adhère au temps allègre où mon silence règneoù je m’allègue humain contre leur fausse algèbrealliance graveoù le vent fou dénoue ma forcealliance avec la source où chante un autre moialliance avec la neige où s’englue mon enfancealliance avec la pierre où j’ai gravé ma joieterre interdite au jour où je me nomme humainpris de grise alternance entre vivre et mouriramandier dans l’hiver bravant le gel coupablej’adhère au temps allègreamantde la lumière neuvearméepour les yeux pris de nuit par l’absence d’amourpour l’amité sans faille où je m' invente en l'herbeun monde où l’on ameute l’hommepour rienoù j’amorce en l’espoirla joie qui nous allaite au retour de la mortterre interdite au jour au rêve qui nous hausseau dessus de la crainte amorphe et sans visageoù nous taisons nos loisj’adhère au temps allègrepatriede mon ancêtre simple au coeur gercé de neigepatrieau chant grave et seriendouleur de vigne et de blés mûrsenfance où chante une cascadepatrieabeille au long travail diurnecombat contre la mort qui encerclait nos rêvesterre interdite au crimegrande pierre angulaireun homme est le chemin que j’emprunte pour vivre65 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écris paisiblela vigne au grand soleil de tousl’appel des moissonneurs sereinsle miel grave des heuresla chaine des printemps jamais las de verdurela chaine des enfants jamais las de renaitrel’espoir bleu défirichant les plus hautes régionsde la conscience éprise de conquêtesj'écrisle temps des solitudesle temps des multitidesj'écrisminuit qui se révolte au coeur de la jeunesseminuit qui nous déchire et nous ronge les yeuxminuit calme et sonore au plus haut de la fêtequi se nomme herbe doucele temps des justes nocesde l’homme et de la terre*j’écrisbesoin de pain et de justicebesoin d’espoir et de lumièrebesoin d’amour et de tendressepatrietournée vers le printempset je questionneles hommes et les chosessur leur puissance de lumièresur leur pouvoir de croître et de mûrir au mondesur leur destinqui se répète et change au rythme des saisonscar je veux dessaouler les hommes ces ivrognesgonflés de vin mauvais et de songes si creuxque peuvent y dormir parfoisles violents vipèresdu crime et de l'horreur*je veux mordre le sang de mes frères de peinepour ramener leurs yeuxau monde des chansons du bonheur véritableje veux gratter la plaie que l’oubli carapaceje veux briserpar mon vacarme et ma fureurfausse boussole et miroir ternesilence et peurrestés en nousdepuis le temps de la caverneoù mon langagechargé de cendre et de nuagesne connaissaitque l’ombre et la lumière aux armes singulièresje veux briserla nuit glacée d’horreur qui rôde encore en nouspeuplés de jour humain et de chansons où vibrefragileun ciel qui se déchirelisse au regardlise au visage qui voudrait le mondeplus douxque la douceur dont je rêve pour vousvisagesoù je m’éveille au feu de vivrevisagesô grand silenceoù la terreur creuse son niddans la musique des crotalesje veus briserla jarre où le venin respirecomme une tente sous la pluiebleue de fuméelà bas au creux de l’aube tristeoù gitle froid de naitre sans chemise et de survivreau vent de mort et d’épouvanteau gel clé de la source où le printemps pénètrepour que renaiseen nouspossible à vivrehumaince monde où j’interroge l’hommesur son pouvoir serein de brûler les fantômesde vaincre autour de lui la haine et le mystèreet de grandir sur terrecomme un arbre parfait66 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écris de nuit et de mystèremort surprenante et veule un cierge ouvre la nuitet l’ombre se dépense à l’approche de l’hommequi tient sa joiede tout ce qui se nomme vivremalgré la cendre et la laideuroù l’on perd son secret de source et de volcanô mortau ciel éteintdernière nuit de l’herbedu feu saignant de vivre et des oiseaux agilesverger acarpeô mortneige à mon front blesséciel vide où je surprends les visages en croixen liessebrutale est ta lumière d'encre et de ciel gravebrutale est ta chanson nocturnebrutale est ta poussière en nous de flamme nueoù plus rien ne s’aiguise en nos yeux de martyrset dans la rue qui brame au bruit de notre espoirun cierge ouvre la nuitet nous errons de fête en fêtede l’herbe à la lumière et de l’ombre à la chairet nous parlons de vivrefaceau dernier soleilnous inscrivons l’amour au seuil de tous nos acteset nous marchons rêveurs vers notre place en terrepour apprendre l’enfance aux gestes de l’enfanceoù nous bravons la suie mortellede ne plus êtrece que nous fûmeshors de la nuitdu creux fécond de notre ivresse un arbre exulteet nous vivonsde tout ce qui se nomme vivremalgré la cendre et l’amertumeARené PEUVERGNE67 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------j’écris de songe et de légendeterre interdite au pas des esclaves de l’ombrerouille d’espoir violent sur toutes no saisonsdouceur sauvée du gel arbre au ciel éclatantet pas un seul nuageau mondesinon ce grant vouloir qui frappe à la fenêtreet heurteun front de suie et de démencede son éclair de glace ô voeu puissant de vivreun homme au regard clair se prononce sur terrevisageface au regard confusviasagegrand espérance en crue parmi les homme libreslà basdans le soleil en transe où les oiseaux sont bleuscomme ce vindont nous aimions le feuô chansons de la pluieun homme au ragard clair se prononce sur terreenfance adulte et clame au flanc du bruit absurdepour remettre en question les causses de la nuitet parler de grand jour dans notre humain vertiged' hommes nus et sans mystère ô grand joiej’apprenais des oiseaux les leçons de l’enfancej’apprenais des saisons ce qui naissait en nousdemainse feindre entre nos mainset croître dans nos yeux happés de jour sereinj’avanceà pas d’éclairsà pas de feuilles mortesje naissais de moi même à fleur de vos visagesje naissais de vos yeux où j’inventais l’amourje reste parmi vous dans la pierre insondableau lieu de neige douce où vous aimez dormirau lieu clair de tendresse où nous fûmes la viedemainqui se répète et change au rythme des chansonsj’avanceà pas d’épinesà pas de neige ardentej’étais un rire humain face à la nuit bestialej’étais un geste simple et me gardais des ronceset des poussièresque l’âge entasse sur nos ruinesj’apprenais le printemps des amandiers en fleurset marchais vers la source où mon ancêtre pleurej’allais vers ma rencontre simpleô grande joieun homme au regard clair prenait mesure en nouset nous ne savions riende son visagede sa chanson de pluiede ses vertêbres de douleuret de l’algèbre de se dansesun homme au ciel serien tentait en nous le jourvisageà naitre un jour plus fécond que jamaisdans nos tumultes de fantômes68 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*j’écris neige et soleille jour parle au vivantl’herbe pousse au désert et devance nos tracescomme un feu clandestin qui lache en notre azurles oiseaux prisonniers du mal de ne pas vivre*neige et soleilpatrie que j’abandonne aux chardons de la nuitile en feu dans mon sang voyage une aurorela plaie hurle à la mort l’espoir tue son compliceet l’ombre use le sang qui réclame nos astres*dehorsla nuit se fait pesante et nous taisons nos loisface au soleil dément qui nous chante en colèreles graines sous la neige noireles larmes que la vague absorbeles chances des bourgeons pris de verte espérancedemainla vigne en sangdeboutau grand soleilqui défait l’ombre des vautourset rue dans notre sanget chasse de nos corps la mort qui reste blêmeet danse dans la sève en crueverdureruinant les temples des aveugleset nos gestes de fous sous la lune blafardeet la merveillequi fausse nos chemins d’enfanceverdurechanson claire à l’assaut des orgies de la hainedanse ardente à l’assaut des crimes de la pierreet des complots que le silenceinvente autour de nous rongés de haine absurdeverdureoù nous taisons nos lois de sève et de printempset payons de rançons les chiens de l’épouvantedans les rues que surprend les spectre de la honteet sur la place blanche où nous mimons sans fince qui nous reste à vivre hors de la nuit en croix69 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*frère au soleil humainveille à ne pas mourir dans les ruines du tempsveille à vivre ton règne en l’acier des prodigesveille à grandir au lieu de ta lumière d’arbreet tueles prédateursles vendangeurs des rêvesqui font de tes chansons de moissons et de vignesun bruit de fête qui s’éloigne au creux de l’âgeet laisse en nous blessés par la lumière en fuitepoussière et nostalgie de l’astre*ô mortdernier berceau où surpris de nuit morosebouche pleine de terre et blanche issue de peurlaisse nous notre temps de fièvre et de combatloin de ta main glacéehors de ta lèpre noire et laisse à notre enfanceaux rues dorées de feuilles mortessa joiede papillons folâtressa neige dense et son printempset son pouvoirde surmonter la haine et le pouvoir des roncesde vaincreennui de vivre et ciel de cendreet de chanterce qui monte à l’assaut des brumes de ce temps*frère au soleil humainoublie la mortoublie le jeu des subterfugesoublie la ruse d’ombre et le froid du reptileoubie la mort qui te traversesous couleur de silencede loques de mensongede gestes sans pouvoir de larmes d’impuissancede videde cendre au creux des paset parle*que l’herbe naisse en nos parolesque l’astre écoute notre plainteet laissesa cendre rouge entre nos mainset que la nuit quitte nos riveset se taise en la pierre au meurtre mercenaireoù l’homme infirme se dégradeet meurtfou de torture infecte dans un sanglot de roncesneige au soleil vivant l’absence et sans couleurj’affronte les falaises d’ombrej’éveille dans la pierreun fruitun oiseau bleu d’écumeet j’embrasse une étoile au front de la jeunessequi brouille les miroirs servilesde nos étangsde lèpre rouge et de fantômesmouchoirque je change en drapeaules langes de la brume en fêtedrapeaules loques d’un visage en fuite vers l’auroreoù l’on se parlehors des ruines du jour qui se ronge d’absenceet tue nos yeuxet brame en notre sang coupabled’être un éclair vivace au plus haut du rempartj’affronte les falaises d’ombreet reviens vers moi même au milieu des tempêtesprendre les miens en chargeet les nourrir du pain des rêvesdu painplus un visage à vivre au plus fort de l’absenceau plus tendre de l'astreau plus clair de l’amour qui nous hante d’enfanceface à la mer luisante qui nous rend nos yeuxet nous emporte l’âmelà basvers la lumièreoù même l’ombre est fraternelle*un homme ouvre les yeux et nous condamne à vivre-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------pour le docteurMine allah mohammed70 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*les arbres des vergers brûlés de sable jaunese tordent de douleur stérileet comme nousse font signe sous terreface au désert menteur qui monte à notre assautet nous crible de haineô sable dans ma gorgeô plaie luissante en la mémoire ô peine aveugleoù sont les miensoù sont passés les miens couchés nus à l’auroreau creux de quel étang de mortde nuit martyrerongés par quel silence au flanc du jour atroceles front ruinés par l’âge et la tristesse d’êtreun jour de fête qui s’éloigneun songe aveugleun bruit de honte et de défaiteoù sont les mains au serment clair d’alliance pureles yeux rongés d’ivresse altière et fous de fièvreoù je plongeais mon coeur fou d’algue d’espéranceoù sonttous les oiseaux lachés hors de la nuit marâtrehors des cages de haineoù nous chantions sous la torturel’aube lointaine et sans visagequi nourrisait nos mains de ses chansons d’étoilelà basdans la clarté poignantequi nous brûlait au sang face au crime du maitreoù nous étions la preuve claireque l’ombre allait se taire et fuir de nos maisonsla mort casquée de fer qui verrouillait nos ruesmais nos cheminsse sont perdus dans les maraiset nousfantômes d’un autre âge aux armes de solsticevergers brûlés de sable jaune et de tristessetendus sous l’herbe du mensongenous répétonsde fibre et d’espérance hagardede neige et de franchise en crue notre printempsles noces sans chagrin de l’homme et de la terreoù maitres de nos danses clairesnous marcherons de place en placede terre en terreet nous pourrons nous reconnaitre à nos étoilesau signe de nos mains de chairà nos yeux de veilleurs face à la nuit marâtreet nous pourrons nous reconnaitre à nos éclairséclairséclairs dans les jardins frileuxnous devançonsce qui pourrait en nos légendessurgir des langes de mort lente et de ciel noirsurgir des rues de la démenceet de l’orduresurgir humainsen tous les yeux brûlés sous les paupières mortesen tous les yeux châtiés de mortau creux de toute neige où nos chemins truquésse sont perdus dans le brouillardqui nous tassait en suie sous les étoiles mortesnous devançons la joie des rosesoû notre enfanceouvre les rues de la vengeance et nous délivredes spectres de la faim couleur de terre mortemort subite à l’assaut de nos lumières d’arbresoù le printemps de solitairesvibre au soleil des multitudesqui vont cueillir à temps le fruit de leur jeunesseet rendre à la lumière un homme à leur mesurenous devançons la joie de vivreet nous luisons parmi les ruinessquelettes de phosphore en chemin vers la chairqui se dépense en fruit pour la joie des vivantsminuit parle pour rien l’étoile est un suppliceet nous marchons vers la frontièreoù les miens sont passés sous la cendre de l’aubepour nourrir de leur sangl’amourfleur de raisonet vivreà leur hauteur de vignel’étoile est un supplicemort subite à l’affût de nos humains prodigeset danseorgie d’angoissedans les maisons de pierre et de lumière astraleet change en pierre noireles vergers de nos mains au feu de absurdel’étoile est un supplice et nous taisons nos loisla pierre est un cercueil et la terre un sépulcrela fleur est un couteau l’espoir est un mensongeles livres sont brûlés et les feuilles sont morteset nous taisons nos lois sous la rigueur du maitreface au pouvoir des nainsl’étoile est un supplicemais le printemps viendra nous venger des étoileset nos vergers brûlés de sablene pourront plus se taire71 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*quarante ansque je brandis mon coeur à travers vos épinesque je mâche ma vie comme une orange amèreque je brûle au feu qui hurle dans vos yeuxque j’invente des fleurs pour éblouir la hainequarante ansque je côtoie les hommes aux paroles froidesles hommes aux terreurs diurnesles hommes aux chansons de feusans comprendre parfois leur tragique lumièreleur joiequi hante les refuges d’ombrequi conte les légendes clairesqui brave en nousla pierreleur sangqui nie la peurl’odeur du sang maladel’odeur du meurtre quotidienet qui iventel’amour dans la montée des sèves*quatrante ansque la fièvre au squelettej’avance vers la place où l’homme prend visageface à la mortqui passe dans nos yeux sous couleur de chagrinet dans mon sang furieux dont le rythme se troubleet clame en l’incendie des fleurssa joie mortellede source et de volcan sonorequatrante ansque j’avance sur terre vers ma lumière d’arbreque je rue dans la viepris de fatigue et de lourdeur échine en sangparmi la foule en deuil où je lis ma tristesseque je hurle de soifs de faims et d’arbitrairedans le désert où saigne notre grande absencechagrin cloué au coeuret terre morte où rien ne pousseoù rien n’accède au jour qui me tient aux racinesoù je questionne l’aube aux hiéroglyphes d’ombreet me réveille au pied du murles yeux bandés de noir face au fusil du maitre*quatrante ansle printemps frappe à la fenêtre et me bousculede tous les jours à vivre au rythme de ses dansesoù les fous sont passés sans nulle preuve de mainrien d’autre que l’amouret l’amour veille à la frontièreau creux de l’âge où je m’ébroueface au malheur qui cerne d’ombreles yeux rongés par la tristesseet la douleur aux angles noirsrien d’autre que l’amour sur toutes nos conquêtesoù veillel’espoir comme un lichen qui nous colle à la peaudepuis l’enfance aux vitres clairesoù nous lisionsd’avancela joie de vivredans l’ombre sans chemin qui nous griffe le coeur*rien d’autre que l’amourson arbre dense et ces épinesqui sont neiges d’absence où je peine en secretpour glaner sur la plage épaves de mort noireles débris du naufrage où se sont tus les miensrien d’autre que l’amour où j’invente mes fêtesoù l’amour est un lieu où nos chemins d’absencese sont perduslà basdans l’agonie de l’astrequi nous tenait au sang et nous éclaire encoredans l’attente de l’auberien d’autre que l’amouret mon frère au ciel noir ouvre l’herbe nocturnerencontre un autre frèremiroir lucide et gravequi lui sert de manteau de lettre de franchiseau front du siècle blème où notre amour s’énonceen perles vivesen vigne claireen terre où le printemps délivreles feuilles les oiseaux les vagues et les mainset clamedéfense d’être un spectre un ombre de soi mêmerien d’autre que l’amoursur toutes nos frontières72 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitplus de verdure au coeur surpris de neige noirej’étais minuit à toute épreuveje veille un jour inébranlableles possibles épars dans la nuit du mensongeheurtent mes yeux de leur lumièredans notre ville closeun hommetoujours le mêmetraverse ma tendresse aux heures de défaiteset me jette au visagela boue de son néant confus et de ses hainesun hommetoujours le mêmeétouffe en moi le jour et se promène aveugleau flancdes grandes certitudes que ma force imprimeaux vagues de l’aurorequi surgit de la mer à l’assaut de nos rêvespar le moindre rayon qui vibre dans tes yeuxmortel au pas de cendrevictime absurde du bonheur d’aimerd’aimertous les visagesoù vaincre mort chagrin herbe d’oubli morosereptile ancienpassé de sanglourdeur vécuedevientclarté de fleur peuple majeur et bonqui poursuit son combat de bravoure et de sanget clameau monde entier sa joieson nomfleur de granitarbre au soleil humain qui nous peuple de fêtesson nomde peuple simplecertainde sa lumière adulterépondre à tous les insurgéspar un sourire un ciel où je pénètre au mondeun geste sur toute ombre closeun gesteoù je défais toutes les hontes73 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitterre orphelinejournée glacée de peur terreur sans importanceherbe dolente à dire aux porteurs de brandonssaison sans espérance et vieille loi prescritele peuple est sans martyrsbaillon de neige hirsute année de boue putrideil restele temps nocturne où l’homme pleured’être au piège de vivreun temps mauvaisun temps de mortun temps de crimegoudron sur la conscienceun temps où je me taisoù je me noieoù je m’exileoù je m’effaceoù je me tue pour rienje sais ce que je nommeramperpour de l’argentpour un fauteuilpour un crachat du maitreje saisce que je nommeconscience mortetravail de souterraine angoisseoù je me pleurepour dissemblance entre richesseet pauvre main de terre et de boispauvre main de charruepauvre main mise en terre à l’aube des fusilsô main crispée en nouscontre la loidu maitre et de l’esclave en ce temps de servageô main crispée en nouspar l'âcre crime aveuglepar même force immondeet même injure à ton visagefrère mangé de nuit bestialede mortde bouede vieux silenceje te pleure en secret au milieu de la fouleau plus bas du silencecar je connais ta force claire et ta patienceton destin de printempsje connais ton ivressedouleur crispée au long des âgespassant la nuit et la frontièredéchiffrant toute énigmeouvrantclairière sur clairièreconscience à la lumièreouvrant le jour où je m’installeoù je m’oublie douleur crispéepour m’éveiller chanson nouvelleet fleur ouverte au coeur de mon voisin d’étage74 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitla haine aveugleque tout le monde croyait morteest toujours vive au grand minuitau grand secretla haine veilleet vous dormez au lieu où vous attend la mortsachezque vous allez mourir de mort de pierre sourdede mort de braise sous la cendreet vous dormez au flanc du crimeque l’on complote contre vousdans le discours et la prièreet vous dormezsans vous douter du vieux complotqui vous oppose au temps en ruinedepuis le premier cri de l’homme pris au piègede la torture ommondedepuis le premier cri des gens frappés de nuitdes gensdes pauvres gensquestionnés baillonnés mis en cage à l’aurorepromis d’avance au vieux bûchermourirpour votre propre imageet vous dormez au lieu où l’herbe la plus tendrecache un couteauun vrai couteaumissionde vous trancher la gorgecar tant que vous vivrezles assassins de l'aubeaurontcomme un nuage au frontvous êtes leur conscienceles témoins de leur crimeun freinà leur mensonge75 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitmarais de boue putride où je perds mon visagechagrin des plages solitairesoù l’homme perd son nom sa force et son langageet tâte en vainles murs de sa prison de glaceet se découvresans nulle image à vivre et sans terre à défendreet sans domaineoù vaincre mort défait herbe d’ombre et silencese change en fêteen terre d’algue douce où je m’inscris sanglantface au miroir sans être où je perds mon visagesanglantde toutes mes blessuresface au dernier soleil76 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitje suis loin de moi mêmeje suisdans un désert de songhors de mon temps secret de grandes avalanchesdéfaite en moidéfaiteau creux de toute chose ô songe où je trébuchesous le poids du néant qui me couronne d’ombrepleureztoute herbe que l’on brûle en votre coeur fanétoute enfance où mourir reste un regard durcipar l’ombre sans visage où se glisse un tyranpleurez la source morte au bord de votre soifoù le désert flamboie à l’heure où vous errezsans nul abri possibleoù dormir en confiance éveille tous les rêvespleurez le jour surpris par sa propre agoniela joie qui vous déserte en l’incendie du soiret l’amour qui oublie de chanter dans vos yeuxpleureztout ce qui aide à vivremais se suicide hélais dans ce monde ompossible77---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitau lieu où je gettais l’aurorej’improvisais un chant pour la lumière en transeun feupour notre espoir en marcheun cride source dans la plainej’improvisais l’amour les vignes les chansonset la tendressequi polissait mes fibresje vivais de printemps sous le vin des étoileset j’’arborais comme un drapeaumon nomrendre un sens à l’amour le combler de merveillesrendre un sourire à notre enfancechanterchasser des rues de mon villageles fantômes du crimegravir la mort comme une dunechanterchanter lumièreterre au soleil vivantoiseauun arbre est mon refugeun homme ouvre les mains et la douceur s’incarneouvrezouvrez tous les miroirsouvrezles portes des prisonset laissez vivre l’herbelaissez le sangse direclamer sa haineô cendre dans ma bouchedouleur au creux du nid silence où je m’oubliedans l’attente de vivre au soleil de mes dansesô cendre en plein visageun homme sans enfancese cherche sous la suie des larmeset broie de tempsde ses blessures*la pierre veille et nous abriteet l’herbe pousse sur nos mainset sur la placeun homme éclabousse de neigeles franges de la mort publiquese reconnait multiple au signe de nos mains78 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitde plus en plus de peinede plus en plus de hainede faimsde vent dans le couloir du tempsde terre morte et de ciel d'ombrede plus en plus de gens qui se sont tus de peurde gens perdus parmi les ruinesde gens ruinésde plus en plus de rusesde spectres dns les ruesde neige absurde et de menottesde nuit hagardede violence nuede joie pourriede nains de fous et d’imbécilesde plus en plus ce rireô plaie luisante en la mémoireces crisque nul n’entend crever la nuit que nous portonsen nouscomme un reste de mort de lumière en détresseun poidsqui nous engraisse l’âmede plus en plus de hontede nuit coupable et d’echymosesde chaines dans la têtede bruit dans la parolede rire dans l’horreur de vivrede plus en plus de reptationsde cendre en la mémoirede crocs plantés dans notre chairde fins de mois de hontede plus en plus les yeux bandés de noirles crachats sur la viele mépris de soi mêmepourtantque de chansonsde rêvesque d’amandiers en fleursque d’enfance en éveil à tous les coins du mondeet que d’amour dessous les rides79 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitminuit n’a plus de sens au lieu où je m’éveillela nuit se taitsoleil au dur miroir de l’êtrenotre amour prend visage dans la vigne en fêteon parlede la fraicheur d’aimer l’herbe qui monte vivreau lieu d’enfance claire où sont passés les ogreson parledes rues de la confiance on se charge d’espoiron mue de joiel’âme au printemps en fleurs se venge des étoileset la terre nous garde en ses algues mouvantesvole en éclats mirageet laisse nousnos yeuxpour sonder la tristesse et les ruines du tempsque l’ombre entasseen nousdés que les yeux fermésnous nous taisonssous le supplice d’être un hommeun dernier songe à vivre à l’heure des conquêtesneige ouverte au soleilsi prés de noussi prés de mon visage en armesque le printemps s’éveille et craque dans mon sang80 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------minuitlà bas sous la douleur des astres bleus de givreles ombres se sont tues et se sont tus les chienset se sont tus les fousles spectres sans raison aux armes sans justicedéjatout recommence entre nos mainstout recommencede la graineà la fleur à la blondeur de vivrede la source où l’ancêtre est un dernier sanglotde l’étoile où je veilletournévers de plus amples rivestout recommence dans nos yeuxet sur ma tombe exulte un amandier en fleursen fruiten source de lumièreque je puisse exploser en verdure en tendressepour le bonheur des yeux que ma chanson réveillepour le bonheurde tous les voyageurs traquéspar les chiens que la nuit délivre en la campagnede peurde l’étrangeret de peur que l’enfance aux branches véridiqueslâche au ciel sans visage une étoile authentiquetout recommenceivresse d’ombre et de lumièreenfance adulte et sans mémoireles vagues sur la plage où se défont les piègesles chansons de la pluie neige amère et verdureoù les nous tressons nos lois*ô mer cruelle au ventre imputrescibleenfanteazur et neigeet brûle en tes miroirs toute fleur d’espéranceet brusque nos étoilesenfanteenfante l’algue et la promesseet brasse le naufrage où sont plongés les fouset rongede griffe durele crimeoù la nuit fait son nid dans la haine et les roncesenfanteun jour nouveauun jour sans flétrissuresun jour de fibre densearquéface au malheuret mûr pour les chansons que notre force éveillechanson de l’aube rouge et danse nue d’esclaveau port où le vin chante et guérit de la haineet nous change d’aimer et nous comble d’ivresseet nous sauve en secret de notre propre haineô mer cruelleberceau de mort et de tumultesinvente à notre amour un songerépète à notre enfance un contedu plus lointain rivageet clame en nous ta chance où l’espérance en fuitechange l’écume en fleur pour en parer l’instantchamin d’aiguille dans la moelleô mer cruellebois nos larmes de sang et rends nous la réponseque nous n’attendons plus en ce lieu d’espéranceoù se défont toutes les ombres81 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------au temps crueloù je machais ma vie comme une orange amèrej’ai vugonflés de sel et d’amertumemille étranges noyés rongés de lune froidemourirdisgraciés par l’auroreparmi les marécagesdans l’herbe des complotsj’ai vule sang prendre couleur de la monnaie du tempset prendre son prestique humain*au temps crueloù je machais ma vie comme une orange amèrecomme un dernier espoirfait de tumultes et d’éclairsj’ai vumourir ternis de hontesous la boue sans pudeur des faiseurs de vacarmeles meilleurs paysagesj’ai vu s’éteindre autour de moila grand joiequi régnait dans les yeux du peuple renaissantalorsen moi blessé d’angles nocturnesau plus secret du sang et de l' espoir de tousau plus doux de mon coeur se brisa la guitareet se brisèrentdans un silence atroce d’ombredes chansons de bonheur inventées dans l’orageet des lumièresse brisèrent les joies des travailleurs limpidesse brisèrent les dansessur les places publiqueset dans le coeur de l’homme aux rêves de granitun cri mourut soudain aux lèvres de l’enfanceun temps passa plus froid que le secret du mortgelantla moelle dans les oset de nouveaul’homme écoutant la mer chanter sur le rivagesurprit le vent se direchanson d’espoir sereinet le soleil gagna les ruches*le sang reprit son rythme et sa couleur de sangun temp passaet de nouveaul’homme écoutant chanter la mer sur les rivagesse reprit dans un geste à nourrir tous les rêves--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------