Cher Monsieur,Bonjour à vous !"encore un jour à mettre au monde " chantait P.Eluard - encore un texte à voustransmettre : poème du jour - vous trouvez peut être que je tarde un peu dans mes envois mais je mène un travail sur plusieurs fronts bien que la force est dans la concentration.Voici donc la cinquième partie de mon recueil " Sous peine de mort " un peu depatience : le reste arrive.à la prochaine et à bientôt -messaour boulanouar.p s : vous avez sans doute remarqué que j'ai une sainte horreur des majuscules - ça vientde loin - " et je suis las de voir les choses / en majuscules creuses."82 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------*seul à veillerseul à nourrir la plaie qui saigne dans mon corpsla mortqui neige dans mon sangbouche pleine de terreénigme d’ombre aveugleet fleur anthropophagela mortdernier soleilen ce lieu de tristesse où l’herbe sous les pasoublie de vivreet plieson trésor de tendresse aux lèvres de sel dense*seul à veiller sans fin comme un corbeau sans âge*colèrecontre la nuit menteuse qui tuméfie les astrescontre le jour neigeux qui blesse nos paupièrescontre le ciel hideux qui nous vendange l’âmecontre l’âge de pierrecolèrecontre les nainsles fauves les reptilesles chiens de la démenceles yeux crevésles nids blessés dans la splendeur du jouret l’ombre hirsute qui nous cerne*seul à veillerface à la nuit putride où dorment les tyransj’inventeaile attentive au vent les danses du bonheurles chansons interditesles paroles tranchantesminuit de lèpre rouge entre nos mains d’argileun grand soleil d’amourluisant aux vitres de l'angoisseoù le silence est come un blâmecomme un bâillon de plus sur toute chnce d’êtrej’inventeprendre couleur humaineprendre couleur de vigne sous l’azur qui chantela couleur qui nous vient des rives de l’enfancegagnercouleur du rêve où je naquispour signifier l’amour des choses de la terrej’inventela phrase lourde d’inquiétudeoù vivre est sans limite et sans autre espéranceque mourir dans la pierreque mon travail éclaire et transforme en légendeet rendre à la lumière en fêtedouceur gagnéece temps qui ne vient pas encoreplanter au coeur de tous ses vergers de justiceses moissons de bonheur ses danses ses chansonsdemain qui ne vient pas chanter dans notre sanget vivre entre nos mains de chairle plus beau rêve humainchanger en arbreen jardin clairchanger en astreen perle tendreen herbe douceen printemps clandestin où l’on invente l’hommele moindre cri du sangle moindre éclat de nuitl’espoirqui traine en notre fuitestridence d’aile pure au flanc du ciel en peinequi neige en notre effort de vivreet tue le chantque notre source invente aux plusations de l’aubequi tente d’être en nousle havreoù nous nous éveillons au bruit de l’existenceprendre couleur humainejaillirsource d’amourqui exulte en la pierremiroite dans les blés brille en tous les miroirset chantebol de lait pur le jour où nous trions nos rêvesgrandirsur toute cendresur toute chance éteintearbre au soleil parfait tendresse d’algue douceneige ouverte à la joie des danses du printempsterre fertile et tendre entre sable et basalteet science nue de nos tumultes*qu’ avons nous à pleurer dans les ruines de l’aubequ’ avons nous à mourir de gestes nostalgiquesle temps de ruineoù nous étions des ombres*nous n’avons plus que terre à vivreterre à chanterterre à souffrir au long des âgesterre à marquer de notre sceau empreinte graveterre à changeren perleen jardin bleus d’espoir où la tendresse abondeen lieu grave et sereinoù l’herbe neuve ouvre les porteset fend la pierre où nous dormonsphrase interdite et flamme tendrenous n’avons plus que terre à vivre*qu’ avons nous à mourir notre songe est de vivrequ’ avons nous à nourrir les fables du mystèreet ces fables sans chair que le mensonge habitesous la cendre des jours qui reviennent parfoisplanter de grise absenceles vergers de nos mainset les plaines sans peur que nous conte l’enfanceet les rues de phosphore au ciel fou d’hirondellesles ruesoù nous chantionsà rompre toute digue d’ombreà vaincreherbe sèche et tristesse et toute phrase inquièteoù l’homme est aux aboissous les ruines du tempsqui nous mange les mainsqu’ avons nous à mourir notre songe est de vivreterrestre est notre chantterrestre est notre amourterrestre est notre lieu de vigne et de pain blancoù l’herbe écoute naitre un trésor de tendressedans les plis de nos mains de terrestre espéranceterrestre est notre ivresse d’êtreeau pure où le soleilchatoieaurore en fête et ruche ardenteà nous la terreà nous la terreà nous l’herbe et le vent et le vin des étoilesà nousce bruit joyeux du sang qui ne craint nulle mortce printemps de chair vive ces chansons de pluieà nous la joiela fièvre d’être libressur l’asphalte où mourir est désormais un droità nousle miel grave des joursles lèvres du printemps humainà nous de vivreet de défaire l’ombrequi nous parque en la mort aux piège de silenceà nous de vivrepour la lumièreet pour survivreau bâillon à la chaine au doute au ciel en cendrepour gagner notre place au lieu de fièvre noireoù se joue dans la pierre le destin des pauvresqui ont pour culte l’homme au lumineux visagel’homme limpide et beau qui s’invente lui mêmeau rythme de nos plaies de joieà nous de vivrelaissons mourir loin de nos piègesla lune froide et ses fantômeslaissons passer le temps qui signifie mensongeà dire aux paures gensvivons la terre humainela terre ardentedansez les danses du travailarmez vous de jeunessepensezla honte et le chgrin la ronce et le fruit mûrla graine et le bourgeonarmez vous de patiencepensez l’espoir qui chante et se dénomme humainchantezla mort de toute haine au seuil de l’homme librela mort des exploiteurs dans le jour prolétairela mort des comploteurs contre la joie de vivrechantez sans peurchantez la steppe chaude et nuequi bruit sous notre ventbientôtdu creux de nos taudis de faimsnous monterons sur terrepour imposer nos loisnous passeronssur vos palais de marbre et d’arrogance tristenous passerons sur votre luxeorage aux dimensions de sangmorte à jamais la nuit aux yeux bandés de noirmorte à jamais la peur qui nous glaçait le sangmorte à jamais la mort qui nous ruinait le coeuril reste au coeur vivant la brais de nos larmesdes poings de feu et de colèredes voix brutalessignes d’alliance avec la pierreles arbresle fleuve et ses racinesle sang qui chante justela joie d’orner de chrysanthèmestous les visagesdes poigns levéssignes d’alliance avec les sèvesles forces du printempset les grandes chansons qui viennent de la merdans la marée du sang qui franchit la cavernedont nous sommes sortis pour régner sur la terredire nos lois mouvantestailler la pierre d’ombre au gré du jour tenaceau gré du feu visagequi nous hante d’enfanceinventer l’homme et ses prodigeshapper l’astre en voyage et nous connaitre humains*veillons sur notre bien*j’annonceun temps limpideun temps auguste et simpleoù nous pourronsprendre visagepour toute peine ouverte au seuil de nos étoilespour toute neige en deuil au flanc de notre joiepour toute plainte morte au cri de l’homme froidpour toute pierre d’ombre inscrite dans l’absencepour toute ce qui n’a plus de nomplus de lumièreplus de visage à vivreplus de patrie humaineà charger de son poidsà garder dans sa chairà vivrebeau miroir lucideoù l’homme enfin rencontre sa plus douce imageéclair brutal et beau sûr de la preuve humaineoù vous n'aurez nul autre rêveque de graver sur terre un instant de vraie joieun grand jour de légende*ce jour viendrades plus étroites ruesdes neiges sans couleur des crimes sans pardondes temples du mystère aux langes de ciel mornedes taudis de la faimoù dorment dans la pierre le serpent noir et l’aiglede l’impuissance à vivre d’ombredes passions sans secours aux statues de sel noirdu feu ruinédu feu cachédu feu sauvégardérenduà son prestige d’astrece jour viendradu chagrin vaste et bleu des plages solitairesil est l’amour des hommes nusqui ont perdu dans le naufrageleur nom de graine et de diamantil est la fleur de l’innocencele rêve obscur des pauvre gensl’ombre défaite au soleil graveoù notre ivresse ouvre la neigeil est la clef nue de l’angoissequi ouvre enfin la porte viergede la confiance et de l’espoiril estcomme une herbe d’amour où nous pourrons dormircomme une aile soyeuse au ciel pur de nos rêvescomme une offrande simple au dieu qui nous habitecomme une houle immense où chanter nous recréeoù parler nous enchanteoù vivre nous travailleet nous invente un lieu de clarté fraternelleoù nous vivronsà route ouverte et sans limitesà danse libreà pleine étoile en plein voyageà chance neuve offerte à toute argile humaine*ah que la mort en nous cesse d’être un outragesous couleur de défaitede nuit tassée sous un bournousde mort gravée au front de l'aubede glace amère au cachot tristela mort n’aura plus d'ancre dans le jour véridiquedans les coeurs en défaite où se défont les rosessous couleur de bâillon de rouille et de terreurde silence et de hainela mort n’aura plus lieucar nous aurons à vivresans crisans hurler dans le siècle où nous serons majeursancrés dans notre règne et dans nos lois d’azurdésormais sans frontièremais vous les prédateurs de la douceur de vivremarquez au fernos siècles de jeunesse tendreprêchezl’absence et le mystèrebrisezles vitres de l’enfanceles stances nues de la tendresserongeznos algues d’espérancegavez vous de mensongeécorchez vous de haine et calcinez nos ombrespleurezdans les orgies du sanggrimacez votre amour en plaies de nuit lugubrevous avez pour un temps le pouvoir et la forced’atrophier nos lumièresde ruiner la consciencede piétinerles hommes sans défenceet de changer en ombretoute lumière humainechangez en chiensles hommes sans défensechangez en bons outils nos mains de peine noirechangez l’intelligence humaineen lianes soupleschangez en domestiquesles enfants du printemps que nous fûmes parfoislà basface au malheurqui enterrait nos yeux comme un trésor de perlesau plus profond de sa cavernechangez la plaine en cimetièrela vie en croixla jeunesse en calvaire et la parole en bruitqui vous étonnequi vous alarme et vous empêchede dormir dans la paix de votre asile où vibrenotre clarté de spectres*jouez à vivremimez l’amourla joiemimez l’espoirsuicidez vous pour un mensongesuicidez vous pour du mensongejouez à vivrevos lendemains de mort brutalelachez fusées dans le ciel videcontrôlez la douleur son poids de sang mortellà bashors de l’humainau prix du mercenairecontrôlez sur nos corps la pesanteur du crimemais gardez en mémoireque vous ne pouvez rienplus rien contre notre âgeplus rien contre nos yeux lecteurs de votre crimecar l’homme sans refugeest passé partant de suie par tant de mort atroceque rien de votre forcene peut plus vaincre en lui la certitude où vivren’est plus l’ancien désertmais un feuillage simple ouvert au monde affableoù rien n’efface l’homme*et vous croyezcontre un peu d’huile et de farineachetez l’âme*vous n’êtres plus que mortpour le salpêtre et le pétrolepour le diamant et le phosphateet votre mondepourri comme une vieille orangetombé de l’arbre où nous vivonsn’apporte plus que mortsans lendemainet perspective aveugle où l’homme est un robot*les signes de nos mainsfont peuraux ombres que vous êtesmais toute nuit défait ombre reste en nos yeuxombre reste en nos mainsnos ruines sur le dos nous ramassons nos hardeset nous quittons la ville où l’on est sans repossous la pluie des étoilesparmi les phrases sans lumièremortes de faimde soifdu chgrin bleu des plages solitairesoù toute nuit défaite ombre reste en nos yeuxles signes de nos mainsfont peuraux ombres que vous êtes*notre songe est de vivrede décrasser les jours les mains et les visagesde laver tous les yeux chargés du mal sans finqui laisse en noussa cendre noire et son silencenotre songe est de vivrede nuirepar la douceur aux exploiteurs du sangde mettre à nu le jeu des fous et des mystiquesqui font de mon malheur un chant de pierre durede ronce noirede lèpre et de blancheur secrête où je m’exprimecontre la hainel’étranger qui se glisse entre l’ongle et la chairdans la faille du coeur où la mort crée son niddans la carie de vivrepour ruiner mon travailpour briser ma guiarepour endeuiller ma joiepour saccager ma force clairepour étrangler le chant qui me prononce humainma joie de dire à tous les gensce qui se passe en moi au creux de ma cavernece qui se passeen nousautour de nousdans tous nos rêvesdans le palais et la chaumièrece qui se trame au coeurdes comploteurs de mortce qui accède au jour où nous parlons de vivrece qui germe sous terreà l’heure où je rencontre au gré de mon errancesource inconnue de la tristessece qui germe en l’humain dans la rue de l’enfancebruit de foule en colèreémeute au grand visagemon angoisse et ma joie mon ombre et ma voyanceà l’heure où je m’exprimeque je parle de pierre au grand silence audibleque je parle de source au long secret de fleuveque je parle de vague au vaisseau d’espéranceque je parle de l’astre au voyage insondableque je parle de l’ombre au taudis de ciel noirc’est du soleil humain que je parle mon frère*chaque pas que je fais reste un pas vers le jourchaque pas qe je fais me ramène à moi mêmeau grand terrain fertile en lumière en tendresseau terrain où ma forceglisse de source en source et de racine en fruitde lumière en trendresse où je connais mon frèresortantde jour en jourplus fierdes ruines du malheuret de l’horreur nocturne au ciel brûlé de hainede jour en jourplus fierplus sûr de son visageen guerrecontre sa propre imagefleuve et volcanvague à l’assaut brutal de son nouveau rivageoù ma fureur travaille au jour où je m’exprimeespoir de vivre et joie sereinecontre toute agonie au risque triste et lâchede perdre mon plus beau visageet mes raisonsde vivre et de mourir dans ce monde de pierreoù mon corps sismographe aux pulsations de sangse couche à même terreet parlede l’ombre vaineoù j’ai perdu dans le silencedes yeux fous de printemps au songe véridiqueje vous retrouveen vos échoppes de patiencetissantbrodantlissantle merveilleux emblèmedes chansons quotidiennesje vous retrouveentre les haltes du travailnous buvons nous rions de notre ancien fantômenous bavardons sans finet nous chantons parfois les naissances futuresdu bléde sa blondeur secrêtedu vinde ses rouges chansonsdu songe où l’on s’éveille à la beauté du mondebontédes cerisiers en fleurs au sang de nos martyrsdu feu qui me racontela nuit où je prends garde au pas de l’herbe nuela nuitoù je pleure les hommesmon pauvre frère l’homme aux yeux mangés de nuitson long chagrinjeunese au fruit de sang écrasée sous les charset nous chantonsô plaie luisante en la mémoireterrien secretsans d’autre songe que la terrel’homme de pierre d’ombre au fracassant silence*je me souviens de mes fantômesje me souviensdu beau granit de leur tendresseet je m’éveilleaux grandes tragédies de l’heuredans une ville infâmeempliede fous mélancoliquesaissa limpide et grave homme égal au grand jourrouchdy au bruit de source aux fables de lumièremuqtapha flamme fortevaste espérance en crue qui gonfle nos moissonsje me souviensjean questionne le noun des amitiés possibleset meurtde mort atroce et vaine où la douleur nous brisela nuit marche sur nous comme une armée de suie*je me souviens de mes fantômes*l’homme de pierre d’ombre au fracassant silencefruit mûr au coeur en sangréclameclimat tangible de tendressedans l’infâmie des soir où le coeur se débridesous le poids de l’ancêtre algue proche du vivrequi s’ébroue d’espérance à l’heure grise et nueoù tu perds ton chemin dans un jour sans lumièreoù seulje perds le sens de vivre et frôle dans le jour frileuxta joie sertie de gentilesseoù ta jeunesseme ramène à moi mêmema ramène au miroir de neigeoù je découvreun moi solaire et sans violencema joie secrêtema joie gardée de la brûlurefemme obscure et sereine où je perds mon visageah terre fermeétoile où je m’agrippe en larmessilence où le jour me déchiffrehautaine forcefemme stellairechagrin pris de fraicheur à toute aube nouvelleoù je m’agrippe en larmeset rampeau lieu serein où mon vertige agrippeun temps de joie sonore à l’heure où je t’écouteconfiantetoute confianteconstruire au jour notre équilibretu ramassais pour les transcrireles bribes de l’étoile en fuitecharnelle attache et moissons pureô rage d’être en notre humain suppliceséismeun dernier jour à vivreje nommeune douleur de pierre où la bonté est morteoù mon silence pleureje nommedes yeux doux où je puise des perles secrêtesdes yeux fous où je meurs de l’attente d’aimerdes yeux où je ramasse questions sans réponsetristesse où je m’égareoù je cherche mon coeurdans la nuit du chagrin au long passé de brumece qui fait que je chante un monde à ma mesurela chair et le basalte aux statues de lumièremon pauvre frère en croixson pain gagnéson droit de vivre sans entravesur les chemins de la consciencealorss’impose à nous la vie de touss’impose à nousl’espoirla grande image pour laquelllenous déterrons nos armespour affranchir de l’ombre nueles gens parquésdans la laideur la boue et la mauvaise haleinedes hommes prisionniers de haine et de douleurdes hommes nusrongés de peursrongés de steppes intérieuress’impose à nous brûlés de givrefrère en dangerla haineouvre les yeuxdans les cavernes de l’angoissepour assignerà l’ombre ses frontièrespour s’ouvrir un chemin vers la source premièreà travers haine et roncemort figée en blessuresombre mystiquetristesse et nuit de chanvre pâleoù le soleil pleuraitsa neigeen proieau feu des sanguinairesaux chiens de la démence*je veille comme un cierge en mon temple secretje veille nuit et jour car je pressens avidesautour de ma rumeur de vigneles prédateurs de la lumièreles corrupteurs du sang vivantles spectres du mystère aux ongles de feu noirles mercenairesau front de ruineau ciel de cendre et d’épouvantepartoutsur nos chemins d’étoilesà nous guetterà nous tendre leur piège à chanter nos défaitesà nous cacherles arbres et les fleurs les miroirs et les fêtesoù l’ombre des statues tournoie comme une folleà nous cacherles grappes vives de nos joiele feu de notre sang qui braveleur stratégie de mort absurdepartoutoù nous tentons de luirehors des décombres du mensongemais nous jouronsje jurepar les oiseaux perdus hors de toute espérancepar la nuit sans raison qui s’impose à mon frontpar la marée qui monte à l’assaut des falaisespar l’amour qui s’invente au plus fort de la haineje jureque la confiance en herbeest vague sans rontièreque nous vaincronsles simulacresles manigancesla nuit forgée de turpitudesle temps de la courbette où la poussière exultenous ne connaitrons plus le froid des solitairesla pluie la pluie de mort qui ronge le squelettel’errance où l’on se perd parmi le jour maladequi traine dans la boue sans feu ni lieu ni rêvenous ne connaitrons plus la haine la lune froideet ses fantômesl’ordure à face humaine où pleure un autre moila nuit perfide et dure où je succombe au doutela nuit perfide et dure où nous ne sommes riennous ne connaitrons plus la faim la main tenduel’insulte aumône grisequi sonne sur l’asphalteet ruine en nous le beau miroiroù l’homme clair s’éveille à la chanson des fleursau jeu fou de sagesse où le geste est un fruitque savoure en silence un autre moi qui songeet pleure une cascade aux grandes ailes blanchesau lieu calme et serein d'enfance et de miel blancoù nous étionsles rois de chaudes cohérences*ô soirsétranges soirsoù nous sommes passés au coeur des ville mortesoù l’ombre sans couleur mordait la joie du sanget nous parlait sans fin des roses du prontempsétranges soirsoù l’ombre nous mangeait les yeuxoù nous fûmes la proie de nos chagrins d’enfanceparmi la bouequi nous collait au corps ses noires turpitudeslà basau grand hiver de l’âgepar mi les ruinesdes jours défaits de peur et bleus de grive atroceoù l’homme trébuchait sur ses propres cadavreset nous gavait d’espoir aveugleet de mensongeet nous chantait sans fin les roses du printemps*nous avions faimnous avions soifet nous étions sans armes*étranges soirsoù parmi les oiseaux les enfants et les femmesnous tissions en secret face au bruit de la merle plus noble silencechanson de vague morteau bas du ciel en peineet neige à vivre au grand soleilhors de la boueconfianceentre nos mains de terreconfiance dans les yeux où l’espoir est en fêteconfianceen toute pierre d’ombre où sommeille un esclaveconfiancede la poupe à la proue de la source à l’étoiledu miroir où je songe au grand soleil en vracneige à vivre en silence à planter de justiceneige au printemps audibleconfiancej’usais mon sangà vous nourrir d’étoilesj’usais mon sang contre la pierreet j’inventaisdes siècle de tendresse aux armes de printempsj’inventais le bonheur un grand siècle habitableface au déchet de vivredans une absence d’êtrepierre ferméeblessée de froidsilence sans execuseô vieille nuit de neigeje m'inventaiscouleur contre la nuit menteuseet braise sous la cendre tristequi neigeait sur ma tête et me changeait en spectre*je m’inventais contre la faimla soifles cauchemars infâmesles hommes sans visageet la tristesseoù nous étions parqués dans l’attente de l’aube*rêve en fête et justiceje brûlais es chagrins et je montais sur terrefouiller la viebriser toute coquille d’ombrevivre un âge sans feinte et gagner à ma causetoute la terreles nids de l’impossible aux triomphantes fêteset ta tendresse d’herbe frère au grand silencerêve en fête et justice au grand jour habitablej’aimaisles hommes vrais au langage de sourceaux yeux tournés vers le printempsj’aimaistous les chemins creusés par le travail humainj’aimaisles hommes vrais au langage de sourceaux yeux tournés vers le printempsj'aimaistous les chemins creusés par le travail humainj' aimaisles hommes vraisdans leur fatigue et leur travailet les grandes chansons de leur vierge espéranceje les aimaisen frèrele temps du frère hélas est un temps monotoneun temps à ne pas dire aux hommes raisonnablesperclusdans leur enfance adulteje compris dans un cri que je trompais mon coeurje leur devais mon sang et mon pouvoir de direce qui germe en nos yeux qu détour de l’histoireje leur devais plus que mon sangun autre amourpour que plus rien ne les assiègede boue de faim de doute et de mystère atrocepour que renaisse humain leur lumineux pouvoirje leur devais ma force entièreau milieu de leur forceet toute ma consciencecomme un outilentre leurs mains d’argile tendre et de colèreje leur devais mon temps mon cri de sentinellemon âpre aboi de chien de gardemon cri contre la mort qui guette leur fatiguela mort masquée de viela mortderrière les chansons des prédateurs d’étoilesnotre longue fatigue au long sommeil de pierreje compris dans un cri que l’amour ne peut êtresuicide et trahison du vivreoù nous aimionschanterdanser nourrir des rêvesrêve en fête et justicetous les chemins de peinetous les gourbis de honte et tous les yeux fermés*depuisje ne peux plus dormir au rempart où je veilleje ne peux plus me taire à l’heure de l’horreuroù le crime a le droit d’entrrer tous les yeuxoù naissent les étoilesje ne peux plus me taire en ce temps où l’on tueles hommes sans défense au seuil de leur maisonà tous les coins du mondeoù l’on traque l’humain pour fausser la lumièreoù l’on traque l’espoir qui agrandit l’espaceoù nous sommes traquésde froidde faimde soifde corruptionsde prédateurs d’étoilesde bureaucratesde nainsde fous et de médiocresde conscience endormie derrière un masque tristequi se saoule d’angoisse aux angles des combinesje ne peux plus me taire en ce temps de lourdeuroù l‘homme s’interrogeet meurtau bord de la terreur qui règne à nos frontièresoù les moignons des hommes nussont torches de phosphore en la nuit sanguinaireque l’on impose au peuple à l’instant de l’éveiloù l’ombre issue de nous suscitait des étoilesje ne peux plus me taireje ne peux plus chanter les chansons à la modecar je sais maintenant de grande science claireardeur angoisse et larmeque le temps du silencereste un mauvais refuge où les fausses chansonsne marquent pas le coeur*ce monde à faire existe et je connais ses hommesmillions de rêves libresde songes sans tristessede printemps sans rivageje les connais humainset nous chantons contre la hainel’ordure nueet la mauvaise haleinede l’homme au vieux système qui exploite l’hommej’aime toujours la ville où nous veillons pour vousqui comprenez ma joie l’espoir qui me travaillela nuit où je m’allume à l’instant le plus lourdle jour où je m’inventeoù je subjugue l’ombredemain que je vous chantepour éclairer les yeux prometteurs de merveillespour que fleurisse humain l’incendie que j’habitelà basdans la splendeur futureoù nous vivrons le temps des hommes sans vertigej’évoque un lieu serien de rouges chrysanthèmeset je vous disce temps où nous saignons de l'odeur de la haineoù estnovembrenovembresaison de l’homme librejour de colère en crue dans les ruines du tempsjour de lumière exactejour de parole hostilejour de brusque franchise et de silence étrangejour clair à ne pas dire au voleur d’espérancequi traine en notre vie ses ongles de gel noirnovembresaison de l’homme librejour de jeunesse en acte au seuil blème du mondeoù les oiseaux font peur à l’enfance au ciel noirjour de verte innocencejour de joie trolodytele jour qui me connait fantômehabite un songegrande espérance d‘arbre au lieu blanc de l’exiljusticela terre est mon poème et l’herbe est mon refugej’adhère au feu sanglant qui secoue ma jeunessej’adhère au ciel vivantau jour bleu de fatiguel’ombre s’écroule en moi comme une maison noireplus de prudence naineplus de mort solitairela nuit se fend comme une pierreet l’aube ouvre les yeux les armes et les fleurset nous ouvre à l’espoirjeunessele sang crépite en ses méandresle sang crépite libre au flanc des jours tenaceslà bassur les hauteurs de vivreoù l’aube nous annonce au monde*minuit passe le comble*je me secouedes neiges de l’absencedes loques de la veille et ses cendres de l’aubeje me secoueet me redresse humain face à la nuit sans astreminuit passe le combleon guillotineamour dans la poitrine étroitelumière dans les yeux du pauvreparole aux lèvres de mon peupleon guillotinetendresse sans alliage d’ombreherbe qui monte et fleur lucidejusticeen âge d’être un astreon guillotinel’espérance en voyage au coeur de l’homme librel’enfance qui se nomme enfanceaux yeux de tousl’aube luisante à pierre fendreet la fraicheurde toute force au pouvoir clairqui se prénomme terre et nie l’horreur de vivredans les cavernes d’ombre où l’âme triste rampepour un grain de lumière où prendre enfin visageon guillotinel’âme du peuple en crue qui rue vers sa béancele feu qui luit vivant dans l’alphabet des arbresau plus haut du courageon guillotineles hommes baillonnés au seuil grave de l’êtreface à la boue qui pue sur les meilleurs visagessur la plus sainte chosepatrie en sangpatrie de neige hirsute et de soleil en cendrepatrie d’herbe attachée aux racines de l’aubepatrie fertile et densepatrie blème et glacée nuit bleue des échymosesglacée d’horreurpatrie de flamme nuede sable et de vengeancefleur ouverte au chagrin des plages solitairesbruit de source éveillée par un cri de couteaugranit humain planté dans l’orgueil du solsticepatrie fanéeastre et parole en fuitepatrie fantômeque je cherhe à travers les algues de ma nuitvieille femme endormiebercée de nostalgique absencepatrie fleur interdite en voie d’être une étoilel’espoir se mue en painen feuen maison clairepatrie de cendre et de martyrspoussière d’astre et de légendenous renaissonsde terreet nous sortonsdes grottes de la hontedes caves de mort lentedes jungles du mystèredes cendres du mensongeet nous brisonsles chaines de l’angoisse creuse et sans visageet les statues sans feu des religions de sangl’affreux mystèred’être un fantôme dans la pierreoù gît le froidde naitre et de mourir sans nul visage à vivreet nous tissonsde clairière en clairièred’herbe tendre et de vent de roses surprenantesde neige douce et de chaude espérance un mondechanson d’amour audibleoffrande à touset nous peuplons de joie les rues de la confianceet nous peuplons d’amour le lien des ombres nuesun cripour arme et pour vengeance un criun seul miroiroù la mort se défait et laisse en nous sa tracecomme un visage en loquesun crinous apprenons la terre aux lèvres de l’ancêtrela joie des amandiers en fleurset la grandeur des blés dans la hauteur de vivreet l’herbe au chemin pur qui panse nos blessureset la joie d’être un feu que nulle ombre n’éteintlumièreverdure sous la neigenous aprenons l’amour en armeset nous parlons de tous nos rêvesdes rues dorées de feuilles mortesoù notre enfanceétait la force d’être un arbreau vivre tendreface au mystère d’être une ombreun oiseau dans la pierreun songe sous la terre*nous de chair et de sang et de jeunesse en lavenous de terre orpheline et de patrie sanglantenous de printemps lucide et d’espérance en actenous de larme interditeglacés d'effroibrûlés de givre atroceblessés par une étoile en fruitecriblés de haine et d’arrogancemarquésde nuit violentede neige absurdecourbés nous le fardeau de l’âgemémoire en feud'arbres brûlésfrappés de mort brutale au milieu de nos fêtesnous en instance d’être astre fleur et diamantnous fùmes sous la terre un trésor de fraicheurun beau feu de tendresseparquéshors de l’humainle jour passait là bas sur le trottoir d’autruienfant joyeux et libreéclair au pouvoir simpledans les jardins fous de lumièreloin de nos yeuxla nuit dansaitsans se soucier de nos défaites*la vienous en étions absence et neige en la mémoireet notre sang battait pour rienje pleurais d’impuissancenul ne voulait entendre mes chansons de pluienul ne pouvait comprendre ma patience d’arbrej’avais en moicomme un feu de racinescomme un astre à nourrir de ma profonde ivressej'avais en moil’amournous en étions la fleur la grande fleur possibleoù la joie fait son nid de seigle et de bras nushors de la nuit sanglantedeboutface au soleil coupable où nous dansons ensembleparmi l’herbe qui monte et se découvre humainej’avais en moiun grand tumulte d’ailesj’étais un homme un peuple simple face au maitremaitre ignorant que son esclavene dormait pasmais consumait son temps en veillées militantesen rêvesau coeur dur de la pierrecomme seule une fleur peut rêver d’être un arbrecomme seul un grain pur peut chanter la lumièrecomme seul un humain peut rêver d'être un arbrel’esclaveallait brusquer le mondedansersur les palais du crimerégnersur toutes ses récoltesgrandirbriser la vieille écorcele carcan de bois dur qui lui vrillait le corpset naitre au lieu serein où je veillais tenacedéfiantl’ordure au piège obscurles corrupteurs les nains le luxe et la bassessedéfiantla boue infecte et les reptilestoute l’horreur aux yeux durcisj’avançais sur ma terre où grandissait le bléma vie chantaitsous l’orage en colère et le sanglot des bombesj’avançais sur ma terre où l’amour grandissaitcontre leur pauvre haine aux yeux fous d’épouvantej’étais partoutje me taisais sous la torturesous la neige et le froid j’inventais la chaleurje bravais le malheur qui me brûlait les mainsj’apprenais le silence au plus noir de la pierrej’étais partoutdans la mort au printemps parmi l’herbe nouvelledans les yeux de la femme souillée par un chiendans les yeux de l’enfance en proie au ciel amerdans la moisson brûlée par main de crime atrocej’étais partoutj’avançais sur ma terre où grandissait la rosej’allaisde la peine à l’amour où grandissait ma forcej’allais vers toiton monde était le mienj’allais sans cesse dans mon rêveégorger l’ombrej’avançais sur ma terre où l’on crevait de faimoù je crachais du sangj’avançais sur ma terre où je bravais la hainepressant le fruit pur de l’amourpressantla mort de disparaitre au seul bruit de mon paspressant le jour de roconnaitretoute joie prise au piègede mon violent visagepressant mon coeur comme une grappecomme une orangepour étancher la soif de touspressant le pas vers la lumièreque je sentaisà portée de mes lèvresà portée de mes mainsà portée de ma taillej’avançaisj’interrogeais les fleurs le vent fou de pollensl’arbre parfaitplus stable que mon rêve en sangj’interrogeais la pierre ancrée dans mon silenceles astres fous de peur l’étoile en transhumancede question en question de question en réponseje traversais le vieux désert de glace antiqueje traversais l’horreur la nuit les marécagesj’ai failli nuire à mon visageme perdre en la forêt lianeuseoù me tentait parfois la fleur anthrophagemais j’abattais ma hachedans les liens de douleurje rencontrais des gens ils me montraient toujoursle chemin le plus sûr pour m’offrir leur présencepour me ourirepour me donner le pain et l’eauleur joie vivantele sel de leur étrange espoirle miel de leur douceur le lait de leur tendressele gîte où je pouvaisselon leur loi de neige tendredormir la confianceje rencontrais toujours sur mon chemin des genspour me sourirede toute leur jeunessema vie s’agrandissait dans leur présence augustes’agrandissait ma forceet j’allais de nouveaupour affronter la lèpre immonde et le mensongeplus confiant en moi mêmeplus sûrde vaincre la démence obscurequi rôdait dans mon ciel pour en ternir l’azur*je dépassaisangoisse herbe et ronces de nuit sommeil aveuglehorreur pétrie de faimsde mortde croix gamméechambre à gaz pendaisons ghettos four crématoirecamp de mort lente ennui travail de mort ignobledouleur sans estuaire où sont passés les mienschagrin de pierre morte où j’ai pleuré de froiddu grand froid du dehors où le maître régnaitj’avançais sur ma terrecontre souillure et mortcontre terne violence et morne issue de vivrecontre haine et supplice horreur pétrie de lèpreet neige triste et sale où l’on oublie de vivrej’étais partoutplus fortque la nuit mise à nu qui pleurait ses fantômesj’éclatais dans l’aurorequi naissait de mon coeur laborieux et fertilel’aurorequi surigissait sanglantede mon sang redoutablej’éclatais dans l’aurorej’inventais le printemps où la neige était pureet réclamais vengeancede la suie qui tombait des mains de la richessede la mort qui brûlait par morceau d’espérancema joiece qui chantait encoreles songes de l’enfancemon lumineux squelette effrayait de son souffletoute l’horreur nocturne où tombait dans la boueson espoir de printempsmon lumineux squelette était faiseur de songespuisatier de patienceau coeur même du crime où s’égarait mon frèrej’avançais sur ma terre entre larme et sourireje brûlais mes chagrinje ravageais mon sangj’erraisentre sable et verdure entre danse et chansonj’erraisje récoltais des perles de tendreseen vos yeux de nageurs sauvés par une étoilej’avançais sur ma terreoù l’homme le plus nu cessait d’être un fantômepour ordonnerle chantle dernier chant pour lequel on oubliel’enfantla fiancée chant pour atteint par l’âgela mère au coeur fragiled’avoir aimé sans fin à perdre haleine et viele chantle premier chant pour lequel on oublietoute l’enfancetoute la joie terrestrepour prendre feumourircontre l’injure faite à l’homme qui s’éveilleet ruinetous les palais du crimeah puissions nous un jour lavés de toute cendrelavésde la sueur de vivrelavésde toute suieapprendre aux hommes sans visagele pouvoir des objets qui font de notre chancele bien de tousla vague imutrescible où vient mourir la hainetoute ce qui rampe aboie bave triste et se trainehors du beau cercle humain où la lumière chanteah puissions nous veiller de la charrue à l’astrede la vague à l’étoilegravirles pentes de la nuit mortellefrappée de mort subite au plus dur de la pierreau plus noir du silence où nous étions parquésveillerdans la pierre intangibledans l’écho du supplice où l’espoir nous convieveillerau plus gris de l’absence où l’étoile s’allumeau plus fort de la houle où s’éteint mon visagej’appartiens à l’aurore où j’ai planté ma forceoù chaque main engendre un jourun ciel plus vasteoù chaque étoile me fait signeà l’instant de mourir moi le gardien du pont*j’ai pour arme un visage à sauvre de la cendre*j’ai pour arme un oiseauqui chante les splendeurs futuresqui chante les merveilles pleinestous le matins de joie de neige et de franchiseoù l’homme est en chemin vers un lieu de racinesj’ai pour arme un visage un regard sans pardonqui se prononce au jour contre votre opulenceaux orgies de ciel noirau teint gris de cadavre aveugle de naissancequi nous cerne d’absence et de nuit sans mémoireoù nous erronscernéspar les chansons des exploiteurs du sangpar les traineurs de sabreles buveurs d’encre noirequi ont pris leur bureau pour le dernier rempartoù vient buter le peuple au feu de chrysanthèmesjai pour arme un visage un regard sans pardonau long souci de vivre et d’aimer sans visagej’ai pour arme un fantômequi effraie de son ombretous les semeurs d’oublie dans la chair déchiréepar leurs ongles de glacej’ai pour arme un fantômequi porte un nom de frèreun nom de ville morteun nom de place neuveun ciel pour espérance ancré dans la légendeoù se survit un peuple au long secret sanglantau sang fertile et justeau jour multiple et bonj’ai pour arme un silence un regard sans perdonpour l’horreur qui trébuche au seuile de ma paroleau seuilde mon méprispour l’horreur qui se vend au tarif de la honteet la conscience à vendreun regard sans pardon pour les traitres du sang*j’ai pour arme implacable une aurore implacableune aurore où s’imprime au plus dur de la pierrele beau songe de vivre au plus haute de soi mêmesans laisser nulle trace aux vautours du malheur*je visde danse antique*j’ai pour arme une bouchepour parler de lumière aux gens surpris de nuitpour parler de jeunesse aux vieux arbres brûléspour vous parler de vivrebouche à la langue acideje parlede toute choseoù nous sommes ancrésje parlede briser les idolesla nuit confuse où l’homme pleureau milieu des reptilesje parleje suis d’un autre règne*mon arme est une pierretant pissi la couleur est morteau lieu de mon supplice d’arbre sous la hachedes pauvres bûcherons de l’âmetant pissi l’herbe fuit nos mainssi la verdure oublie notre appel dans le sableet se cache en lieu sûrloin de nos yeux durcis en cet hiver sans causequi sourdde toute chose humainede nos gestes de nains perclus dans le silencedes ombres de nos corps tressésde fièvre pâlede nos chagrins vieillis dans la rue coutumièreoù nous passonsnous les vivantschargésde ronce noireahtant de ronce à brûler dans cet hiver sans causeque nous perdons le sens de vivrede croitre dans la fleurde la nuit la plus dense au grand rêve étoiléoù je nomme une sourceoù chante un autre moiqui poursuit son chemin de tanière en tanièrede lumière en lumièrede la neige à la source à la vague à l’étoilemon arme est une vaguequelque vague inconnue de la plage où je rêvealler loin de ce temps de lèpre et de silencene plus se taireouvrir la fleur fermée de gelvider la plaieouvrir la source claire où mon ancêtre pleureen plus de sa plus haute imageson destin de racinesne plus se tairemarcherde joie en joiealler de larme en perlene plus se taireguérir du mal de ne pas vivreguérir de toute hontede toute hainede toute lèpre humainene plus se rendre au chant de la ténèbre tristene plus se rendre au mal qui multiplie ses ruseset tente en nous le lieu où dresser la potenceoù nous serons pendushors du bonheur de vivre*veillerveillerprésence jamais lassedans l’étoile acronyquedans la neige inventée pour chasser la laideurveillerl’espoir a notre tailleétoile et sentinelle au plus haut du rempartoù je veille en silenceà dessiller les yeux pour confondre les peursà nuire à l’ombre triste où je me crois fantômeà luireenfant de lune atrocecouleur de sang martyrespoirà notre taille d’arbreoù l’oiseau tisse un chant azur brutal et beauqui nous charge d’espace à l’instant de mourirà l’instant nuoù je veille en silence et songe à vousà vousd’étrange rivequi rampez sous la terre au lieu de haine tristeoù nous fûmes parfois sans courage et sans feintele couteau dans la gorge et la nuit aux racinesma dernière arme est une larmesur une fleur au teint de sang83 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------vous qui venez vers moi chargés de trouble absencequelle tendresse d’algue en fuite vers l’ enfancequelle explosion de fleur au creux de l’ espéranceque cherchez vousque fouinez vous chez nous ô fumeurs de cafardsô lécheurs de crapaudsque croyez vous trouver dans ma journée funèbrehormis l’ennui l’ herbe brûléela peurle froid de vivrrela neige noire et la tristessedes jours bleus de fatigue où nous sommes parquésque cherchez vousde quelle ombre de haine et de lumière aveuglede quel chagrin d’étoilevenez vous de me surprendre au lieu nu de l’absencedans la nuit sans couleur où je ronge mes liensoù je veille en secretdans la peur de l’hiver qui s’ouvre devant moicomme une maison noirepavée de glaceet barreaudée de pluie
O solitudecompagne à la main froideque je retrouve au soir dant le vin des étoilesamour bleu qui s ‘ énonce épouse amère et douceamour bleu d’ amertume absence où je me penseterre ètrange où la mort efface en moi les rêveset tuel’ herbe tranquille où le printemps se taitterre étrange où chanter sonne comme un tocsinalarmealarmealarmeracine étoile et source un homme clair se pensepatrie marâtreterre au soleil menteurjachèreun homme clair se pensepierre ancrée dans la nuitau même endroit du port où nul soleil n’ accosteoù nul vaisseau n’ apporte ses chansons d’ amouralarmeun homme clair se pensejour défait de monsongearbre écorcévivre mortel à feindre au coeur de l’ nnocentvivre sanglant et noir dessous nos turpitudesnos salissuresoù nu sous la pluie de gel qui soude nos paupièresnu sous la nuit de fer qui brise les phalangesun homme clair se penseabsentsans nul autre visageque mourir dans la pierre où se défont les mains*l’oiseau qui scintillait au fil de l’aube gravetrépigne dans mon sanget chantehalte au coeur de midihalte au coeur de midiau beau milieu du jour sous l’arbre de lumièrequi livre aux moissonneurs lassésfraicheur de source qui s’ éveilledans la paume des mains halte au coeur de midije me souviensun champ de blé la terre un coin de ciel paisibleun cri d’ oiseauune eau calme qui chantedans le creux de l’enfance où même l’amertumeétait soyeuse comme une ailele vent me racontait ses rêvescomme un amises mains sur mon visagesa danse et ses chansonsdu paindans la maison des pauvrestoute chose était miennela haie luisaitcomme un ruisseau d’ épinesnous rêvions en silence à l’ombre de notre arbretout un printempsperdu dans la compagne étrangeun vrai printemps fou de lumièreet des chansonsqui remontaient le tempsle soir tombé brisait le songe*je me souvienssous le gel du silenceoù dorment les oiseaux menteursun homme clair dormaitcomme un caillou brisé hors du dernier cheminsous le gel du silenceun peuple juste et bon comme semence heureuseveillaitplein de lui mêmemais impatient de vivreimpatient d’être enfin blondeur de céréalesà faire perdre au jour son singulier prestigemais le gel restait dur comme une baillonnetteet l’ innocent dormait loin du réveil coupablela mort usait les yeux pour en ternir la sourcele ciel ne parlait plusle ciel était une eau dormante un étang tristeminuit régnaitminuit fermait la villebarrait toutes les ruesminuit bloquait le temps vivantnous étions loinde notre humain langagepourtantle coeur parlait au coeur car nous avions à direpour dissiperla brume noirepassée la nuit et la tristessedes jours gris de terreur où nous étions parquéspassée la nuitil n’est plus que soleil comme un dernier suppliceau mondeoù nous pleurons de froidde faim du mépris de soi mémeoù nous pleuronshors de portée de l’aubeau creuxd’un cauchemar ignobleje rêve comme un fou songe à briser de démentesa nuitson long vertigela cage où le malheur l’enfermepour quel envol nouveau sur la route de vivreje suis perduperdudans la nuit carnivoreloin de mon frère de printempsmon frère tristecomme le vin de certains soirsperdudans un trou noir où la justice en placeaccusede lumière et de houille et de printemps voracemon pauvre frère aveugle et fou de vivre obscurloin de mon jour vivantloin de ma force claireloin de sa propre imagel’ardente image où la lumièreparle de nousdans le plus beau langagedouceuroù nous fûmes tendresseamourprintemps sans esclavagedeboutface à la mort qui dépensait nos forcesface à la peur qui ligotait nos rêvesface à la suie qui accablait nos cilset face au monde où tout se vendla marchandise et la conscienceet puisdes hommes sont venuschasserla mort de nos maisonsla peur de nos visagesbrûler les vieux arbres pourris la loi prescriteet rendre à l’ homme sa mesureun jour de plus pour la lumièredes hommes sont venus de tous les coins du mondechanter victoire et joie conquisede haute lutteet depuis nous chantons contre la haine absurdeun jour de plus à vivredans l’ordre pur où je m’ inscrismais vousvous qui venez vers moi chargés de trouble absencecherchezles assassins de l’ aube au masque de tendresseles traitres sans pardon cachés dans l’ herbe nuechanteztoute terre est à vivremais nos chemins truquésde pièges d’ombre aveugle et de terreur ignoblese croisent dans la nuit comme lianes d’angoisseet se font peurd’ être chemins de peine étrangequi ne vont plus vers la lumièreet se perdent sans bruit loin du printemps sereinoù nous prenons racinesau plus froid du silencepour chanter en secret terre au soleil possiblelumière d’astre en fuite et fertile en tendresseterre à vivretoute terre est au vivre où nous prenons racinespour direde neige grave et sans mystèrede grand soleill’ ombre vague où s’englue le chagrin des étoilesla pierre fourbele poids de nuit menteuse où nous pleurons de froidl’amourqui nous oubliel’espoir qui nous fatigue et ruine nos chansonset berne le jour calmechômeur pris de grisaille absurdequi se frotte les yeux dans la morne habitudeet recommenseà se nourrir de haineà mourir dans la ville où l’en n’embauche plusles mains de l’étrangerterre au soleil en fête ô compagnons d’ivresseaimez le jourla terre et ses splendeurs futuresla fleur blessée qui saigne au coeur de l’opprimél’ espoir nu qu’on égorge au coeur des pauvres gensaimezluttez pour votre amourluttezpour l’ amitié en fleurluttez contre l’ outragecontre la haine infectela mortqui vous tue à la peinequi tuepar la laideur vos rêves fous et tendresfaites confiance à la confiancegardezvotre prestigesoyezdes camaradesfaites confiance à la confianceparlezne mâchez plus votre silencecomme une herbe de mort au goût de chanvre tristechantezcontre le vent contrairela nuitoù gisent les cadavresdes meilleurs de nous touschantezcontre l’ horreur possiblequi heurte tous vos rêvesl’ horreur qui pense avoir raisonde nos printempsde nos fureurs présentesl’horreur qui nous cotôie bassesse et luxe avarevernisde fausse viel’horreur qui nous cotoie comme un beau camaradeveiilezsur votre bientoujours vous guette graveun crimeune ombre qui s’ennuieveillezsur votre bienchangez la viechangez les yeux ternis en perleschangez la morten vieô compagnons d’ivressene pleurez plus les amours mortespleurezles hommes nusqui ne font que tourner sur les plages désertesoù n' aborde aucun rêvepleurezles hommes nusqui arpentent les rues et les plaies du silencele coeur troué de nuitde sourdes trompriesparmi les nainsla peurde naitre sans chemiseet de mourir pour rienô compagnons d’ivressene pleurez plus les amours mortespleurezla mort du blé en herbeles yeuxque le mensonge habitele jourque l’on pourrit dans la lenteuren tousoù pourraient naitre des étoilespleurezla source morte au bord de notre ivressepleurezles hommes sans défenseles hommes sans ivresseconstruisez de vos mainsconstruisezde votre propre argile un monde à votre tailleet méfiez vousméfiez vous des chansons où votre coeur s’enliseméfiez vous des médaillesque l’ombre vous proposechanteztout ce pourquoid’amourde joiede fruit limpidede fleur au long parfund’espoir au long chemintout ce pourquoinous pauvres gens au siècle amer et troublenous sommes brûlés pour trouver un chemin*vous direje veux vous direnos chansons de ciel pur de franchise et de peineet nos chansons d’ étoiles mortesau lieu clair de l’amouroù nous étionsparolelumière dense et chair vivantehélasle soleil qui dormait sous la veille poussièrene s’est pas réveillé dans les yeux de l’esclaveet l’arbre teint de sangétend sa mort en nous et nous garde en son ombreoù meurt le voeu de vivrearbre froid de la nuit lianes d’angoisse en nousminuitsilence d’herbe en peine où se défont les astresronge l’ombre des corps et nous défend de luireà nousau pouvoir de phosphore au vivre clair de perlesà nousqui défrichons la nuit pour planteer notre forceen toute choseen tout espoirluisant contre mystère et mortau lieuoù je vous disde terre et de lumière espièglesquelette d’arbre triste aux mouvantes racinesdeboutface au chagrin sans nom des êtres solitairesun homme parleet nous entrons au monde armés de joie sereineheureuxde mettre à nu la vie et d’inventer pour tousce qui nous tient au sang en ce printemps majeurqui reconnait les siens chasseurs de neige viveau lieu de nuitoù nous trainons le pas sous le soleil en ruines*ah terre à vivreterre au printemps majeur terre au soleil vivantneige ouverte au soleil verdure tendre et nuesource neuve et chanson où la nuit quitte terreverdure douce au coeur douce au visage en peinedouce à la pierre dure où rêve un beau silenceah terre à vivreils sont enfin partis les chasseurs d’hirrondelleslà bashors de l’humainmourirau flanc des nostalgiesdans la nuit sans couleur au meurtre mercenairedans leur patrie de hainelà basoù nous n’avons de place et de tendresseque pour narguer sans finces chiens et ces ivrognesqui ne sont plus pour nousque loques morteset spectres nu de hontevieillesse aride et sans pouvoirqui traine sa tristesse au long des rues vivantesoù nous passons parfois masqués de neige ardenteterre à vivre en secret aux confins de la mortterre à nourir de sang ivresse au soleil tristeombre vide où nous guette un feu de mort brutaleau lieude tout espoirterre à vivre au grand jourterre humaine à chanter au grand soleil paissibleoù mon frère en puissance étonne tous les sienset nous rejoint sur terre où la joie nous enivreet tuela vieille hainesur terreau beau milieu du jour en notre espoir de neigeoù l’oiseau fait son nid dans ma main fraternelleah terre à vivreplus d’ordure au visageplus de force en servageplus de matraque au frontplus de danse d’esclaveplus de science nocturneplus de table sans joie de maison sans fenêtresmais en tout lieu vivant les chansons interditesles danses du bonheurl’écho de la lumière en actecontre le crime obscurle crimeaux sourdes résonnancespartoutombre lumière et chair un homme ouvre les yeuxet nous ouvre au miroir de son lointain rivageet nous apprendla terreet ses volcans de ragesa tendresse et son herbe où nous aimions dormirson blé vivantses sources de candeur parfaiteses mainsmains fouilleuses de nuitmains chaudes de l’asence ronge de sa lèpreses mainspièges de songe et de tendresseombre lumière et chair un homme ouvre les yeuxla nuit est à son comble dans nos yeux blessésla pierre est au plus dur de son ivresse froidele sang est au plus faible de son rytme épaisla mer est au plus doux de sa chanson sereinelumièreoù nous nous retrouvonshors de ce bruit de source amèrele couteau dans la gorge et la nuit aux racines*vous direje veux vous direce qui se passe en nousla mortses pièges de sang de haine et d’impuissancequi nous troue la poitrineet nous éteintbraise endormie de nuit dessous la neige hirustequi rampe sur nos corps blesséslassés d’ être au supplicece monceau de tristessequi bloque toute issue vivanteet nous ferme à la joie qui sourd de toute choseoù nous fûmes sans fin neige et soleil printempsombre lumière et chairla rumeur d’ être en fêtela danse sans entrave et l’ herbe au chemin sûrvous direombre lumière et chairce qui se passe en nous brûlés de givre atrocel’ espoir qui nous déchirel’ orage d’ombre aveugle où se défont les mainsà l’ heure claire et nue des chevauchées d’ étoiles*vous direhumaine et sans vertigela joiequi nous attend là basau beau milieu du journon pasla cendre froideoù nous étions couchésfourbuspris au piège de vivre un jour sans récompensenon pas la boue impurela vase où rampent les reptilesoù les saisons du crimecouvrent les jours des pauvres genset font de nouset de nos liens d’espérance et de sangdes ombres de silence errant au long des soirsau désert qui nous guette entre vivre et mourir*ce qui se passe en nous ne brouille pas nos yeuxmais les éclaireet trempe notre force au plus noir de la peineet nous ramène au temps de nos oiseaux d’écumeau tempsde notre juste enfanceoù les saisons de croître et de mûrir à l’aiseet de vaincre l’horreur qui sue sur le trottoirparmi la foule en crue nous font signe de vivreéclairs face au mystèrequi nous ruine d’absence entre vivre et mourirempreintes du ciel bas qui rouille nos étoileset nous vole notre âmede vigne et de moissonde seigle et de bras nus et d’espoir en cheminvers notre lieu de rêveoù nous saurons à l’aisedonner un sens humainà notre élan de neige tendresiècle habitable et beaujournée à boire au soleilenfanceoù nous étions larmesjeunesseoù nous étions en armesje n’oublie rienj’avancesource en la main vivanteétoile au frontet fleur éclose en la mémoire où l’herbe chanteau lieu grave et serein où la pierre nous gardej’avancevers la lumière affablevers l’ herbe millénaire où vivre est un prestigefleur et diamant blé dur orange et fleur de sangoù l’homme est un visage et non plus un esclavedans la course sans frein que se font les hivers--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------